Les Amis du Livre Pyrénéen-

Jean ASTRUC - MEMOIRES POUR L’HISTOIRE NATURELLE DE LA PROVINCE DU LANGUEDOC (1737). Exemplaire relié en plein veau époque aux armes de Samuel-Jacques Bernard, le banquier de Voltaire.


MEMOIRES POUR L’HISTOIRE NATURELLE DE LA PROVINCE DU LANGUEDOC. Divisés en trois Parties. Orné de Figures, & de Cartes en Taille-douce [Vignette]. A Paris, Chez Guillaume Cavelier, rue S. Jacques, près la Fontaine S. Severin, au Lys d’Or, M. DCC. XXXVII. Avec Approbation & Privilège du Roi.
In-4°, XXVI pp. [Préface et Table des Chapitres], 1 f.impr.n.ch. [Corrections, Additions], 630 pp., 1 f.impr.n.ch. [Privilège du Roi], bandeaux, lettrines, culs de lampe, 4 cartes gravées h.-t. sur double p., 6 pl. gravées h.-t. dépl.


Édition originale. Rare. Très curieux ouvrage anonyme qui concerne la géographie, les ports de mer, les poissons, les fontaines, le commerce, les dialectes, les superstitions. Divisé en trois parties : Première partie. Mémoires de Géographie [pp. 1-256] avec des recherches curieuses sur le Languedoc dans l'Antiquité d'après les textes anciens et les monuments épigraphiques ; Seconde partie. Mémoires de Physique [pp. 257-418] avec notamment la première explication scientifique de la fontaine intermittente de Fontestorbe à Bellestat en Ariège, des observations et recherches sur les fontaines et bains de Fonsanche et Balaruc, sur les vents particuliers au Languedoc, les mines, etc. et un ensemble de recherches sur les fontaines périodiques ; Troisième partie. Mémoires de Littérature [pp. 419-578] avec des recherches sur les mots languedociens d'origine celtique, le paganisme dans le Languedoc, les superstitions régionales, l'histoire des ports de mer et le commerce maritime de la région, les poissons fossiles découverts dans le Roussillon. L’ouvrage est terminé par des Tables très utiles : Table des anciens noms de Peuples, de Pais, de Villes, de Rivières, ou de Lieux, qu’on trouve dans cet Ouvrage [pp. 579-583], Table de plusieurs mots Celtiques, Tudesques, Arabes, Espagnols, etc. qui subsistent encore en Languedoc, & qui sont dans cet Ouvrage [pp. 589-596] et enfin : Table générale des matières [pp. 597-630]. Certains de ces Mémoires furent lus à l'Académie Royale des Sciences de Montpellier avant leur publication dans ce volume.
Liste des cartes : Carte Moderne de Languedoc divisée en Lieutenances générales et Diocèses. Dressée sur les nouvelles observations Par LB Nolin Géographe [face p. 1]. Narbonensis Prima Qualis erat Sub Imperio Romano descripta I. B. Nolin [face p. 8]. Carte de la Voie Romaine depuis Ugernum jusqu’à Softatio [face p. 214]. Carte des Vents qui sont propres à la Province de Languedoc [face p. 336].
Liste des planches : Planche I [face p. 272]. Planche II [face p. 284]. Planche III [face p. 292]. Planche IV [face p. 316]. Planche V [face p. 316]. Planche VI [face p. 336].
Éditions : 1737 [éd. or.], 1740 [2e éd.].
¶ Brunet, VI, 4490. Barbier, III, 234. Cioranescu, 8632. Ruelle, 3564.


Présentation de l'exemplaire


© Collection Privée


Relié plein veau fauve époque, dos à nerfs très ornés, triple filet doré encadrant es plats, coupes guillochées, tranches rouges, armes dorées au centre de chaque plat de Samuel-Jacques Bernard, comte de Coubert, fils du célèbre banquier Samuel Bernard et de Madeleine Clergeau. Armes d'azur à l'ancre d'argent, senestrée en chef d'une étoile du même, rayonnante d'or, entourées du collier et de la devise de l'ordre de Saint-Louis : Ballicae Virtutis Praemium [OHR planche 1043 ].


