Les Amis du Livre Pyrénéen-

Actualités du bibliophile

Mai 2019

 

 

Deux autres ouvrages pyrénéens de la Bibliothèque Pierre Chrétien, vendus à Drouot le 14 mai

Nous avons signalé ci-dessous la vente d’un somptueux exemplaire Une ascension manquée le 14 mai à Drouot. Deux autres ouvrages pyrénéens provenaient de cette même bibliothèque Pierre Chrétien. L’un était lui aussi l’un de ces tirages confidentiels à 50 exemplaires édités par le baron Marc de Lassus : Le Château de Gourdan, Récit du XIVe siècle, par M. de L. [Saint-Gaudens, Abadie, 1863], un récit historique autour d’une légende commingeoise. L’exemplaire était également somptueusement relié en plein plein maroquin rouge, avec un triple filet doré en encadrement sur chaque plat, dos à nerfs avec caissons très ornés, dentelle intérieure, toutes les tranches dorées, la reliure est signée P. Bernon.

             

L’autre ouvrage intéresse plus particulièrement les béarnais : les Lettres intimes [de Henri IV], avec une introduction et des notes par L. Dussieux [Paris, Baudry ; Versailles, Cerf et fils, 1876] dans une superbe reliure signée Thierry sr de Petit-Simier en plein maroquin rouge brique, encadrement de filets et pointillés dorés, grand cartouche de forme irrégulière dessiné par des filets droits et courbes, au centre motif polylobé chargé d’une initiale M et de petits fers disposés aux points cardinaux, grandes gerbes dessinées aux petits fers filigranés disposées autour et en écoinçons, initiales M et L répétées aux angles, dos orné, petit masque grimaçant et initiales frappés dans les caissons, dentelle intérieure, tranches dorées, non rogné.

L'ouvrage est orné d’un portrait d’Henri IV gravé à l’eau-forte par F. Boilvin et d’une planche en héliogravure montrant le masque mortuaire du roi. Cette correspondance est intéressante pour l’histoire politique les amours de Henri IV, ainsi que sa passion pour la chasse dont il est fait mention à de nombreuses reprises, notamment pour ses chasses au cerf. La belle reliure dans le style du XVIIe siècle, rappelle par sa composition et ses motifs les meilleures œuvres réalisées par l’atelier de Florimond Badier au XVIIe siècle.

 

 

Un somptueux exemplaire de Une Ascension manquée (1856) de Marie-Marc de Lassus, vendu à Drouot

Le 14 mai 2019, l’étude Binoche et Giquello vendait à Drouot un bel ensemble d’ouvrages anciens et modernes, dont des Livres de la Bibliothèque Pierre Chrétien. Dans cet ensemble, figurait un somptueux exemplaire de Une Ascension manquée de Marie-Marc de Lassus (Paris, Emile Martinet, 1856), édition tirée à 50 exemplaires numérotés à la presse. C’est le récit d'une ascension manquée au Mont-Vallier faite en 1850 par le jeune Marc de Lassus en compagnie d’un ami et du guide Poulet Rumatch ; le récit "est d’un pyrénéisme exquis", c’est une "rareté de la bibliographie pyrénéiste", "l’un des plus rares morceaux de la bibliophilie pyrénéiste", en écrit H. Beraldi.

L’exemplaire passé vente portait un envoi de l’auteur au comte Pillet-Will, probablement Alexis, son beau-père, relié par E. Pouget dans le genre de Bozérian ou de Simier en plein maroquin vert à long grain, encadrement de deux doubles filets se croisant aux angles, plats orné de gros rinceaux dorés et de petites fleurs aux angles, dos à nerfs orné d’un décor aux mille points et petit fer quadrilobé dans les caissons, triple filet doré intérieur, tranches dorées, couverture conservée.

Il s’agit de l’un des quelques exemplaires de tête de ces ouvrages que les barons de Lassus faisaient habiller d’une même reliure, la seule variation étant la couleur du maroquin. Un exemplaire similaire, qui fut en possession d’Henri Beraldi est conservé à la Bibliothèque Municipale de Toulouse et figure à l’Exposition Trésors des Bibliothèques Pyrénéennes.

 

 

Vente aux enchères de beaux livres (Pays basque) le 18 mai à Saint-Jean-de-Luz

Le 18 mai 2019 à 14 heures, à l’Hôtel des Ventes Côte Basque-Enchères (8, rue Dominique Larréa, St-Jean-de-Luz), les Commissaires Priseurs Maitres Arnaud Lelièvre et Florence Cabarrouy-Lelièvre, proposeront un ensemble intitulé Livres anciens et modernes d’une prestigieuse bibliothèque locale et à divers avec de nombreux ouvrages sur le Pays basque, dont certains portent l’ex-libris de la Bibliothèque du Château d’Arcangues.

     

L’expert de la vente est Jean-François Bétis. Le montant des frais en sus des enchères sera de 21,5 % TTC.

 

 

Le Recueil des Eloges historiques par Cuvier (1861) : un bel exemplaire aux armes de Léopold Ier, Roi des Belges

Dans Cent Ans aux Pyrénées [Tome I, pp. 2, 88] et dans le Sommet des Pyrénées [Tome III, pp. 246-251] Henri Beraldi a attiré l’attention des pyrénéistes sur l’intérêt de la seconde édition du Recueil des éloges historiques lus dans les séances publiques de l'Institut de France, par G. Cuvier, publiée chez Didot en 1861.

         

En sa qualité de secrétaire de l'Institut, le baron Georges Cuvier (1769-1832) avait la charge de prononcer les éloges des membres décédés ; cette édition de 1861, qui regroupe les éloges prononcés de 1800 à 1832, contient l’Eloge historique de Jean Darcet, lu le 5 avril 1802 [Tome I, pp. 99-114] et l'Eloge historique de Ramond, lu le 16 juin 1828 [Tome III, pp. 51-81]. Chaque éloge comporte sa propre page de titre comprise dans la pagination ; cette édition est d’autant plus intéressante que, par rapport au texte initial, le texte de certains éloges est augmenté de détails biographiques. A noter qu’il existe des tirés à part fort rares des textes originaux de ces deux éloges parus dans les Mémoires de l’Institut National des Sciences et Arts. Sciences Mathématiques et Physiques et dans les Mémoires de l'Académie Royale des Sciences de l'Institut de France.

     

L’exemplaire prestigieux de l’édition de 1861 qui vient de passer en vente est relié aux armes de Léopold Georges Christian Frédéric de Saxe-Cobourg-Saalfeld (1790-1865), devenu premier roi des Belges en 1831 et fondateur de la dynastie actuellement régnante sur la Belgique. Les trois volumes reliés à l’époque en plein chagrin chocolat, avec les armes dorées de Léopold Ier au centre de chaque plat, des dos à nerfs et le monogramme doré couronné au troisième caisson de chaque volume, possède des plats ornés de complexes encadrements à froid, les tranches sont rouges. Bref, un bel exemplaire avec une fort intéressante provenance, peu courante sur des ouvrages cités dans les Cent Ans.

Cet exemplaire fut initialement vendu, à Paris chez Sotheby’s en décembre 2003, lors de la vente de la Bibliothèque du Roi Léopold III conservée au château d'Argenteuil, bibliothèque qui comprenait aussi celles de Léopold Ier et de Léopold II. Il est repassé en vente récemment. Rappelons que seule la seconde édition des Eloges historiques est intéressante pour les pyrénéistes, car la première édition publiée par F. G. Levrault s’arrête aux éloges de l’année 1827 et ne comprend donc pas celui de Ramond.

 

 

Avril 2019

 

 

Un rare album de Jacottet, complet, vendu par Alde à l’Hôtel Ambassador (Paris)

Dans les albums de lithographies pyrénéens celui de Jacottet, Souvenirs des Pyrénées arrive dans le peloton de tête lorsqu’il est complet : en effet il se compose de deux parties comportant 100 lithographies auxquelles il faut ajouter 4 lithographies supplémentaires. Elles furent toutes deux publiées à Paris chez Gihaut frères, en 1835-36 pour la première partie et en 1841-42 pour la seconde partie. L’édition de la première partie fut partagée avec Jalon à Bagnères-de-Bigorre, ce qui fait que l’on peut trouver des adresses avec des libellés différents sur les pages de titre.

         

L’exemplaire vendu aux enchères par Alde ce 12 avril, comprenait les deux parties complètes (54 +50 pl. avec serpentes entre chaque planche) reliées en deux volumes en demi-maroquin rouge à grain long à coins, dos lisses ornés en long dans le style romantique, double filet doré de mors et de coins, titre doré et étoile(s) de tomaison sur les premiers plats et aux dos. Dans la Deuxième partie, est reliée à la fin une page imprimée sur le même papier que les planches, portant la liste des planches des deux parties, cette liste se retrouve au verso de la page de titre de la première partie. L'exemplaire vendu par Alde provenait de la collection Du Pré de Saint Maur qui avait été dispersée par la maison de Vente Piaza (Boulevard Saint-Honoré, Paris) le 24 novembre 2016. Pour ce qui est des exemplaires complets, le CcFr n’en répertorie qu’un seul à la Bibliothèque Municipale de Toulouse et le World Catalogue un seul à la Bristish Library, à noter que la BnF ne le possède pas. C’est dire l’insigne rareté de cet ouvrage, pourtant familier à tous les bibliophiles pyrénéens car la plupart des exemplaires ont été dispersés en planches séparées, ce qui explique la rareté des volumes alors que les planches isolées se trouvent fréquemment.

           

Cette même vente réalisée par Alde à l’Hôtel Ambassador, Jérôme Delcampe étant Commissaire-Priseur, comprenait d’autres ouvrages rares pyrénéens dont on retrouvera les prix dans la Bourse aux Livres, notamment l’un des Vingt Livres Pyrénéistes les plus rares : le Moreau Eaux-Bonnes et Eaux-Chaudes (1841) dans une fine reliure d’époque, le Hardy traduit par Barère de Vieuzac : Voyage descriptif dans les Hautes Pyrénées (1839) à l’état de neuf, un Melling : Voyage pittoresque dans les Pyrénées Françaises et Espagnoles (1826-1830) relié en plein maroquin rouge, des albums de Cicéri, Mercereau, Petit, etc. Le tout présenté dans un beau catalogue d’une réalisation technique de haute qualité avec d’excellentes notices rédigées très sérieusement.

 

 

Vente de livres basques le 6 avril à Bordeaux : Modification d'horaire 

Le catalogue de la vente aux enchères de livres de la Bibliothèque Goytino à Bordeaux (Maitre Briscadieu Commissaire-Priseur), annonçait, de façon érronée, le début de la vente cataloguée le samedi après-midi 6 avril à 14h30.

