Les Amis du Livre Pyrénéen-

HENRY RUSSELL – "SOUVENIRS D'UN MONTAGNARD" [1878]. Exemplaire de Charles FABRE


SOUVENIRS D'UN MONTAGNARD par le Comte Henry Russell, Membre des Sociétés Géographique et Géologique de France, de l'Alpine Club, du Club Alpin Français et de la Société Ramond : Auteur de "16,000 lieues à travers l'Asie et l'Océanie", etc., etc., etc. Mirabilis in altis Dominus..... N. B. - La vente de cet ouvrage est interdite. Pau, Imprimerie Vignancour. - F. Lalheugue, Imprimeur, 1878. In-12, s.f.t., 416 pp.

Exemplaire offert par Russell à Charles Fabre avec la dédicace suivante à l'encre noire sur le premier f° blanc : "A Monsieur C. Fabre, Hommage et Souvenir de l'auteur. Cte Henry Russell, Pau, 1885". Relié demi-cuir rouge époque à nerfs, plats de percaline rouge.

Le récipiendaire de cet exemplaire : le toulousain Charles Fabre (1851-1933), fut l'un des membres fondateurs de la Section des Pyrénées Centrales du Club Alpin Français ; à l'époque ou ces "Souvenirs" lui furent dédicacés, il était membre du Bureau de la section des Pyrénées Centrales en tant que secrétaire et désigné comme "aide-astronome à l'Observatoire [de Toulouse], 18 rue Fermat".

Lorsque Henry Russell publia son "Ascension du Néthou… Itinéraire nouveau par le Nord-Est" dans l'"Annuaire du C.A.F." de 1876 [3e année, publiée en 1877], c'est Charles Fabre qui fournit la belle photographie du Néthou illustrant l'article de Russell. En 1875 Charles Fabre fonda, avec Eugène Trutat, la Société Photographique de Toulouse, dès 1876 il commença la publication de l""Aide-mémoire photographique" qu'il continua jusqu'en 1915. En 1892, il était Professeur à l'Université de Toulouse où il assurait le premier enseignement supérieur consacré à la photographie. On lui doit plusieurs ouvrages sur la photographie.

Le 1er Mai 1926, c'est Charles Fabre qui prononça la conférence d'inauguration de la séance solennelle du Cinquantenaire de la Section des Pyrénées Centrales, conférence publiée ensuite dans "Annuaire du Cinquantenaire de la Section des Pyrénées Centrales du Club Alpin Français, 1876-1926" [pp. VII-XVI].



© Collection privée



Historique : Exemplaire cité dans : Labarère, Henry Russell, I, Biographie, 2003, p. 201

Bibliographie : Lacaze, p. 210 - Soulice, Histoire I, N° 304, p. 49 - Cent Ans, IV, 115-117, 127 ; V, 25, 102 ; VII, 39, 253, 268 - Fourcassié, pp. 298-300, 416 - Duloum, pp. 23, 501-502 - Labarère 1978, N° XIX - Armengol, Batlle, Gual, N° 661 - Labarère 1986, II, N° 1341 - Labarère 2003, I, p. 201 ; II, N° 22


Edition originale. Très rare. Très recherché. Le plus célèbre des ouvrages pyrénéistes. Cette édition ne fut pas mise dans le commerce, mais distribuée par H. Russell à ses amis. Rappelons que l'auteur, peu satisfait de la présentation qu'il avait donnée à ses écrits, n'a jamais considéré cette édition comme une première édition, mais comme un essai, une édition pré-originale en quelque sorte. Dans toute sa correspondance, il cite l'édition de 1888 comme étant la première et celle de 1908 comme étant la seconde.

Il faut, à propos de cette édition, détruire une légende soigneusement entretenue par Henry Russell lui-même et abondamment reprise par la suite, qui veut que l'auteur, mécontent de son œuvre, alla la jeter dans le Gave de Pau après en avoir distribué quelques exemplaires à ses amis. Il n'en est rien. Pendant dix ans, il continua d'offrir des exemplaires, et nous retrouvons dans les collections publiques ou privées des lettres d'envoi et des ‡dédicaces, de plusieurs années postérieures à la prétendue noyade de l'édition. Signalons par exemple que sur l'exemplaire conservé au Musée Pyrénéen, la dédicace autographe à l'abbé Charles Laffitte porte la date de janvier 1885 [Pyrénées, 1954, N° 20, p. 253], et c'est loin d'être le seul cas ; un autre exemplaire a été dédicacé à C. Fabre, en 1885 également.

Le livre qu'Henry Russell jeta dans le Gave, afin d'en détruire l'édition, était l'"Histoire d'un Cœur", dans lequel il faisait revivre ses amours malheureuses. Dans une lettre à Lorenz Preller, écrite le 10 octobre 1888, soit dix ans après la destruction mythique de son édition, Russell écrit : "J'espère que [...] vous voudrez bien rôtir, anéantir (comme je le fais moi-même des exemplaires qui m'en restent encore) l'exemplaire de 1878, qui n'est qu'un chaos disloqué d'ascensions, un vrai galimatias". Ce n'est qu'à cette époque, soit dix ans après sa parution, que Russell détruisit les exemplaires restant de l'édition de 1878, et encore, le fit-il réellement ?

Editions : 1878 [éd. or.], 1888 [2e éd., première mise dans le commerce], 1908 [3e éd. définitive, seconde dans le commerce], 1930 [rééd. de l'éd. de 1908], 1978 [rééd. de l'éd. or. de 1878], 1979 [rééd. de l'éd. de 1908], 1999 [rééd. de l'éd. de 1908], 2002 [rééd. en 2 vol. de l'éd. de 1908], 2002 [traduction espagnole partielle de l'éd. de 1908].