Les Amis du Livre Pyrénéen-

Abbé BORDAGES - MES ENNUIS OU RECUEIL DE QUELQUES PIECES DE POËSIE (1786). Unique exemplaire complet, relié en plein maroquin à longs grains


MES ENNUIS OU RECUEIL DE QUELQUES PIECES DE POËSIE, Faites pour dissiper les ennuis d'une solitude champêtre, mêlées de Prose, et placées selon l'ordre de leur naissance. Par M. Bordages, Curé d'Estancarbon, Diocèse de Comminges [Fleuron]. A Amsterdam, et se trouve à Toulouse, Chez Jean-Jacques Robert, Maître-ès-Arts de la Faculté de Paris, Imprimeur-Libraire, près le Collège Royal [s. d.].
In-8°, s.f.t., t., XVI pp. [Préface], 132 pp., 1 f.impr.n.ch. entre les pp. 130 et 131 [Addition à l'Errata], bandeaux et culs-de-lampe gravés sur bois, couv. muette.


De toute rareté. Recherché. Quelques exemplaires connus seulement. Publié probablement en 1786. L'inspiration de la presque totalité des poèmes est pyrénéenne. Les poèmes sont accompagnés de longues notes très circonstanciées, qui relatent en détail les évènements réels dont l’auteur s’est inspiré ; ces notes sont capitales pour retracer la vie paysanne en Comminges au milieu du XVIIIe siècle. La plupart des poèmes sont dédiés à des personnages importants du Comminges.
Voir à ce sujet : Les poésies de M. Bordages, prêtre commingeois, XVIIIe siècle [par J. Lestrade], publié dans la Revue de Gascogne [Nle Série, II, 1902, p. 345-365 et Nle Série, III, 1903, pp. 126-133, pp. 397-408, et pp. 505-515], puis dans la Revue de Comminges [XIX, 1904, pp. 108-122, 185-197, 220-231]. J. Lestrade, qui reproduit presque la totalité de l’ouvrage, écrit : “le recueil des œuvres poétiques de M. de Bordages est devenu à peu près introuvable”. Voir aussi : L’abbé Bordages, curé d’Estancarbon dans Le Petit Commingeois, N° 250, par Paul Barrau de Lordes écrit dit n’en connaître que 4 exemplaires.
Le Ccfr ne recense qu’un exemplaire complet, sur papier bleuté conservé à la Bibliothèque Universitaire de l’Arsenal à Toulouse et provenant de la collection Piftau, toutefois, cet exemplaire ne possède pas le feuillet non chiffré intitulé : Addition à l’Errata normalement positionné entre les pages 130 et 131 après un long Errata. Un exemplaire incomplet du titre et des 4 premières pages est conservé au Musée Pyrénéen du Château-fort de Lourdes. Les exemplaires connus possèdent de nombreuses corrections manuscrites.
¶ Labarère, I, N° 188.

Plan de l’ouvrage:
- Titre [pp. I-II non paginées].
- Préface [pp. III-XVI].
- Epitre à ma Muse [pp. 1-5].
- Le Tabac. Ode A Monsieur Moulli, Archidiacre & Vicaire Général du Diocèse de Comminges [pp. 6-13].
- Les Bergers de Cagire. Eglogue, A Monseigneur le Maréchal Duc de Richelieu, Gouverneur de la Guienne, Président pour le Roi aux Etats de Nébousan en 1762 [pp. 14-25].
- La solitude champêtre aux yeux d’un Chrétien philosophe, Idylle, A Monseigneur Marc-Antoine de Noë, Evêque de Lescar, Commandeur des Ordres Royaux, Militaires & Hospitaliers de Notre-Dame de Mont-Carmel & de St. Lazare de Jérusalem [pp. 25-29].
- L’aspect du ciel dans une belle nuit [pp. 30-34].
- La Nymphe de Luchon. Poëme A Madame la Comtesse de Brione, aux bains de Bagnères de Luchon, le mois de Septembre 1766 [pp. 34-40].
- Le Fol Amour, vaincu par la Sagesse. Eglogue. Tyrsis et Damon [pp. 41-49].
- La Résurrection des Morts contre les Saducéens modernes. Ode, A Monseigneur Osmond, Evêque de Commenges [sic] & Comte de Lyon [pp. 50-59].
- Le débordement de la Garonne. Ode A Messieurs des Etats du Nébouzan, assemblés le 15 Décembre 1772, qui voulurent bien la mettre sous presse [pp. 59-64].
- Le martyre de Saint-Gaudens, Elégie à la Patrie [pp. 65-71].
- Les regrets de la France, ou l’Eloge funèbre de Louis XV. Aux Dames de France, filles dudit feu Roi [pp. 72-84].
- Aux nourrissons des Muses, mes compatriotes. Ode [pp. 85-100].
- Epithalame accommodé à un air connu, Pour Madame la Marquise de Boisse de Noé, mariée en secondes noces à M. le Comte de Noé, son oncle à la mode de Bretagne [p. 101].
- Epithalame Pour Mademoiselle Claudine Devaux, future épouse de M. Alexandre Dupac, pour le jour de leur nôce [pp. 102-103].
- Eloge véridique D’une jeune Veuve, fait par elle-même : on ne lui prête que la rime [pp. 104-105].
- Mon Hommage au brave Crillon, Et aux autres Héros de la dernière guerre ; & mes vœux pour une paix durable. Poëme [pp. 105-109].
- Stances sur le jardin de l’Isle de Noë ; A Monsieur de Comte de Noé [pp. 109-113].
- Epitre Aux Philosophes modernes & impies [pp. 113-121].
- Lettre à un jeune Avocat du Parlement de Toulouse, en lui envoyant mes ouvrages [pp. 121-105].
- Sonnet [p. 125].
- A mon livre [pp. 125-127].
- Errata [pp. 127-130].
- Addition à l’Errata [feuillet impr. au recto, non paginé].
-Table Des ouvrages contenus dans ce Livre [pp. 131-132].