En fait la vente des livres du catalogue intitulé Livres basques et Béarnais débutera non pas à 14h30 mais à 10h30   : les numéros 1 à 150 (probablement) du catalogue seront vendus dans cette session matinale et non pas les lots 500 à 620 annoncés, qui ne figurent d'ailleurs pas au catalogue. Après interruption, la vente reprendra à 14h30  .

 

 

Le cinq millionième document numérisé, mis en ligne sur Gallica

Les bibliophiles pyrénéens connaissent bien Gallica, la bibliothèque numérique de la Bibliothèque nationale de France, où est mise en ligne un grande quantité de documents numérisés : livres, revues, cartes, manuscrits, etc.. Le cinq millionième document numérisé vient d’être mis en ligne, il s’agit d’un manuscrit autographe acquis à la fin du XVIIe siècle par Mgr. d’Inguimbert, conservé aujourd’hui à la bibliothèque de Carpentras. Ce manuscrit du début du XVIIe siècle, le plus ancien récit de voyage de flibuste connu, est intitulé : Relation d’un voyage infortuné fait aux Indes occidentales par le capitaine Fleury, avec la description des îles qu’on y rencontre, par l’un de ceux qui fit le voyage, il contient aussi la plus ancienne description connue de la Martinique et c’est la première source originale sur les indiens Caraïbes.

Ce manuscrit n’est bien sûr pas pyrénéen, il nous permet de rappeler que sur le site Gallica on peut consulter par exemple la totalité de la collection du Bulletin Pyrénéen, la revue Pyrénées des origines à 2004, la Revue Pyrénéenne depuis 1952, ainsi que de très nombreuses autres revues et ouvrages pyrénéens.

 

 

Samedi 6 avril 2019, vente aux enchères de livres basques à Bordeaux

Le samedi 6 avril est vendue aux enchères la première partie de la Bibliothèque de M. G. à l’Hôtel des Ventes de Bordeaux Sainte-Croix, 12 rue Peyronnet à Bordeaux. La catalogue de 430 numéros concerne les ouvrages qui seront vendus à partir de 14h30. Les ex-libris de plusieurs types figurant sur les ouvrages vendus sont ceux de Dominique Goytino ; la grande majorité des ouvrages concerne la langue Basque et le Pays Basque, on trouvera aussi quelques ouvrages concernant le Béarn voisin et quelques titres pyrénéistes. Les bibliophiles y verront quelques ouvrages en reliure d’époque et beaucoup d’ouvrages  récemment reliés par les Ateliers Laurenchet. A remarquer que beaucoup de lots ne comportent pas un ouvrage unique mais regroupent plusieurs ouvrages et/ou plaquettes.

Pour les pyrénéens et les hispanisants qui s’intéressent à la tauromachie, signalons que la même salle des ventes dispersera, la veille à partir de 10 heures, un important ensemble sur la tauromachie comprenant tableaux, gravures et dessins des XIXe et XXe siècles, affiches anciennes et modernes, livres, sculptures et objets d’art populaire, etc., provenant notamment des collections de MM. Claude Sabatié, Robert Fages, Marc Gauthier et Alain Briscadieu.

 

 

Mars 2019

 

 

Le duc d’Orléans aux Pyrénées en 1839 : ses souvenirs dans la bibliophilie pyrénéenne

Ferdinand Philippe-Louis-Charles d'Orléans (1810-1842) fils aîné du roi Louis-Philippe Ier, fut probablement le plus populaire de ses fils ; il mourut fort jeune d’un accident de calèche à Neuilly-sur-Seine. Si les séjours aux Pyrénées des membres de la famille d’Orléans sont bien documentés, il n’en va pas de même de celui du duc d’Orléans.

     

En septembre 1839, il fit avec sa femme, un grand voyage aux Pyrénées et le 5 septembre il était à Barèges où il visita l’Hôpital militaire ; le lendemain à 8 heures du matin, il débuta l’ascension du Pic du Midi de Bigorre dont il atteignit la crête à 13 heures ; un déjeuner fut servi à tous les ascensionnistes sur le plateau qui couronne le pic. Ensuite, accompagné du Préfet des Hautes-Pyrénées, du lieutenant-colonel Gaullier, de MM. de Lafitte, Maximilien Vialar, Adolphe de La Tour, Antoine Dubois et des guides Teinturier et Peyret, le duc descendit le pic à la course jusqu’à la brèche de Sencours. A Bagnères-de-Bigorre il assista à diverses cérémonies et le lendemain visita les marbrières de Géruzet et Graciette.

                           

L’année suivante, un des co-ascensionnistes du Pic du Midi, Adolphe de La Tour, publia ses Souvenirs d’un touriste dans lesquels il est question notamment du château de Pau et du Canal du Midi, il offrit un exemplaire de son ouvrage au duc d’Orléans avec la dédicace suivante A son Altesse Royale Monseigneur le Duc d'Orléans, hommage et souvenir respectueux de son très humble serviteur et de son hôte au Pic du Midi de Bigorre en septembre 1839. Nous en donnons ci-dessous la superbe reliure en plein chagrin au chiffre couronné de ce prince d’Orléans.

     

Si l’on regarde maintenant du côté des Basses-Pyrénées, aujourd’hui Pyrénées-Atlantiques, le géomètre en chef du département, Jules Félix Barrau, avait publié des Observations contre le projet de conservation du cadastre… [Pau, Imprimerie et Lithographie de E. Vignancour, 1838], ouvrage fort critique.

     

Il en offrit un exemplaire au duc d’Orléans, accompagné d’une page manuscrite : Hommage à Son Altesse Royale Monseigneur le Duc d’Orléans et du commentaire suivant sur une page de garde : Malheureusement les Ministres ne peuvent tout voir, / Et trop souvent les vérités utiles, ne parviennent à leur regard, / qu’au travers d’un milieu qui les altère. / Cause principale de l’insuccès du cadastre actuel, et du retard de beaucoup d’améliorations. Cet exemplaire, dans une riche reliure de plein veau aubergine avec de larges plaques à froid sur les plats, une dentelle intérieure et toutes les tranches dorées, porte le timbre humide monogrammé de la Bibliothèque de S.A.R. Mgr. Le Duc d’Orléans sur le faux titre.

 

 

Février 2019

 

 

Le Voyage au sommet du Mont-Perdu de Ramond de Carbonnières et sa traduction anglaise (1809)

L’un des Vingt Livres Pyrénéistes les plus Rares : le Voyage au sommet du Mont-Perdu de Ramond de Carbonnières, initialement paru dans le Journal des Mines, N° 83, Floréal, an XI, [pp. 321-350] est le texte pyrénéiste du XVIIIe siècle qui eut la plus riche carrière internationale. Dès 1809 il fut sélectionné pour paraitre dans la célèbre collection anglaise de voyages publiée par John Pinkerton à Londres et traduit dans le Volume IV de A General Collection of the Best and Most Interesting Voyages and travels, pages 711-722, sous titre suivant : Journey to the Summit of Mont Perdu, the highest mountain in the Pyrenees, by L. Ramond, Member of the National Institute ; and read in that Society the 19 Floreal, an 11. Cette édition comporte 17 volumes dont les six premiers consacrés à l’Europe.

              

 

Il fut ensuite republié, toujours dans le Volume IV [pp. 819-831] de l’édition américaine de A General Collection of the Best and Most Interesting Voyages…parue à Philadelphie en 1811, en 6 volumes concernant uniquement l’Europe. Dans les deux éditions il s’agit d’une réelle et fidèle traduction anglaise du texte du Journal des Mines, les photos données ci-dessous sont celles de l’édition de Philadelphie.

Mais ce Voyage au sommet du Mont-Perdu eut une nouvelle notoriété dans les recueils d’ascensions publiés au XIXe siècle. Le plus connu est les Ascensions célèbres de Frédéric Zurcher et Elie Margollé dont l’édition originale française parut en 1867, l’ascension de Ramond y avoisine des récits d’ascensions au Pic du Midi et à la Brèche de Roland ainsi qu’à de nombreuses autres montagnes de tous les continents ; mais le texte publié ici n’est pas le texte littéral donné par Ramond dans le Journal des Mines, c’est un récit très librement adapté du texte original. Il en existe une traduction anglaise parue en 1869, à Londres et à Boston, sous le titre de Mountain adventures in the Various Countries of the World, dans laquelle on trouve l’ascension de Ramond, pp. 127-145 avec le titre suivant : Mont-Perdu. Ascent in 1797 by M. Raymond [sic] et une illustration hors-texte [Mont Perdu]. Soulignons que ce qui est publié est non pas le texte original de Ramond, mais le récit de l’ascension tiré du texte de Ramond.

      

Bien moins connue est la publication de l’ascension de Ramond dans Mountains and Mountain-Climbing. Records of adventure and enterprise among the famous mountains of the world, édité à Londres en 1883 par William Henry Davenport Adam, sous le titre Mont-Perdu [pp. 116-147] avec une illustration de Gustave Doré déjà publiée à la page 375 du Voyage aux Pyrénées de Taine : Ramond’s ascent of Mont Perdu [p. 142]. Cette édition, peu commune, ressemble au de Zurcher et Margollé, dans ce sens que nombre de récits sont communs aux deux ouvrages, mais avec des textes différents. Et pour Ramond, nous avons une nouvelle version de l’ascension au Mont-Perdu, différente à la fois de la fidèle traduction originale de Pinkerton et de celle publiée dans les Mountain adventures de 1869..

     

L’exemplaire dont nous donnons la reproduction ici fut donné comme livre de prix par une école privée anglaise : la High-school Birklands Holland Park Gardens, collège pour jeunes femmes situé à Kensington, spécialisé dans la musique le chant et l’étude du français et dont Mme J. Huxtable était le principal. Relié en plein veau aux armes du collège; il porte un envoi de cette dernière à Gertrude Sd. Brown. Pour ce qui est des Pyrénées, on y trouve aussi -tout comme dans le Zurcher et Margollé- : The Pic du Midi [pp. 99-102, récit de Mirbel, avec 2 illustrations] et The Breche de Roland [pp. 102-116, récit de Jules Pasquier et Mirbel, avec une illustration]. Bref, un livre à posséder dans sa bibliothèque pyrénéiste.

 

 

Janvier 2019

 

 

20 janvier 2019 : 14e Salon du Livre Ancien de Bordeaux

Le dimanche 20 janvier 2019, le 14e Salon du Livre Ancien se tiendra à Bordeaux dans la Salle Capitulaire et sous les arcades de la superbe cour Mably (3 rue Mably) de 10h à 19h. Ce Salon, dont l’entrée est libre, regroupera une trentaine de libraires professionnels venus de toute la France qui présenteront des livres anciens et contemporains, des gravures, des photographies, des autographes et des vieux papiers.

