Les Amis du Livre Pyrénéen-

Louis Nicolas Alfred TONNELLE - TROIS MOIS DANS LES PYRENEES ET DANS LE MIDI EN 1858 (1859). Edition originale, exemplaire de Paul Mame, le compagnon de voyage d’Alfred Tonnellé.


TROIS MOIS DANS LES PYRENEES ET DANS LE MIDI EN 1858. Journal de voyage d'Alfred Tonnellé. Tours, Imprimerie Ad Mame et Cie, 1859.
In-12, f.t., t., 523 pp., couv. grise impr.


Edition originale. Très rare. Très recherché. Remarquable récit de voyage et d’ascensions dans les Pyrénées françaises et espagnoles de Luchon à la Méditerranée, puis excursions en Provence et retour par Marseille, Orange, Lyon. Avec de nombreux récits d’ascensions : Entécade, Maladetta, Crabioules, Pic Sacroux, Forcanade, Mont Perdu, et de nombreuses excursions dans les Pyrénées Centrales. Voir Jacques Labarère : Les Vingt Livres Pyrénéistes les plus rares, N° XVIII. "Un des grands livres du pyrénéisme, un chef d'œuvre", écrit à son propos Henri Beraldi ; et Le Bondidier d'ajouter : “précieux par son texte [...] précieux par sa rareté bibliophilique”. L’un des plus célèbres ouvrages du pyrénéisme publié par G.-A. Heinrich à la demande de la mère d’Alfred Tonnellé. Quelques extraits en avaient été publiés peu auparavant dans les Fragments sur l’Arts et la Philosophiee Tiré à 100 exemplaires et non mis dans le commerce selon le Catalogue des Livres composant la Bibliothèque de feu M. Jules Taschereau , Paris, Adolphe Labitte, 1875 [N° 1850, p. 263]. En 1928, Le Bondidier n'en connaissait que 6 exemplaires et estimait à 12 le nombre d'exemplaires subsistant. Aujourd'hui, nous en avons recensé 24 dont 9 dans des bibliothèques publiques. Les exemplaires brochés sont de toute rareté [cf. Le Bondidier, Bulletin Pyrénéen, N° 216, p. 76].
Beraldi qui n’en avait eu connaissance que par l’exemplaire de Bertrand de Gorsse, en fit réimprimer les 320 premières pages chez Lahure en 1901 [un exemplaire, plus quelques exemplaires qualifiés d’épreuve]. Rééditions : par R. Gazagne en 1925 et par les Amis du Livre Pyrénéen en 1977, avec un portrait rajouté. Une traduction en Catalan a été publiée en 2000 [Garcineu Edicions].
Cent Ans, II, 166-221. Carrière posthume de Ramond, pp. 57-64, 84-85. B. de Gorsse, N° 4904. Fourcassié, pp. 89, 122, 289-293, 330, 362, 417. Duloum, p. 24. Noell I, 702. Labarère, II, N° 1566


