Les Amis du Livre Pyrénéen-

François PASUMOT - VOYAGES PHYSIQUES DANS LES PYRENEES, en 1788 et 1789 (1797). Exemplaire de Jean-Florimond Boudon de Saint-Amans, relié à son chiffre.


VOYAGES PHYSIQUES DANS LES PYRENEES, en 1788 et 1789. Histoire naturelle d'une partie de ces montagnes ; Particulièrement des environs de Barèges, Bagnères, Cauterès et Gavarnie. Avec des cartes géographiques. Par François Pasumot, Ingénieur-Géographe, des ci-devant Académies de Dijon et d'Auxerre. A Paris, De l'Imprimerie de Le Clère, Libraire, rue Saint-Martin, près celle des Ours, Nos 254 et 89, 1797. An V.
In-8°, f.t., t., 420 pp., 2 ff.impr.n.ch. [Mémoires de Physique et de Minéralogie de l'Auteur, insérés dans plusieurs collections], 3 pl. dépl. h.-t. [face pp. 1, 172, 374].


Rare et important ouvrage. Très recherché. Voyage concernant essentiellement les montagnes des Hautes-Pyrénées, comme indiqué dans le titre, avec de nombreux chapitres consacrés à la géologie et géographie pyrénéennes. A noter le récit de son ascension au Pic du Midi (de Bigorre) en compagnie de Dusaulx et de Saint-Amans. Pasumot est un minéralogiste intransigeant. Il rapporte lui-même que Saint-Amans était obligé de lui dire : « mes plantes valent bien autant que vos cailloux ! » [Cent Ans, I, p. 44].
Liste des planches : Carte de la Vallée de Bastan ou environs de Barège. Par F. Pasumot, Ingr Géographe, 1789 [face p. 1], Nivellement des Pyrénées [face p. 172], Carte des Vallées de Barège, de Cauterès et de Campan et Plan de Barège [face p. 374]. A noter que l’on trouve parfois les deux sujets de la planche qui est en face de la page 374 sur deux planches séparées.
¶ Manescau, p. 326, N° 167. Soulice, Histoire I, N° 282, p. 46. Souvenir de la Bigorre, VII, 1897, pp. 365-366. Cent Ans, I, 43-44. Sommet des Pyrénées, II, 72. Grand-Carteret, I, pp. 400, 479 ; II, 250-252. Bordes de Fortage, III, N° 4986. Fourcassié, pp. 76, 410. Labarère, II, N° 1146.


Présentation de l'exemplaire


© Collection Privée


Relié plein veau marbré époque, dos lisse très orné d’encadrements et étoiles dorés, avec le monogramme S.A. [Saint-Amans] répété dans chaque caisson, pièce de titre cuir fauve, filet d’encadrement à froid sur les plats, filet doré sur les coupes, tranches rouges, signet. Ex-libris armorié Florimond Boudon de Saint Amans. Ex-libris manuscrit de Jules Monmeja au faux-titre. Etiquette de la Librairie André WAHL en bas de la première page de garde. Au verso de cette première garde figurent des codes de prix, écrits au crayon par l’avant dernier possesseur de l’ouvrage, Hubert Dupont : [g s x / i y z ++ ??].
Est jointe une lettre dactylographiée du Libraire parisien André Wahl au bibliophile bordelais Hubert DUPONT, sur papier à en-tête de la Librairie des Alpes, datée du 7 janvier 1954, dans laquelle il lui écrit qu’il a trouvé des ouvrages à provenance Saint-Amans chez le Libraire toulousain Thourel : [...] Tout ce temps m’a été nécessaire, en période de travail pour faire réparer un peu et identifier de façon formelle les livres achetés à Thourel. Et je vous adresse ce jour en échange mon Pasumot contre le votre. Ce sera pour moi une manière de vous remercier un peu de toutes vos gentillesses à mon égard : En effet, il s’agit de l’exemplaire de Saint-Amans (le chevalier Boudon de Saint-Amans) dont il porte au dos le chiffre, et, au recto du premier plat de la reliure, l’ex-libris. On ne peut trouver meilleure provenance pyrénéiste ! J’espère qu’il vous plaira, et vous m’adresserez le vôtre à l’occasion. J’ai donc, dans le même lot et approximativement dans le même état, un Samazeuilh et un Dusaulx, ainsi qu’un Saint-Amans broché, avec des corrections d’auteur manuscrites. Je pense que je vais le faire relier, quand notre ami Lamicq m’aura dit s’il le veut ou non ! [...].


Provenance

• Jean-Florimond Boudon de Saint-Amans (1748-1831), historien, littérateur et naturaliste qui consacra la majorité de sa carrière à sa ville natale d’Agen. Les pyrénéistes le connaissent bien pour son ouvrage Fragmens d'un voyage sentimental et pittoresque dans les Pyrénées (Metz Devilly, 1789). Il avait réuni une importante bibliothèque, riche en manuscrits précieux dont l’inventaire fut dressé par Ph. Lauzun d’après ses notes recueillies en 1874. Cette bibliothèque fut vendue en 1889, mais depuis une dizaine d’années elle avait été dépouillée de la plupart de ses trésors. Saint-Amans faisait orner ses ouvrages du monogramme doré S. A., répété au dos des reliures ou apposé sur les plats des ouvrages ; ces exemplaires, aujourd’hui rares, sont fort recherchés. Il possédait un ex-libris à ses armes gravé sur papier et aussi un tampon ex-libris apposé sur les ouvrages avec des encres de différentes couleurs ; ce tampon comportait son blason porté par un curieux assemblages de plantes organisées en une colonne verticale.
• Pierre Jules Monméja (1854-1928), né à Caussade (Tarn-et-Garonne), membre de la Société Archéologique du Tarn-et-Garonne, de la Société Académique d’Agen, de la Société Française d’Archéologie (Paris), Conservateur du Musée d’Agen (1898-1917). Bibliophile, archéologue et très intéressé par le folklore, on lui doit deux articles sur Saint-Amans : Les journaux de mer de J.-F. Boudon de Saint-Amans [Revue de l’Agenais, 1902, pp. 12, 202, 393, 453 et 1903 pp. 27-43] et Quelques documents inédits sur Boudon de Saint-Amans [Revue de l’Agenais, 1902, pp. 438-440]. L’essentiel des papiers de Jules Mommeja a été déposé par ses descendants aux Archives Départementales du Tarn-et-Garonne à Montauban, un fonds Mommeja a été remis en 1958 aux Archives Départementales du Lot-et-Garonne à Agen dans lequel on trouve de nombreux dessins et notes de la collection de Florimond Boudon de Saint-Amans, la Bibliothèque Municipale de Toulouse possède la correspondance de Momméja à Antonin Perbosc.
• Hubert Dupont, bibliophile bordelais qui dans les années 1950-1970, réunit une très importante bibliothèque concernant le pyrénéisme, l’histoire locale (Béarn, Pays Basque, Bigorre), de même qu’une très importante iconographie pyrénéenne. Ami proche de Joseph Duloum, il le guida très étroitement grâce à ses connaissances bibliophiliques pour l’élaboration de sa thèse et lui ouvrit largement ses collections. A partir du milieu des années 1970, il commença à se séparer de sa bibliothèque, cédant ses ouvrages notamment au bibliophile Paul Payot, à Madame Roth (Librairie Rivarès à Pau) et à d’autres pyrénéistes. On peut reconnaître parfois ses exemplaires grâce aux annotations qu’au crayon qu’il marquait sur les pages de garde.
• Bibliothèque Privée.