La situation des samedis bordelais a conduit la Ville de Bordeaux à fermer les établissements culturels du centre-ville le samedi 19 janvier, aussi, cette année la Salon ne sera ouvert que le dimanche 20 janvier.

                                                  

Le Salon propose une large gamme de livres allant des plus anciens aux ouvrages récents, du régionalisme, de la littérature enfantine, des ouvrages sur les voyages, sur les sciences et de nombreux autres thèmes. S’y côtoient éditions rares, BD anciennes, cartonnages des romans de Jules Verne, vieux papiers, gravures, belles illustrations, élégantes reliures, etc.

Le salon est organisé par le Syndicat National des Bouquinistes et Brocanteurs (SNBB) et par l’association Les Amis du Livre Ancien et Moderne (ALAM) avec l’aide de la Ville de Bordeaux en partenariat notamment avec France Bleu Gironde et la Société des Bibliophiles de Guyenne.

 

 

Décembre 2018

 

 

Un Catalogue du Musée de Toulouse par Du Mège, relié par Vincens

Un somptueux exemplaire de la Notice des monumens antiques et des objets de sculpture moderne conservés dans le Musée de Toulouse ; Par M. Alexandre du Mège, de la Haye [Toulouse, Douladoure, 1828, 144 pp.] a été vendu à Drouot le 7 décembre 2018. Cette Notice était dans une élégante reliure signée de Vincens, célèbre dynastie de relieurs toulousains dont la qualité du travail est reconnue unanimement ; la Notice des tableaux et dessins conservés dans le Musée de Toulouse [Toulouse, Douladoure, 1828, 46 pp.], anonyme mais probablement du même auteur, était reliée à la suite.

     

La reliure de Vincens est en plein maroquin vert à long grain, avec sur les plats un encadrement de filets dorés et de roulette à froid, de larges dentelle et écoinçons à froid, les armes dorées de Charles X au centre de chaque plat [OHR, pl. 2498, fer n° 6], dos orné de palettes, fleurons et fleurs de lys dorés, roulette intérieure, doublure et gardes de papier rose, tranches dorées, coupes ornées. Comme souvent, en raison de la mauvaise qualité du papier, cet exemplaire présente de nombreuses rousseurs.

Cet ouvrage peut paraitre quelque peu à la marge des ouvrages pyrénéens, mais l’Avertissement précise que les objets présentés dans ce catalogue ont été trouvés dans la région pyrénéenne et qu’ils seront expliqués plus en détail dans l’ouvrage à paraitre du même auteur : Archéologie Pyrénéenne [Toulouse, 1858]. On connait une reliure similaire, en maroquin vert aux armes de Charles X, toujours signée de Vincens, sur un Recueil de l’Académie des Jeux Floraux de l’année 1830.

     

Une autre reliure signée P. Vincens [Jean-Barthélémy dit Paul, fils de Jean Vincens], en plein veau glacé cerise, habille un ouvrage bien pyrénéiste celui là, puisqu’il s’agit de la meilleure édition des Oeuvres Complètes de Bertin [Paris, Roux-Dufort aîné, 1824] qui contient sa lettre restée célèbre adressée à son ami et compatriote de l'île de Bourbon, Evariste de Forges de Parny au cours du voyage qu’il fit en 1782 à Saint-Sauveur pour y soigner sa santé compromise : Lettre à Monsieur le Comte de Parn*, écrite des Pyrénées, cette lettre en prose et en vers constitue l’un des premiers écrits pyrénéistes.

 

 

Un rare exemplaire des Observations sur les Alpes de Ramond (1929)

Le 21 janvier 2005, se vendait à Pau un exemplaire broché des Observations sur les Alpes, 1777. Insérées dans la traduction des Lettres de Coxe sur la Suisse (1781), publiées à Toulouse, Editions de la Section des Pyrénées Centrales du Club Alpin Français, 3, rue Bayard. La page de titre portait la date de 1927 et la couverture celle de 1929, qui est la vraie date de publication. Cet ouvrage de format grand in-8° comprend 4 ff.bl.n.ch., 165 pp., 1 f.impr.n.ch. [Table des Matières], 3 ff.bl.n.ch., il est illustré d’une planche hors-texte reproduisant un dessin de Ramond : un paysage Suisse conservé au Musée Pyrénéen de Lourdes, et habillé d’une couverture marron rempliée avec des étiquettes imprimées au dos et sur le plat supérieur.

     

L’ouvrage, qui débute par une présentation de cinq pages de Henri Beraldi, reprend les notes que Ramond avait insérées dans sa traduction des Lettres de Coxe sur la Suisse, elles sont présentées ici dans l’ordre chronologique du voyage de Ramond. Le texte a paru initialement en 21 Suppléments au Bulletin Mensuel de la Section des Pyrénées Centrales du C.A.F., le premier cahier portant le titre avait été livré en 1927 d’où cette date sur le titre, et non la date finale de 1929. Dans le catalogue de janvier de la vente Pierre Caillau-Lamicq, l’expert Bernard Hauvette rappelait l’origine de cette publication et il demandait à propos des Suppléments : y a-t-il eu une couverture propre ? y a-t-il des exemplaires complets de cette version ? Nous pouvons maintenant y répondre : apparemment, il n’y eut pas de couverture propre pour les Suppléments et oui, il existe au moins un exemplaire complet de cette version, dont nous donnons ici la photographie.

     

Par rapport à l’édition destinée à la vente en librairie, le format (petit in-8°) est nettement plus petit ; si corps du texte est le même, l’exemplaire constitué à partir des Suppléments porte en bas à gauche de chaque Supplément la mention suivante : Ramond en Suisse [N° de livraison] Suppl. Bull. Sect. Pyr. Centr. pour les numéros 1 à 14 [pp. 9, 17, 25, 33, 41, 49, 57, 65, 73, 81, 89, 97, 105], à partir du 15e Supplément a été rajoutée la date de parution [pp. 113, 121, 129, 137, 145, 153, 161]. Ce type d’édition, que l’on pourrait qualifier de pré-originale ne comporte pas la planche hors-texte intitulée Paysage Suisse qui fut réalisée en 1929 au format grand in-8° pour les exemplaires vendus en Libraire.

 

 

Les livres pyrénéistes avec l’ex-libris d’Henri Beraldi

Le mois dernier, ont été mis en vente des ouvrages de deux bibliothèques pyrénéistes comportant tous l’ex-libris de leur possesseur. En matière d’ex-libris, il y a deux types de bibliophiles, les uns les apposent sur tous leurs ouvrages quelle qu’en soit la qualité, d’autres ne les collent que sur les ouvrages présentant, selon leurs critères, une qualité bibliophilique suffisante. Henri Beraldi appartenait à cette dernière catégorie, aussi fort peu de ses ouvrages  pyrénéistes portaient son ex-libris. Rappelons qu’une partie de sa bibliothèque pyrénéiste fut donnée à la Bibliothèque Municipale de Toulouse ; une partie seulement car sa famille conserva ou donna à des bibliophiles amis la majorité des ouvrages de qualité bibliophilique. C’est la raison pour laquelle seuls deux ouvrages conservés à la BM deToulouse portent l’ex-libris d’Henri Beraldi.

                   

Henri Beraldi collait généralement son ex-libris au verso du premier contreplat s’il avait fait relier lui-même l’ouvrage, ou bien au recto de la première garde lorsqu’il s’agissait d’un ouvrage qu’il acquérait déjà relié. Dans tous les cas, l’ex-libris était collé en position centrale, environ aux deux tiers de la hauteur de la page ou du contreplat ; il a fait peu d’exceptions à cette règle. Rappelons que les fers des ex-libris d’Henri Beraldi et des membres de sa famille furent dessinés par le relieur Cuzin.

         

A l’heure actuelle on connait 53 ouvrages pyrénéistes avec cet ex-libris : 49 sont dans des collections privées, deux sont, nous l’avons dit, à la BM de Toulouse, un est à la Médiathèque de Pau-Pyrénées et un au Musée Pyrénéen de Lourdes. Bien qu’il n’en ait pas dit grand bien, Henri Beraldi avait mis son ex-libris sur les première (1855) et troisième éditions (1860) du Voyage aux Pyrénées de Taine, toutes deux sur grand papier, l’une reliée par Canape et l’autre par Noulhac. Ces éditions sont dans des collections privées ; l’édition originale a récemment changé de propriétaire, l’histoire mérite d’en être contée : son précédent possesseur souhaitant s’en séparer, soucieux d’enrichir les collections publiques, contacta la bibliothèque publique possédant le plus grand nombre d’ex-libris d’Henri Beraldi. Bien qu’il demandât une somme plutôt symbolique pour un grand papier à provenance prestigieuse relié par Canape [300 €], il fut fort dépité de n’avoir pas de retour, aussi le proposa-t-il, pour une somme moins symbolique mais toujours faible à la bibliothèque privée la plus riche en ex-libris H. Beraldi, inutile de préciser qu’il fut accueilli à bras ouverts. Signalons que cet exemplaire du Voyage aux eaux des Pyrénées, gardé par sa famille en juin 1939 [cf. J. Labarère, Henri Beraldi, II, N° 320], figura en juin 1941 au catalogue du Libraire parisien Leconte, qui le vendit 1 700 anciens francs.

 

 

La deuxième édition du Chausenque offerte par Henry Russell à Maurice Meys (1897)

Henry Russell avait pour habitude d’offrir des livres à ses amis et à sa famille, quelques uns ont survécu et sont aujourd’hui plus que recherchés. C’est ainsi que l’on connait l’ouvrage sur la Tunisie qu’il offrit à son neveu Maurice pour son mariage, Les Mystères de l’Océan qu’il offrit à ses parents, des partitions de musique offertes à Germaine Meys la fille de son photographe et ami Maurice Meys. Il faut remarquer que parmi les ouvrages retrouvés ne figure aucun titre pyrénéen, c’est la raison pour laquelle l’ouvrage qui vient d’être trouvé dans un marché aux puces d’Aquitaine est intéressant à plus d’un titre.