Provenance

• Samuel-Jacques Bernard (1686-1753), comte de Coubert, fils aîné de Samuel Bernard (1651-1739) et de Magdeleine Clergeau. Son père, Samuel Bernard, l'un des plus puissants banquiers français de la fin du XVIIe et du début du XVIIIe siècle, fut surintendant des Maisons, Domaines et Finances de la Reine Marie Leszczynska à partir de mai 1725. Comme son père, Samuel-Jacques abjure sa foi calviniste, le 29 septembre 1715 et épouse Louise Olive Frotier de La Coste Messelière, fille de Benjamin Louis Frotier, marquis de La Coste Messelière, Lieutenant général pour le Roi au gouvernement du Haut Poitou, gentilhomme ordinaire du Régent et d'Elisabeth Olive de Saint Georges de Vérac En 1718 il achète à Christian-Louis de Montmorency-Luxembourg, le château de Grosbois dans lequel il fait réaliser d'importants embellissements. Il crée y notamment une superbe ferme et réaménage les décors intérieurs, en 1731, il sera contraint de se séparer du domaine. Prévôt des maîtres des cérémonies et Grand’croix de l’Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis en juin 1728. À la mort de son père, en 1739, il hérite d'une partie de la fortune paternelle estimée à 33 000 000 de livres, notamment de la terre et comté de Coubert.
Entre 1741 et 1745, il fait réaménager et agrandir un hôtel particulier, situé au 46 rue du Bas à Paris, qu’il meuble d’œuvres d'art. Fastueux amateur d’art, il fait banqueroute en 1751 emportant notamment 80 000 livres, soit 8 000 livres de rentes, dues à Voltaire dont il gérait la fortune, ce dernier y fait allusion dans le Dictionnaire philosophique à l'article Banqueroute : Un homme de lettres de ma connaissance perdit quatre-vingt mille francs à la banqueroute d’un magistrat important, qui avait eu plusieurs millions nets en partage de la succession de monsieur son père, et qui, outre l’importance de sa charge et de sa personne, possédait encore une dignité assez importante à la cour. Il mourut malgré tout cela ; et monsieur son fils, qui avait acheté aussi une charge importante, s’empara des meilleurs effets. L’homme de lettres lui écrivit, ne doutant pas de sa loyauté, attendu que cet homme avait une dignité d’homme de loi. L’important lui manda qu’il protégerait toujours les gens de lettres, s’enfuit, et ne paya rien.
Les livres et manuscrits de son importante bibliothèque, sont vendus aux enchères après son décès, en 1754 (livres) et 1756 (manuscrits), les livres portent les armes de Samuel-Jacques Bernard entourées du collier de l'Ordre de Saint-Louis et de la devise Bellicae vitutis praemium poussées sur les plats des reliures.
• Mars 1754, Vente aux enchères des livres de feu M. Bernard [p. 52, N° 680]. L’ouvrage fut vendu alors pour la somme de 6 Livres ; à titre de comparaison, le numéro suivant était un titre pyrénéen : les Observations de Physique et d'histoire naturelle sur les eaux minérales de Dax, de Bagnères, et de Barèges, sur l'influence de la pesanteur de l'Air dans la chaleur des liqueurs bouillantes, et dans leur congellation. Histoire de l'Electricité, etc. Par M. de Secondat (1750) qui se vendit 1 Livre 10 sols, soit environ quatre fois moins que l’ouvrage de Astruc.
• Bibliothèque Privée.


Références

• [Catalogue de vente aux enchères] - Catalogue des livres de feu M. Bernard, conseiller d’état, dont la vente commencera lundi 18 mars 1754 et continuera les jours suivants… Paris, Barrois, 1754 [p. 52, N° 680].