Présentation de l'exemplaire


© Collection Privée


Précieux exemplaire avec, sur le faux-titre, un envoi de la mère d’Alfred Tonnellé à Paul Mame [A Mr Paul Mame, en Souvenir. A. T.], fils de l'éditeur de l'ouvrage et ami d'Alfred Tonnellé, avec lequel il fit toutes ses courses et ascensions dans la région de Luchon entre le 9 et le 30 Juillet.
Ces ascensions en la compagnie de Paul Mame sont relatées dans les pages 18 à 113 : dans la vallée de la Glère le 9 Juillet [Parti à une heure à cheval avec P...], à Bosost le 11 Juillet [Monté à cheval à huit heures avec P... et Ribis], à Superbagnères le 12 Juillet [Après déjeuner, nous nous décidons, P... et moi, à tenter Superbagnères], au Lac Vert le 13 Juillet [A six heures, réveillé par P... : “Beau temps,! nous partons dans une heure pour le Lac Vert”], à l’Entécade le 14 Juillet [P... et G... viennent déjeuner avec moi. Nous partons tous trois à onze heures pour l’Entécade], à la Maladetta les 15-16 Juillet, à la Vallée du Lys le 17 Juillet [P... me demande si je fais des vers], en visite chez Lambron le 18 Juillet [P... vient me prendre à neuf heures et demie pour aller chez Monsieur Lambron ; compte rendu de notre course à la Maladetta], le 19 Juillet à la Vallée du Lys [A trois heures, monté à cheval avec P... et G... pour une petite course sans guide], aux courses de Luchon le 20 Juillet [G... et P... partent avec ces dames ; je les rejoins au galop], à la cabane d’Amour le 21 Juillet [A trois heures, je sors avec P...], à Bacanère le 22 Juillet [Parti à Bacanère à neuf heures avec G... et P...], aux Crabioules le 25 Juillet [Habillé en hâte et couru trouver P... Nous partons à deux heures quarante-cinq minutes], à la vallée d’Oueil le 26 Juillet [Sorti à cheval à deux heures avec P... et G... sans guide], au Pic Sacrous le 27 Juillet [Partis à sept heures et demie avec P... et G...], au Pic de Sauvegarde le 29 Juillet [Parti à six heures avec P...], jusqu’au jour de départ de ce dernier, le 30 Juillet [Jour de départ de la famille M... Je cours avec P... faire quelques achats].
Cet exemplaire fut l’un des trois exemplaires réunis par le Chanoine Doazan, qui l’échangea au possesseur actuel contre un autre des Vingt Livres Pyrénéistes les plus rares : le Voyage au Pic du Midi de Pau, Fait par le citoyen D • •, le 3 octobre 1796.
Somptueuse reliure en plein maroquin vert bouteille, dos à nerfs avec caissons très ornés, large dentelle et encadrements de filets et pointillés sur les plats, double filet sur les coupes, large dentelle intérieure, tranches dorées, double signet. Ex-libris gravé du possesseur actuel.


Provenance

• Paul Mame (1833-1933), fils unique de l’éditeur de Tours Alfred Mame, marié en 1859 avec Marie Dalloz (1838-1893) héritière de la maison Dalloz, à partir de cette date, il seconda son père dans l’imprimerie, qui à partir de 1863 s’intitulera Alfred Mame et Fils, il lui succéda à la tête des Editions Mame de 1893 en 1900. En 1894, il lança la Revue Mame, illustrée, elle accueille pendant près de dix ans des artistes comme Job, Albert Robida, Auguste Vimar et Alfons Mucha. Son fils Armand lui succèdera à la tête de l’entreprise familiale. Paul Mame accompagna Alfred Tonnellé, de deux ans son aîné, dans ses excursions et ascensions autour de Luchon, du 9 au 30 Juillet 1858, date du départ de la famille Mame.
• Chanoine Pierre Victor Doazan (1919-2002), l’un des plus raffinés bibliophiles pyrénéens, réunit une prestigieuse bibliothèque complétée par un rare ensemble d’iconographie pyrénéenne. Cette bibliothèque était caractérisée par l’abondance des ouvrages rares réunis et par la grande qualité des exemplaires réunis. Professeur au Grand-Séminaire de Tarbes (1949), aumônier de l’Hospice Saint-Frai à Lourdes (1967). Il se sépara d’une grande partie de sa bibliothèque lorsqu’il prit sa retraite et quitta l’Hôpital Saint-Frai en 1996, ne conservant que les Vingt Livres Pyrénéistes les plus rares qu’il avait réunis et une centaine de rares et beaux ouvrages sur la Bigorre. Il faisait relier ses ouvrages par le relieur parisien Adrien Lavaux (16, place Dauphine) qui exécuta notamment un assez grand nombre de reliures à la Bradel très caractéristiques, pour habiller des plaquettes : cartonnages recouverts d’un plein papier glacé uni, dans les tons de rouge ou de vert, avec des titres dorés en long au dos. On reconnaît souvent les ouvrages de sa bibliothèque grâce aux très discrètes marques au crayon qu’ils portent sur les dernières gardes : date et prix d’achat ou de reliure.
• Bibliothèque Privée.


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