         

Il s’agit de la deuxième édition (1854) d’un grand classique du pyrénéisme : Les Pyrénées ou voyages pédestres dans toutes les régions de ces montagnes de Chausenque, les deux tomes reliés à l’époque en un volume demi-basane fauve, dos lisse avec filets et titre dorés. La première page de garde porte la signature : Henry Russell, suivie de la mention : Pau toujours de la main d’Henry Russell et de la grande arabesque que l’on trouve souvent à la fin des dédicaces de Russell. Plus bas, une autre écriture, probablement celle de Maurice Meys, a ajouté : Offert par Mr le Comte H. Russel [sic] à Mr. Meys ; le 27 7bre 1897. A noter que ce cadeau fut fait quelques jours après le mariage de son neveu Maurice Russell avec Blanche de Cugnac, qui eut lieu le 22 septembre 1897. En haut à droite de la page de titre du premier volume Henry Russell a marqué la date de 1858 à l’encre noire, qui est probablement la date d’achat de l’ouvrage ; c’est aussi la date de ses premières ascensions dans les Pyrénées avant le départ pour son long périple autour du monde.

        

De nombreuses marques au crayon figurent dans les marges de l’exemplaire, il est difficile de dire si elles sont de la main de Russell, de Meys ou d'un possesseur ultérieur. Il faut féliciter le chercheur sagace qui a su trouver cet ouvrage dans le désordre d’un marché aux puces. L’existence de cet exemplaire était connue depuis plus de quarante ans car il avait figuré en juin 1976 au catalogue du libraire parisien Viardot qui intitulait son annonce ainsi : Offert par le plus grand des pyrénéistes : Henry Russel [sic], le vendait 1 750 francs ; long et mystérieux itinéraire des ouvrages, ce n’est qu’aujourd’hui qu’il resurgit chez un marchand itinérant en compagnie de l’édition de 1908 des Souvenirs d’un Montagnard dont la page de titre avait été malheureusement enlevée et un bel exemplaire de La Montagne à travers les âges de Grand Carteret, restes de ce qui fut probablement une belle bibliothèque non identifiée.

 

 

Novembre 2018

 

 

Les ventes aux enchères de livres pyrénéens du mois dernier (Auch et Bordeaux)

Les 12 octobre à Auch (2e vente Alain Bourneton) et 20 octobre à Bordeaux (vente Christian Galau) furent dispersés aux enchères plus d’un millier d’ouvrages pyrénéens dont neuf des Vingt Livres Pyrénéistes les plus rares. Les résultats montrent une nette maturité des bibliophiles pyrénéistes, lesquels dans leurs décisions d’achat, tiennent particulièrement compte de l’état des ouvrages : les exemplaires en belle condition d’époque ont atteint des prix soutenus, tandis que les exemplaires dans des états moyens ou piteux n’ont parfois pas trouvé preneur quelle que soit leur rareté ; il en est allé de même pour les livres anciens habillés de reliures modernes. Un excellent exemple est montré avec les prix des Observations faites dans les Pyrénées de Ramond, dont deux exemplaires se vendirent le 20 octobre, le premier, relié en deux volumes en pleine basane d’époque -état rare- avec un super-libris doré sur les plats supérieurs, atteignit le prix confortable de 1000 euros alors qu’un autre exemplaire en reliure postérieure vendu immédiatement après, ne trouva preneur qu’à 100 euros.

 

On ne saurait trop souligner que pour conserver sa valeur, un livre doit être dans son état d’origine, qu’il soit broché ou relié ; la conséquence en est que pour protéger un livre ancien broché, un emboîtage est nettement à préférer à une reliure moderne. Seules les plaquettes peuvent faire exception, quelle que soit leur époque elles supportent fort bien de discrètes reliures à la bradel. A côté de l’excellente tenue des prix des ouvrages pyrénéistes en bon état, signalons la faiblesse des prix des albums et, après une baisse récente, un maintien des prix des ouvrages historiques. On trouvera l’ensemble des prix d’adjudication dans La Bourse aux Livres.

                            

Dans les anomalies de prix, signalons deux exemplaires de l’Essai sur la Constitution géognostique des Pyrénées de Charpentier, l’un, complet de la carte se vendit 1 200 euros à Bordeaux (1 503 euros avec les frais), l’autre, incomplet de la carte atteignit 1 500 euros à Auch (1 776 euros avec les frais !!) alors que le prix moyen de ces exemplaires incomplets est de l’ordre de 200-300 euros. Toujours à Bordeaux, il fut remarqué qu’un chargé d’achats par des gestionnaires de collections publiques, enchérissait jusqu’à des sommets -le pyrénéisme s’y prête- souvent contre un autre gestionnaire public enchérissant au téléphone. Le cas de l’édition anglaise de la carte Roussel et La Blottière provoqua quelques remous, car à partir de 1000 euros la compétition entre ces gestionnaires de collections fort proches géographiquement fit monter le prix jusqu’à 2 900 euros, soient 3 634 euros avec les frais !!

Il faut noter que les livres vendus en octobre portaient tous l’ex-libris de leurs propriétaires et dans le cas de la vente d’Auch, le timbre humide Alain Bourneton au titre et à la page 42 ; les ex-libris étaient souvent collés en haut à gauche du premier contreplat. Nous reviendrons, le mois prochain, à propos d’un exemplaire de la Bibliothèque Beraldi vendu il y a quelque temps, sur la position des ex-libris et sur les choix pluriels des bibliophiles, certains mettant leurs ex-libris sur la totalité, d'autres  sur seulement une partie de leurs ouvrages.

 

 

Un rare herbier anonyme des Pyrénées avec de belles compositions florales.

Dans la rubrique précédente nous avons cité les herbiers des Pyrénées dont les auteurs étaient identifiés, et parmi eux, les albums de Bordère étaient ceux qui avaient les présentations de plantes organisées avec un net souci esthétique.

  

Un petit Album de plantes pyrénéennes, sans nom d’auteur, réalisé au XIXe siècle, portant simplement la mention Album sur le plat supérieur, est tout à fait original et d’une grande qualité artistique car il présente à chaque page des compositions florales complexes.

  

Relié en pleine percaline chocolat avec des décors à froid sur les deux plats et titre doré sur le premier plat, ce petit album de 17,1 cm x 10,5 cm est composé de six planches dans lesquelles les plantes sont arrangées en bouquets dans lesquels chaque plante est discrètement numérotée à l’encre ; en face de chaque planche, les noms latins des plantes sont écrits à l’encre noire sur une feuille de papier bleu.

 

 

Un rare herbier de plantes des Pyrénées par Joseph Larriu des Eaux-Bonnes

Vient de passer en vente un rare herbier du XIXe siècle, composé de plantes récoltées aux environs des Eaux-Bonnes, portant sur le cartonnage éditeur recouvert de papier glacé bleu, le titre suivant en lettres dorées : Souvenir des Pyrénées. Herbier de Botanique. Jh Larriu, Minéralogiste et Botaniste à Pau et Eaux-Bonnes (Basses-Pyrénées). L’herbier comprend 20 planches ayant chacune de 6 à 11 plantes ; sous chaque spécimen une étiquette manuscrite porte le nom latin et le nom vernaculaire de la plante et ainsi que le mois et le lieu de récolte. Sur le premier contreplat, une discrète étiquette indique le nombre total de plantes réunies : 167 Plantes.

       

De Joseph Larriu, on sait qu’il avait un magasin au N° 8 de la Place Gramont à Pau où il vendait notamment des herbiers de plantes de montagnes. Deux autres herbiers Larriu sont répertoriés, l’un est au Conservatoire Botanique National des Pyrénées à Bagnères-de-Bigorre, la couverture, qui est dans ce cas recouverte de papier glacé rouge, porte exactement les mêmes informations dans le même encadrement ; il possède en plus une étiquette manuscrite collée en diagonale au premier contreplat : fleurs des montagnes des environs des Eaux-Bonnes (Basses Pyrénées), et en bas à gauche : 113 Plantes. Un autre exemplaire, conservé aux Archives Départementales des Pyrénées-Atlantiques, est curieusement attribué à Pierre Gaston-Sacaze, malgré la mention imprimée Larriu.

       

Pierre-Gaston Sacaze, commercialisait effectivement des herbiers de plantes des environs des Eaux-Bonnes, mais il en réclamait clairement la paternité : ces herbiers portent sur le cartonnage la mention imprimée Souvenir des Eaux Bonnes. Botanique et au premier contreplat l’indication manuscrite que l’herbier a été constitué par Pierre Gaston-Sacaze.

Tous ces herbiers sont très recherchés par les collectionneurs ; les plus répandus sont ceux de l’instituteur de Gèdre, Victor Henri Bordère, qui décéda en 1889. Ensuite, son petit-fils H.S. Bordère, Botaniste-Horticulteur et maire de Gèdre continua la production d’herbiers qu’il commercialisait sous son propre nom. Ces herbiers des Bordère, surtout ceux de Victor Henri, ont indéniablement la présentation des plantes la plus esthétique et la plus artistique.

Pour la région de Luchon, on connait les rares herbiers commerciaux de Charles Fourcade, botaniste et géologue ami de Maurice Gourdon, leur cartonnage éditeur porte : Plantes des Pyrénées. Récompenses aux diverses Expositions, Médaille de Vermeil, Médaille de Bronze grand modèle et Mention Honorable à l’Exposition Universelle 1867. Par M. Fourcade, Naturaliste à Bagnères-de-Luchon ; au premier contreplat une étiquette rappelle les titres -nombreux- de Charles Fourcade. On doit au même un Herbier agricole pour faciliter la connaissance et la culture des plantes utiles, vendu par Sarthe en 1874, contenant de véritables plantes séchées des près et pâturages des Pyrénées accompagnées de textes imprimés collés sur les planches.

 

 

L’auteur anonyme de la rare Relation du voyage de la duchesse de Berry dans le Béarn et le Pays Basque.

Au dernier Salon du Livre Ancien de Bordeaux a été trouvée une rare plaquette in-8° de 28 pages, habillée d’une fragile et élégante reliure d’époque en plein papier violet imitant le cuir de Russie ornée d’un encadrement doré sur les plats, avec titre en long au dos. La page de titre anonyme porte Relation du voyage de S. A. R. Madame, Duchesse de Berri et le titre de départ, plus complet : Relation du voyage de S. A. R. Madame, Duchesse de Berri, dans le Béarn et le Pays Basque. Seules la BnF, la BM de Rouen (Fonds Montbret) et la Médiathèque de Pau dont le Service Patrimoine est particulièrement riche en ouvrages pyrénéens en possèdent un exemplaire. Celui de Pau est le seul à avoir conservé sa couverture imprimée portant : Relation du voyage de S. A. R. Madame, Duchesse de Berry, dans le Béarn et le Pays Basque. Paris, à l’Imprimerie de Béthune, rue Palatine, N° 5, 1828, noter que sur la couverture Berry est écrit avec un y et non pas avec un i.