Présentation de l'exemplaire


© Collection Privée


Cet exemplaire, sur les deux exemplaires complets du texte connus, est le seul à posséder le feuillet non chiffré d’Addition à l'Errata. Relié plein maroquin à grain long vieux rouge, dos à nerfs orné de fleurons et palettes dorées, avec en queue la mention Ex-Libris Paul Barutaut, encadrement de filets à froid sur les plats, entièrement non rogné, couverture muette conservée, mouillures anciennes, non rogné, signature à l’encre de Raymond Boé en haut de la page 21, nombreuses corrections manuscrites d’époque à l’encre dans le texte, dédicace manuscrite au recto de la couverture : A Messieurs le Juges, et / Administrateurs / Arbitres souverains de nos Biens, de nos vies / Remparts de l’innocence et effroi des méchants / Daignez favoriser mes douces Rêveries : / La licence jamais n’a profané mes chants.
Joints : une feuille sur papier à en-tête du Dr. Armand Sarramon écrite de sa main, avec des indications au sujet de l’ouvrage, et deux articles de journaux anciens concernant l’ouvrage, tirés du Petit Commingeois. Ex-libris du possesseur actuel.
Texte de la main du Dr. Armand Sarramon : Mémoires hist. et généal. famille de Lassus. T. 1. P. 190. « Voici un billet de la comtesse de Brionne, cette grande dame célèbre par sa grâce et par son esprit date de Luchon , le 17 aout 1760. « Je vous fais mille remerciements, Monsieur (Marc-François de Lassus) de tous les soins que vous avez bien voulu prendre pour moi ; c’est à vous et à M. votre frère (M. de Lassus de Gourdan) que je dois la facilité d’habiter un lieu où j’espère recouvrer la santé ».
Mme de Brionne vint plusieurs fois à Luchon ; elle y fut admirée, même chantée par un poète du Pays, l’abbé Bordages, curé d’Estancarbon. Il lui dédia l’une de ses pièces de vers de son recueil intitulé Mes Ennuis. En souvenir des attentions dont elle avait été entourée par M. de Lassus de Gourdan, la comtesse de Brionne lui fit présent d’une boîte en or d’un travail exquis avec son portrait enrichi de brillants.
Le poème dont il est question dans cette note est : La Nymphe de Luchon. Poëme A Madame la Comtesse de Brione, aux bains de Bagnères de Luchon, le mois de Septembre 1766 [pp. 34-40].


Provenance

•Raymond Boé (1723- ?), né à Estancarbon, qui se maria avec Arnaude Brunet, le 17 juin 1749 dans ce même village, le curé Pierre Bourdages [Bordages], auteur de Mes Ennuis, qui détenait la cure d’Estancarbon depuis 1746, étant l’un des témoins du mariage.
•Paul Barutaut, médecin ayant soutenu sa thèse de médecine [Syméliens et sirènes] à Toulouse en 1914, auteur de La source Livie de Labarthe-de-Rivière dans les affections gastro-intestinales [Paris : imprimerie Levé , 1914]. En janvier 1919 étant alors médecin-major de 1" classe aux armées, il épousa Marie-Louise Salles, d'Arcachon (Gironde). Il s’installa ensuite comme médecin à Montréjeau, il avait aussi une résidence au château de Sarp près de Loures-Barousse dans les Hautes-Pyrénées. Bibliophile, il avait réuni une importante bibliothèque sur le Comminges.
•Armand Sarramon (1884-1969), médecin de Toulouse, bibliophile et auteur de nombreux ouvrages sur les Pyrénées Centrales, dont : Les quatre Vallées (1954), il a laissé également plusieurs volumes manuscrits sur cette région des Pyrénées Centrales. Ami proche de l’abbé Gaurier, il fut à l’origine de la publication de son ouvrage Les Lacs des Pyrénées Françaises. Il avait réuni une très importante bibliothèque pyrénéiste et historique (Comminges) qu’il conservait dans sa résidence de Labarthe-de-Rivière, de nombreux ouvrages et documents (notamment d’importantes correspondances de pyrénéistes) provenaient de l’abbé Gaurier. Sa bibliothèque fut dispersée à partir de 1979.
•Bibliothèque Privée.