       

Cependant, avec ou sans couverture, aucun exemplaire répertorié ne renfermait d’élément permettant d’identifier l’auteur de cette relation détaillée du voyage effectué par la duchesse de Berry en juillet 1820, en compagnie de la maréchale de Régio, de la marquise de Podenas et du comte de Mesnard. L’exemplaire trouvé à Bordeaux porte au titre la dédicace suivante : A Madame la marquise de Podenas, hommage de L’auteur, A. Abbadie ; elle permet d’identifier l’auteur comme étant sans conteste Arnaud Abbadie [ou Abadie comme imprimé sur ses autres publications, les noms propres n’ayant à cette époque qu’une orthographe approximative]. Sachant cela, à la relecture du texte, on voit qu’Arnaud Abadie y explique longuement, sans modestie exagérée, qu’il fit hommage de son ouvrage Itinéraire topographique… à la duchesse de Berry, laquelle lui fit remettre une médaille.

           

La dédicace est également intéressante par la personnalité de la dédicataire, Athenaïs du Pouget de Nadaillac (1785-1858), laquelle fut dame d’honneur de la duchesse de Berry qu’elle accompagna dans son voyage en Béarn et au Pays Basque. Elle était fille d’Alexandre du Pouget de Nadaillac (1744-1794), marquis de Nadaillac et de Rosalie de Rancher de La Ferrière (1761-1842), en 1813 elle épousa le marquis Henri de Podenas (1785-1848).

 

 

Octobre 2018

 

 

20 et 21 octobre : XXIIe Salon du Livre ancien et moderne de Bordeaux (33)

Les samedi 20 et dimanche 21 octobre 2018, de 10 h à 19 h , le 22e Salon du Livre ancien et moderne de Bordeaux se tiendra sous les voûtes de la belle Halle des Chartrons, place du Marché des Chartrons ; il regroupera environ 35 Libraires et de professionnels du Livre venus de toute la France ; environ 3 000 visiteurs sont attendus, l’entrée est libre.

            

Ce rendez-vous est l’une des manifestations les plus importantes concernant le livre ancien dans le Sud-Ouest de la France, les amateurs pourront y trouver des ouvrages rares et curieux dans tous les genres : livres anciens, illustrés, ouvrages documentaires, bandes dessinées, belles reliures, ainsi que des gravures, des photographies ou des vieux papiers.

Le Salon est organisé par l’Association ALAM (Les Amis du Livre Ancien et Moderne) et le et le SNBB (Syndicat national des Bouquinistes et des Brocanteurs) en partenariat avec France Bley Gironde, FR3, la Société des Bibliophiles de Guyenne et – nous sommes à Bordeaux- les Vins de Pessac-Léognan.

 

 

20 octobre 2018 : vente de la bibliothèque du pyrénéiste Christian Galau à Bordeaux (33)

Après une longue période de calme plat, ce mois d’octobre est riche en vente de bibliothèques Pyrénéistes. Le 12 octobre il y eut l’importante vente pyrénéiste à Auch, et huit jours après, le 20 octobre à partir de 14 h 30 heures, un bel ensemble de livres provenant de la Bibliothèque Christian Galau, bibliophile et pyrénéiste, sera mis en vente à la salle des ventes Jean dit Cazaux et associés, 280 avenue Thiers à Bordeaux. Le Commissiare priseur Maître Gérard Sahuquet sera assisté de l’expert M. Jean-François Bétis.

       

La vente comprend 459 lots représentant environ 800 ouvrages, dont 241 lots bien pyrénéens provenant de la Bibliothèque Christian Galau, parmi lesquels figurent trois des Vingt livres Pyrénéistes les plus rares :  l’édition originale du Tonnellé, la Description des gîtes de minerai, des forges et des salines des Pyrénées du baron de Dietrich et l'Essai sur la constitution géognostique des Pyrénées de Charpentier. Ces 241 lots comprennent la plupart des grands ouvrages classiques du pyrénéisme, de même que de nombreux albums de lithographies. Les frais en sus des enchères sont de 25,32 %.

Cette vente de livres aura été précédée, le 6 octobre 2018 dans le même salle des ventes, par la mise aux enchères de tableaux et gravures pyrénéens provenant de la même Bibliothèque.

 

 

12 octobre 2018 : vente d’ouvrages pyrénéistes à Auch (Gers)

Le vendredi 12 octobre, à partir de 10h30, une importante vente aux enchères de livres pyrénéistes aura lieu à l’Hôtel des Ventes d’Auch, 129 rue Victor Hugo. Cette vente sera dirigée par le Commissaire-priseur Maître Marcelle Puyol, assistée de M. Jean-Louis Gauzy, Consultant.

La liste de vente contient 306 lots représentant un séduisant ensemble des livres sur les Pyrénées et la chasse, parmi lesquels figurent six des Vingt Livres Pyrénéistes les plus rares : le Charpentier, l’Ascension au Vignemale du Prince de la Moskowa (exemplaire de la Bibliothèque Henri Beraldi), le Voyage du Bourg des Bains de Barège à Gavernie de Noguès, l’édition originale du Tonnellé, le Darcet : Discours en forme de dissertation sur l'état actuel des montagnes des Pyrénées et enfin, Le Marboré et le Mont-Perdu de Fournier. Il faut noter d’autres raretés comme par exemple le Mémoire sur l’Etat de la Végétation au Pic du Midi de Bagnères de Ramond et quelques prestigieux autographes. L’ex-libris collé sur les contreplats des ouvrages et les nombreux tampons indiquent -si besoin était- la provenance des ouvrages mis aux enchères.

Rappelons que cette salle des Ventes d’Auch, animée d’une main aussi énergique qu’aimable par Maitre Puyol, a vu passer de grandes bibliothèques pyrénéistes : celle de Jean Senmartin, puis plus récemment celle de Gabriel Lacave Laplagne-Barris qui fit l’objet de plusieurs vacations. Les frais en sus des enchères sont de 18,46 %.

 

 

Septembre 2018

 

 

Aux éditions du Pin à Crochets : La Grande Flore Illustrée des Pyrénées de Marcel Saule

Plus de vingt-cinq ans après la première (1991) va paraitre une nouvelle édition monumentale de La Grande Flore Illustrée des Pyrénées de Marcel Saule. La première édition, qui était déjà une somme imposante de connaissances scientifiques, décrivait 1800 espèces illustrées en 330 planches. La nouvelle édition augmentée des plantes des piémonts des deux versants des Pyrénées, concerne 3650 espèces présentées en 520 planches ; elle est le fruit d’un travail immense réalisé au cours de cinquante ans d’études patientes et passionnées. Est-il nécessaire de le préciser, nous sommes ici à des années lumières des (trop) nombreux livres réalisés en quelques mois à l’aide de maints emprunts à des ouvrages déjà parus.

     

Cette somme botanique de 1380 pages, que nous ne saurions trop recommander, est issue de la conjonction de plusieurs talents : celui de son auteur : le botaniste Marcel Saule, celui de la superbe aquarelliste qu’est Hélènre Saule-Sorbé qui a fourni quelques-unes de ses aquarelles pour illustrer 24 pages en couleurs ; celui de Marie Lauribe qui anime et fait vivre avec le plus grand sérieux et la plus belle conscience professionnelle les éditions du Pin à crochets, et enfin, celui du Préfacier Gérard Largier, Directeur du Conservatoire botanique national des Pyrénées et de Midi-Pyrénées, qui a supervisé le texte. Regroupement rare de personnalités dont le talent est le gage du sérieux de cette œuvre monumentale qui fera date. 

L’ouvrage, de format 21 x 30 cm, sera disponible début novembre 2018 et en deux versions : un tirage broché et un tirage de tête relié en plein toile avec jaquette et sous étui, ce dernier étant uniquement vendu par souscription.

 

 

15 et 16 septembre 2018 : Journées européennes du patrimoine

La 35e édition des Journées européennes du patrimoine qui a lieu les 15 et 16 septembre 2018, s'annonce particulièrement riche dans la région pyrénéenne. Elle permet de découvrir ou de redécouvrir les monuments, édifices, jardins qui en font notre histoire. Visites, ateliers, expositions, projections de films, concerts, conférences, permettent de sensibiliser le public à la diversité et à la richesse du patrimoine.

Cette 35e édition qui correspond au centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale est placée sous le thème de L’art du partage. De nombreux sites et monuments seront ouverts sur toute la chaine pyrénéenne avec souvent des animations spécifiques.

 

 

Août 2018

 

 

A Montignac-Lascaux : vente de livres de la bibliothèque du Château de Wideville

Du 20 au 24 août 2018, a lieu la 23e Vente aux enchères publiques de livres anciens et modernes de Montignac-Lascaux en Dordogne. Sur les 2000 lots mis en vente pendant ces quatre journées, de nombreux ouvrages possédaient l’ex-libris du Château de Wideville situé à Crépières dans les Yvelines. Cet ex-libris dont le blason est orné de trois corneilles au naturel qui sont les armes de la famille Galard, surmonté d’une couronne de marquis, est attribué « sans doute » [sic] par le Répertoire Général des ex-libris français à Louis Hector de Galard (1802-1871), comte de Brassac et Prince de Béarn.

Il ne fait aucun doute que cette attribution est erronée, le Galard propriétaire du château de Wideville, était bien un Hector mais il s’agissait de Louis Marie Hector de Galard (1835-1896), marquis de Galard de l’Isle-Bozon marquis de Galard-Magnas, baron de Magnas et auteur d’un ouvrage bien connu : Compte-rendu des séances de l’administration provinciale d’Auch (1887). En 1865, il avait épousé Elisabeth Olive Emmanuelle de Crussol d’Uzès, fille du 12e duc d’Uzès, qui lui apporta le château de Wideville. Devenu veuf en 1877, il partagea son temps entre le château de Wideville et son domaine gersois de Magnas. Ce château construit à la fin du XVIe siècle par Benoit Milon, fut remanié ensuite par la famille Bullion ; Hector de Galard le restaura sous la direction de l’architecte Pierre Clément. Le château fut transmis ensuite à la fille d’Hector, Raymonde de Galard de l’Isle-Bozon (1865-1950) qui le vendit en 1922 à M. de Chavagnac dont les descendants le revendirent récemment au couturier italien Valentino Garavani, tout en conservant la Bibliothèque jusqu'à ce jour.

Parmi les ouvrages portant l'ex-libris du Château de Wideville, signalons pour ce qui est du régionalisme Sud-Ouest, la rare deuxième édition (1646) du Lys du val de Guaraison de Molinier, édition la plus recherchée car la plus complète, reliée en plein veau blond par Belz-Niédrée, le Mémoire à consulter et consultation sur le franc-Aleu du royaume de Navarre (1784) de Polverel, le Notitia utriusque Vasconiae (1638) d’Oihenart relié en plein veau brun postérieur, les deux volumes de la Chronique du diocèse et du pays d’Oloron (1864) de Menjoulet, l’Histoire des troubles de Béarn (1768) du père Ignace Mirasson, etc. Leurs prix sont reportés dans la Bourse aux Livres.

Un dernier mot à propos de l’ex-libris rond (37 mm) gravé sur acier au XIXe siècle, dont nous avons dit qu’il portait une couronne de Marquis (de Galard de l’Isle Bozon), le blason est décrit ainsi : d’or à trois corneilles au naturel (au lieu de sable) qui est de la famille Galard, il faut remarquer que les corneilles ressemblent beaucoup à des cannettes, mais à la fin du XIXe les règles de l’héraldique étaient plus que souples.

         

Nous donnons deux autres documents à propos de Wideville : la gravure de Guillaumot montrant l’état du château en 1620 et l’ex-libris gravé par Agry de la Comtesse de Galard : Marie Josèphe Géraldine Raymonde de Galard de l’Isle-Bozon (1865-1950), fille de Louis Marie Hector de Galard dont il est question plus haut. Sur l’ex-libris, les armes d’alliance portent le double blason des Galard, car Raymonde de Galard avait épousé, le 4 mars 1885, son cousin Philippe Marie Hector de Galard de Saldebru, comte de Galard. Signalons qu’elle traduisit L’Appel de la forêt de Jack London en 1905 ; elle conserva le château de Wideville jusqu'en 1922. Cet ex-libris se trouve sur un ouvrage écrit et publié par son père : Scènes de la vie de province (1892), il est maintenant dans une riche bibliothèque pyrénéenne.

 

 

Un exemplaire très toulousain des Sièges de Saragosse (1840)

Nos amis aragonais et ceux qui s’intéressent aux guerres napoléoniennes dans les Pyrénées connaissent bien l’ouvrage du général Lejeune intitulé Sièges de Saragosse, Histoire et Peinture des Evènements qui ont eu lieu dans cette Ville ouverte pendant les deux sièges qu’elle a soutenus en 1808 et 1809, publié par Firmin Didot en 1840. Il y a très exactement 210 ans, le premier siège de Saragosse par les armées napoléoniennes dura de juin 1808 à août 1808. Le général Lejeune (1775-1848), baron d’Empire, se distingua au cours des opérations du second siège (20 décembre 1808-21 février 1809), qui fut l’une des opérations les plus meurtrières de la Guerre de la Péninsule qu’on a parfois comparée aux batailles de rues lors du siège de Stalingrad. L’ouvrage de Louis-François Lejeune, très documenté, ne fut traduit en espagnol qu’en 1908 [Zaragoza, Escar], puis en 2009 [Zaragoza, Institución Fernando el Católico].

       

Lejeune étudia d’abord la peinture chez Pierre-Henri de Valenciennes qu’il quitta à l’âge de 17 ans pour s’engager comme volontaire dans la Compagnie des Arts de Paris. De 1800 à 1812, il fut aide de camp du maréchal Berthier et participa à toutes les campagnes d’Espagne, son comportement valeureux au second siège de Saragosse lui valu d’être nommé colonel. En 1810 il est fait baron d’Empire. Il quitta l’armée en 1813 après une carrière brillante et se consacra pleinement à la peinture. En 1821, il épousa Louise Clary, nièce de Désirée Clary, reine de Suède après son mariage avec Bernadotte. En 1837, il devient directeur de l’Ecole des beaux-arts et de l’industrie de Toulouse, ville dont il fut le maire de juillet à décembre 1841.

       

L’exemplaire des Sièges de Saragosse dont il est question ici est relié en demi-maroquin cerise, avec un dos très orné de motifs romantiques ; les plats, recouverts d’un papier imitant le cuir de Russie portent un fer doré aux armes de Toulouse avec cette mention : Prix de l’Ecole des Arts de Toulouse. Au premier contreplat cet exemplaire porte une étiquette de remise de prix à en-tête de l’Ecole des Beaux-Arts et des Sciences Industrielles de la Ville de Toulouse, Distribution des Prix du 28 août 1842 ; cette étiquette porte le cachet signature de Pierre Bories, Maire de Toulouse et le timbre humide rouge de la Mairie. Pllus intéressante est la signature autographe qui figure sous la mention Le Directeur de l’Ecole : c’est celle de l’auteur de l’ouvrage, qui signe Baron Lejeune. Mettant en application l’adage disant que l’on n’est jamais mieux servi que par soi-même, le baron Lejeune, deux ans après la parution de son ouvrage, le remettait comme livre de prix aux élèves méritants de l’école dont il était le directeur.

 

 

Juillet 2018

 

 

Exposition à la Médiathèque intercommunale de la Haute-Bigorre (Hautes-Pyrénées)

Le 6 juillet à 18 heures à Bagnères-de-Bigorre, aura lieu le vernissage de l’exposition intitulée Les porteurs du Pic du Midi de Bigorre, ces sherpas de nos montagnes, en présence de M. Jacques Brune, Président de la CCHB, M. Claude Cazabat, Maire de Bagnères-de-Bigorre et Mme Bernadette Dussert-Peydabay, Vice-Présidente de la CCHB Chargée de la Politique Culturelle.

     

L’exposition, réalisée par Jean-Louis Rey, retrace le rôle des porteurs de la vallée, qui pendant 70 ans, ont permis le fonctionnement hivernal de l’Obervatoire du Pic-du-Midi de Bigorre, portant des charges d’une trentaine de kilogramme sur un dénivelé de 2000 mètres. Cette exposition est organisée à partir de documents et de remarquables photographies originales, prises pour la plupart par le célèbre studio pyrénéen Alix, qui exerça à Bagnères-de-Bigorre pendant tout le XXe siècle ; le fonds photographique du studio Alix  fut légué à la Ville de Bagnères-de-Bigorre par la famille Eyssalet qui gérait ce studio.

       

Rappelons que la Médiathèque de la Haute-Bigorre, qui accueille cette exposition du 6 juillet au 24 août, possède le très riche fonds bibliophilique pyrénéen du toulousain Edouard Privat sur lequel Madame Armelle Guillaume, responsable de la Médiathèque, veille avec passion et compétence.

 

 

Juin 2018

 

 

Un superbe exemplaire des Croquis Pyrénéens de Braylens [1867]

En août 2016 les Actualités du Bibliophile signalaient le passage en vente de la plaquette intitulée Croquis pyrénéens, Cauterets, publiée en 1867 à La Réole (Gironde) par le banquier Camille Braylens. L’ouvrage présenté au mois d’août était dans la reliure en pleine percaline ardoise de l’éditeur.

     

Ce mois-ci, un autre exemplaire vient d’être vendu dans une condition rare ou même exceptionnelle pour ce type de petit guide. En effet, il est relié en plein chagrin bordeaux d’époque, dos à quatre nerfs avec des caissons ornés à la grotesque, une large dentelle d’encadrement sur les plats, une dentelle intérieure, un pointillé doré sur les coupes et toutes les tranches dorées. Un feuillet blanc sur lequel est collée une photo originale de l’auteur avait été ajouté avant le faux-titre au moment de la reliure. La reliure est tout à fait dans le style de celles qu'exécutait à cette époque Garrigues, relieur à Toulouse [11, place Saint-Etienne].

            

Les dimensions de cet exemplaire sont 15,4 x 9,8 cm, nettement supérieures à celles de l’ouvrage en reliure éditeur : 14,9 x 9,5 cm. On peut supposer que ce superbe exemplaire était un exemplaire d’auteur plutôt qu’un exemplaire de présent car il ne comporte pas de dédicace.

 

 

Le 9 juin, vente de livres sur les Pyrénées à Tarbes (Hautes-Pyrénées)

Le 9 juin 2018 à 14 h 30, un important ensemble d’ouvrages pyrénéens sera vendu à l’Hôtel des Ventes Henri Adam, 22 rue du Docteur Roux à Tarbes. La catalogue comprend 279 lots, tous concernant les Pyrénées : pyrénéisme, histoire locale, albums, cartes, etc...

De nombreux lots regroupent plusieurs ouvrages ou plaquettes, c’est dire la richesse de cette vente qui ne comprend pas moins de 5 des Vingt livres pyrénéistes les plus rares, ce qui est tout à fait exceptionnel, à savoir : le tirage de 1796 du Voyage au Pic du Midi de Pau de Delfau, le Voyage à la Maladetta de Franqueville, le Reise in den Pyrenaen de Parrot, le Voyage au sommet du Mont-Perdu de Ramond, les Reisen allemands de Ramond et Piqué, signalons aussi l’Essai sur la constitution géognostique des Pyrénées de Charpentier, qui est, comme souvent, incomplet de la carte.

On trouve dans cette vente de nombreux ouvrages provenant de la Bibliothèque du Chanoine Doazan, qui passèrent ensuite dans les mains de son frère, le Révérend-Père Louis Doazan ; il y a également quelques exemplaires provenant des ventes Lamicq, comme le rare Parrot de la collection Veltheim, curieusement indiqué comme ayant une provenance Doazan. C'est aussi le cas de l'édition de 1825 du Lüdemann ou encore du Fischer de la collection Veltheim, qui eux aussi sont décrits comme ayant une provenance Doazan et non Lamicq. A noter aussi un important ensemble d’albums et de cartes, beaucoup d’ouvrages ont été reliés par Benoît Dressayre, le sympathique relieur de Mazamet.

Ces ouvrages, qui furent réunis avec passion par un pyrénéiste très érudit, font suite à une première vente réalisée il y a un an dans ce même Hôtel des Ventes de Tarbes, le 25 mars 2017, on retrouve d'ailleurs dans ce catalogue, plusieurs exemplaires ayant figuré dans la vente de 2017.

 

 

Le 6 juin, vente de livres sur les Pyrénées à Toulouse (Haute-Garonne).

Le 6 juin 2018 à 14 h, un Bel ensemble de livres sur les Pyrénées, sera dispersé à l’Hôtel des Ventes Saint-Georges, 7 rue d’Astorg à Toulouse. La liste de vente comprend beaucoup d’ouvrages ou plaquettes classiques tous centrés sur le  pyrénéisme, constituant 90 lots [n° 61 à N° 150], présentés dans une typographie agréable et très lisible. Cet ensemble très homogène provenait d'une seule et même bibliothèque a confirmé l'expert M. Eric Castéran.

On peut remarquer que cette liste distribue avec une grande générosité les qualificatifs de « rare » ou de « très rare », qualificatifs certes subjectifs mais qui perdent de leur impact s’ils sont trop utilisés. Quoi qu’il en soit les bibliophiles pyrénéens, toujours compétents et avertis, ont une notion très précise de la rareté des ouvrages. Ceux d'entre eux qui sont allé voir les ouvrages nous disent que leur état est décrit avec précision et vérité ; il s'avère que ces ouvrages provienent de la bibliothèque du Toulousain et pyrénéiste Jean Rolland, qui fut un contemporain du comte de Saint-Saud.

Ce mois de juin sera riche en ouvrages pyrénéens, puisqu’une autre vente est programmée à Tarbes trois jours plus tard, le 9 juin.

 

 

Mai 2018

 

 

Vente d’archives de Gaston, Albert et Paul Tissandier à Drouot Richelieu

Le 18 avril dernier, une nouvelle vente aux enchères des fonds Tissandier, organisée par AuctionArt, consacrée cette fois aux archives, photographies, courriers, etc., concernant essentiellement  les débuts de l’aviation, a eu lieu à Drouot Richelieu.

       

Dans ce riche ensemble on trouvait de nombreux documents concernant la ville de Pau et les Pyrénées, notamment un important dossier sur le palois Henri Sallenave (1881-1953), pionnier de l'Aviation, fondateur et Secrétaire général de l'Aéro-Club du Béarn, directeur de l'Aérodrome Blériot à Pau, associé avec de Lambert et Paul Tissandier à la Société des Hydroglisseurs de Lambert. Il fut proche du fils de Gaston Tissandier, Paul (1881-1945), pionnier de l’aviation, passionné d’alpinisme et d’automobiles, il organisa avec lui de nombreuses chasses à l’isard dans les Pyrénées. Le dossier mis en vente comprenait 35 lettres et 5 cartes postales de Henri Sallenave à Pau Tissandier, dans lesquelles il était question du développement de l’aéro-club de Pau et de pionniers de l’aviation : Wright, Lassence, Deutsch de la Meuthe, Gordon Benett, Blanc, Latham, Zeus, Blériot, Leblanc, Legagneux, etc.

       

A côté de ces pièces d’archives étaient vendus plusieurs albums de photographies originales, de format in-folio à l’italienne, dont trois albums titrés Montagne, dans lesquels les Pyrénées étaient fort bien représentées. Sur le mode humouristique, il faut noter plusieurs photos d’André Granet (1881-1974) organisateur du premier Salon de la Locomotion aérienne (en 1909), nu sur ses skis.

     

Pour les aspects plus documentaire et plus sérieux, il y avait des photographies, rares, de Toussaint Saint-Martin (1881-1960), célèbre chasseur d’ours pyrénéens et guide de Laruns, qui accompagna plus tard le spécialiste de l’ours Marcel Couturier dans ses nombreuses campagnes pyrénéennes. A remarquer aussi de nombreuses photos de chasses à l’isard, de campements dans les Pyrénées ou de promenades en canot sur les lacs pyrénéens. Bref de précieux documents sur les activités pyrénéennes montagnardes au début du XXe siècle.

 

 

Avril 2018

 

 

Les Carnets de la villa Excelsior aux Eaux-Bonnes et leurs variantes

En février dernier nous évoquions, à propos de la villa Excelsior construite aux Eaux-Bonnes par le bordelais Laurenz Preller, les carnets d’excursion relatant la vie montagnarde de cette villa. Dans une collection privée nous avons retrouvé un extrait dactylographié de ces carnets, ayant appartenu à Emile Durègne de Launaguais (1859-1938), bibliophile et Président de la Section du Sud-Ouest du C.A.F., puis à Hubert Dupont, autre bibliophile bordelais, et passa ensuite dans une autre collection où elle fut reliée en demi-chagrin rouge par le relieur parisien D. Montecot (successeur de A. Lavaux).

       

Cet extrait est d’autant plus intéressant qu’il est accompagné de plusieurs feuillets manuscrits de la main de Emile Durègne, fort instructifs ; l’un donne quelques renseignements sur Laurenz Preller, un autre rapporte des éléments intéressants sur les devenirs des carnets de la villa Excelsior : Durègne y rappelle que Mme Verdenal, épouse d’un ancien maire de Pau, était une demoiselle Meunier dont la famille faisait partie des bordelais reçus aux Eaux-Bonnes par L. Preller, et que les "excursions étaient consignées dans des cahiers (I. II. III. IV) que M. Verdenal a confiés à M. Heïd qui veut les analyser après avoir consulté à ce sujet les souvenirs de M. Edmond Cadier qui faisait –lui ou ses neveux les isards- partie de la bande. Ci-incluse la copie d’un de ces cahiers que possède actuellement M. Guibourd de notre section du S.-O". Et l’érudit Durègne de conclure : "L ‘analyse de ces cahiers serait intéressante pour l’histoire anecdotique du Pyrénéisme amateur dans cette période intermédiaire […] intéressante surtout pour les bordelais".

        

Ces 15 feuillets dactylographiés, concernent des excursions au Balaïtous- Panticosa – Boucharo – Gavarnie du 29 août au 4 septembre 1899 avec comme participants les Gaden, L. Preller, M. Vivier, L. Couve, Gustave et Edmond Cadier, puis une excurion au Pic de Sesques, le 12 septembre 1889 (avec les Gaden, L. Preller et L. Couve). Un point fort intéressant est que cette dactylographie fait état et donne la liste des "variantes tirées de la 2ème relation" : pas moins de 28 variantes dont l’ampleur va de quelques mots à plusieurs lignes de texte. Ces variantes sont trop nombreuses pour être des corrections et trop peu nombreuses pour correspondre à une double relation des mêmes excursions, elles montrent qu’il y a eu au moins deux exemplaires de ces récits, similaires mais pas tout à fait identiques. Il serait fort intéressant de comparer les deux exemplaires pour l’ensemble des carnets.

     

Le Guibourd, qui a possédé les carnets après Maurice Heïd, était Roger Guibourd, membre de la section du Sud-Ouest du C.A.F., résidant au 41 de la rue Rodrigues-Pereire à Bordeaux ; il était proche de la famille Gaden très présente dans les excursions reportées dans ces feuillets ; en effet, il déposa plus tard, aux Archives Départementales de la Gironde, un important ensemble de documents concernant la famille Gaden.

 

 

Mars 2018

 

 

Le voyage aux Pyrénées de Puckler Muskau (1836)

Un ouvrage assez rare, partiellement Pyrénéen, vient de passer en vente dans une fine reliure d’époque, avec un timbre sec monogrammé P. M au titre du Tome I portant la devise Hodie Semper :« Aujourd’hui et toujours ». Il s’agit des Chroniques, lettres et journal de voyage, extraits des papiers d'un défunt, publiées en 1836, en deux volumes à Paris, Librairie de Fournier jeune. L’ouvrage est anonyme mais le bulletin annonçant leur parution indiquait que l’auteur était Hermann Ludwig Heinrich, Prince de Puckler-Muskaw.

       

Ces volumes concernent l’Europe, le Tome II est entièrement consacré grand Sud de la France, Cauterets, Lac de Gaube, Beaucens, Vidalos, Toulouse, Carcassonne, Béziers, Nîmes, Marseille, avec environ 150 pages pour les Pyrénées : Bordeaux, Agen, Lectoure, Auch, Tarbes, Argelès, Lourdes, Saint-Sauveur, Gavarnie. Il faut lire notamment les textes sur Gavarnie ou encore sur le haras de Tarbes. A noter aussi qu’il s’agit de l’un des rares ouvrages anciens –peut-être même le seul- a faire référence à la traversée des Pyrénées par Robinson Crusoé, notamment à sa rencontre avec les loups pyrénéens ; Puckler Muskau exprime d’ailleurs une grande admiration pour ce roman qu’il cite fort élogieusement à plusieurs reprises. Ce voyage en Europe a été effectué de mai 1834 à octobre 1835 ; il parut d’abord en 1835, en allemand sous le titre : Semilassos vorletzter Weltgang, erster Gang: Europa.

                 

La traduction française est supposée avoir été faite par Jean Cohen mais elle ne semble pas avoir été approuvée par Puckler Muskauw, d’où la parution anonyme. Cependant, de larges extraits signés de Puckler Muskau avaient été publiés en avant-première dans Le Cabinet de Lecture, 7e année, 2e série, N° 139, mercredi 24 février 1836, pp. 5-9 [correspondant aux pp. 114-127 et 169-189 du Tome II] et N° 146, mercredi 9 mars 1836, pp. 1-4 [correspondant aux pp. 198-238 du Tome II]. Cette traduction  fait partie d’un ensemble regroupant artificiellement cinq volumes : les deux premiers (publiés en 1836) correspondent à l’Europe et les trois derniers (publiés en 1837) à l’Afrique dont l’édition allemande publiée en 1836 porte d’ailleurs un titre indépendant du voyage en Europe : Semilasso in Afrika. La bibliothèque Pierre Cailau-Lamicq possédait les cinq volumes.

 

 

15 mars 2018 : vente aux enchères de livres pyrénéens à Tarbes (Hautes-Pyrénées)

Le 15 mars 2017, une vente aux enchères de livres anciens, documents, cartes postales, photographie, régionalisme Pyrénées et bandes dessinées, aura lieu à l’Hôtel des Ventes Henri Adams, 22, rue du docteur Roux à Tarbes à partir de 10 h puis de 14 h.

Dans le catalogue de 525 lots, on trouvera le matin, quelques lots de cartes postales des régions pyrénéennes et, l’après midi, 145 lots d’ouvrages pyrénéens, parmi lesquels bon nombre de classiques de base : Ramond, deux ouvrages de Russell, Palassou, Beraldi, Dralet, Dusaulx, etc.

Les frais et taxes en sus des enchères seront de 21 % TTC, plus 3,60 % TTC pour les amateurs qui utilisent les enchères par internet.

 

 

Février 2018

 

 

Paul Guigou, Lorenz Preller et la Villa Excelsior aux Eaux-Bonnes

En 1898, la librairie Plon publiait Interrupta un ouvrage posthume de Paul Guigou (1865-1896), poète post-symboliste  né et mort à Marseille. Le contenu de l’ouvrage n’avait rien de pyrénéen, excepté la Préface de François Coppée de l’Académie Française consacrée à ses rencontres aux Eaux-Bonnes avec l’auteur qui venait y soigner ses poumons et aux promenades qu’ils firent dans les Pyrénées.

Paul Guigou fut secrétaire de la rédaction de la Revue Moderniste, et précepteur des enfants de la comtesse Roger de Martel de Janville (plus connue sous son pseudonyme : Gyp). En 1893, il revint à Marseille au Palais Longchamp, nommé Conservateur du Musée des Beaux-arts sur la recommandation de Puvis de Chavannes. Il ne faut pas le confondre avec le peintre français Paul Camille Guigou (1834-1871).

        

Quel rapport avec le pyrénéisme ? Au cours de ses séjours aux Eaux-Bonnes, Paul Guigou fréquentait la Villa Excelsior que le négociant bordelais Lorenz Preller avait fait construire pour y recevoir des pyrénéistes et des personnalité séjournant aux Eaux-Bonnes. Cette villa servait de base à de nombreuses excursions dont les récits étaient ensuite consignés dans les Carnets de la Villa Excelsior sur lesquels nous allons bientôt revenir à propos des variantes.

Paul Guigou a écrit le récit d’une course faite en 1892, en compagnie de Lorenz Preller, François Coppée, E. Richardin, Jayme de Séguier et Braly : Eaux-Bonnes, Gourette, Lac d’Anglas, Lac d’Uzious, Col du Lavedan. Lors de la publication d’Interrupta ce récit pyrénéen fut oublié ; l'oubli fut réparé par l’un des participants à l’excursion : Edmond Richardin, qui le publia sous forme d’une charmante et rare plaquette de 29 pages, imprimée à Barcelone, intitulée Aux Pyrénées ; c’est probablement dans cet ouvrage que l'on trouve, pour les livres pyrénéens, la première apparition de la photogravure en simili, le fait n’a pas échappé à Henri Beraldi qui l’indique dans les Cent Ans. L’exemplaire de Aux Pyrénées présenté ici est celui de la collection du chanoine Doazan qui possédait aussi Interrupta.

     

Le récit de cette même excursion signé in fine : Paul Guigou a paru aussi ne variatur dans le journal L’Echo [E. Dentu, édit.], sous le même titre : Aux Pyrénées. Avec d'autres auteurs, cette excursion au Col de Lavedan connut son succès littéraire puisque Edmond Richardin, la raconta lui-aussi dans L’Art du Bien Manger, ouvrage de gastronomie dans lequel elle figure à partir de l’édition de 1913 [pp. 386-389]. Edmond Richardin, éditeur de Aux Pyrénées avait de nombreux liens avec les Pyrénées, où il avait acheté une maison de vacances à Lées-Athas, pas très loin d’Osse, le village natal des frères Cadier ; il décéda à Bagnères-de-Bigorre.

     

Mais revenons à Interrupta : l’exemplaire qui vient de passer en vente, relié en demi-vélin blanc, était dans un état hors du commun et très pyrénéiste : il s'agissait d'un exemplaire nominatif, imprimé spécialement sur papier de Hollande pour Lorenz Preller dont il portait l’un des ex-libris ; à la fin avait été ajoutées les colonnes de L’Echo contenant le texte pyrénéen Aux Pyrénées qui complète Interrupta. Etait jointe une carte de visite de François Coppée, adressée à Lorenz Preller, Cours de Gourgues à Bordeaux. Bref, une petite merveille, dans laquelle seule la Préface évoque les Pyrénées, mais cependant très pyrénéiste de par son origine et son contexte.

 

 

Janvier 2018

 

 

Deux expositions sur Francis Jammes (Bordeaux et Pau)

A l’occasion du 150e anniversaire de la naissance de Francis Jammes, deux expositions sur ce poète né en Bigorre, qui passa une partie de sa jeunesse à Bordeaux et vécut surtout en Béarn et au Pays Basque, ont été organisées à Bordeaux et à Pau. Toutes deux sont sous la responsabilité scientifique de Jacques Le Gall, Maître de conférences en Langue et Littérature Françaises à l'Université de Pau et des Pays de l'Adour.

     

A Bordeaux, l’exposition se tient du 4 janvier au 15 mars 2018, à la Bibliothèque municipale Bordeaux-Mériadeck, elle est réalisée à partir collections patrimoniales et contemporaines de la Bibliothèque de Bordeaux, et s’accompagne d’une conférence sur la vie et le parcours de Francis Jammes à Bordeaux par Jacques Legall (jeudi 1er février à 18h30), puis le samedi 3 mars à 14h30, d’une promenade-conférence d'Agathe Rivière Corre, historienne et guide-conférencière de la Ville de Bordeaux.

A Pau, en partenariat avec la Médiathèque Jean-Louis Curtis d'Orthez et l'Association Francis Jammes, la Médiathèque André Labarrère a réalisé une exposition numérique, Francis Jammes poète, qui fait revivre ce poète à partir des richesses conservées aux archives d'Orthez et de Pau. Le riche fonds Francis Jammes se compose de brouillons d'écrivain, poèmes, correspondances, manuscrits, photographies et cartes postales. Cette nouvelle exposition propose aussi d’entendre du Jammes dit par la comédienne Blanche Bottura et mis en musique par Mixel Etchekopar et Jean-Marc Moullet.

Cette exposition numérique est hébergée par Pireneas, le portail de la Bibliothèque Numérique des Ressources Pyrénéennes (BNRP) qui regroupe des documents patrimoniaux essentiellement iconographiques relatifs à l'histoire de Pau et du Béarn, au pyrénéisme et plus largement aux Pyrénées du XVIIIe siècle à nos jours.

 

 

20 janvier 2018 : Une initiative originale de la Bibliothèque du Patrimoine de Pau

Le samedi 20 janvier, de 19 à 22 heures, la Bibliothèque Patrimoniale de Pau, les Archives Communautaires, et la Ville d'Art et d'Histoire organisent, sous une forme très inhabituelle, une Nuit de la Lecture à l’Usine des Tramways, Avenue Gaston Lacoste.

Pour cette manifestation, l’Usine des Tramways, siège des fonds patrimoniaux, sera plongée dans le noir, aussi les visiteurs devront-ils se munir de lampes torches pour visiter et assister à cette soirée décalée au cours de laquelle plusieurs activités seront organisées :

         

- Des Visites dans l'obscurité pour explorer les magasins de conservation à l’aide de lampes torches,

- Une Exposition de documents patrimoniaux, des Lectures surprises au cours desquelles le personnel lira des extraits de ses documents préférés,

- La découverte des métiers de la reliure et de la conservation préventive,

- Des ateliers de coloriage à l’intention des enfants visiteurs,

- Un jeu de l'oie patrimonial au cours duquel les visiteurs puissent tester leur connaissance du patrimoine,

- et enfin un Accompagnement musical par les élèves du Conservatoire de Pau.

Cette manifestation est une première dans le monde pyrénéen, rappelons que la Bibliothèque Patrimoniale de Pau a été sélectionnée comme Bibliothèque de Référence pour la région pyrénéenne.

 

 

Une pièce de Musée dans une vente aux enchères : le contrat de mariage des parents d’Henry Russell

Un exemplaire du contrat de mariage de Thomas John Russell et Ferdinande de Grossolles de Flamarens a été acquis dans une improbable salle des ventes du centre de la France, par un bibliophile aussi érudit que vigilant, et, faut-il le préciser fort chanceux, car il fallait découvrir cette superbe et unique pièce dans une vacation de brocante plus que variée. Mais, n’oublions pas qu’en matière de bibliophilie, la chance est toujours grandement aidée –ou même provoquée- par l’érudition alliée à la passion et à la vigilance.

      

Cette superbe pièce est un manuscrit soigneusement calligraphié en anglais, composé de quatre grandes feuilles de parchemin de dimensions 75 x 75 cm environ, en parfait état de conservation, à l’exception d’un carré de parchemin découpé sur une page. Les feuilles sont attachées ensemble pas des liens les réunissant en bas de page, sur le retour des parchemins, sont des sceaux de cire rouge et les signatures des époux et des témoins. En haut à gauche de chaque page est un timbre fiscal bleu britannique. Les quatre feuilles sont remplies d’un texte anglais très lisible. L’ensemble est plié en neuf pour constituer un paquet de 25 cm de côté, laissant apparaître une partie de texte soigneusement calligraphié et fort esthétique : "Settlement on the Intermarriage of Thomas John Russell Esq.re wih Mademoiselle de Flamerens" [sic].

   

Le contrat de mariage fut rédigé chez le sollicitor Thomas Mills dans son bureau parisien, au 335 de la rue Saint-Honoré. Il a été signé le 16 mars 1833 par Thomas John Russell et son frère Patrick Henry Russell, Ferdinande de Grossolles de Flamarens et Caprais de Grossoles marquis de Flamarens, en présence de Th. Mills et de son clerc Robert Rudston. Un exemplaire du contrat de mariage fut ensuite déposé et enregistré le 6 avril 1833, toujours à Paris chez un notaire français, Maître Lehon. Dans les Lettres Cochinchinoises [Paris, Martinon, 1841], on peut lire que Maître Lehon n’avait ni voiture, ni chevaux, ni train de maison, ni domestiques. Il n’était point marié et n’avait point de maïtresse en ville ; une femme de ménage lui faisait son lit trois fois par semaine et lui cirait quelquefois ses bottes […] aussi Maître Lehon était-il entouré d’une confiance unanime. C’est à qui lui ferait accepter sa fortune… et … il fit une faillite retentissante qui lui valut un court séjour en prison. A sa sortie de prison, il reprit ses fonctions de notaire.

C’est dans les bureaux de Maître Mills que se réunissait le British Charitable Fund , fondé en 1825 pour venir financièrement en aide aux britanniques expatriés, le comité comprenait notamment Lord Stuart de Rothesay, M. Mills, les Rothschild, Luc Callaghan, les Galignani, etc..

        

Dernier point, qui relie physiquement ce document à Henry Russell : au bas du contrat de mariage figure un cachet de cire rouge, répété deux fois, portant la marque d’un sceau bien visible.

Ce sceau, qui représente l'Arbre de Vie celtique, se conserva dans la famille et Henry Russell l’utilisera trois quart de siècle plus tard pour marquer le cachet de cire rouge scellant la dernière lettre qu’il écrivit. Cette lettre émouvante, écrite le 2 janvier 1909, contenait sa confession et fut envoyée à l’abbé Gaurier ; cette pièce, encore accompagnée de l’enveloppe d’envoi cachetée de cire rouge, figure dans l’Exposition virtuelle Henry Russell.

 

 

20-21 janvier 2018 : Salon du Livre Ancien de Bordeaux

Les samedi 20 et dimanche 21 janvier 2018, le 13e Salon du Livre Ancien se tiendra à Bordeaux dans la Salle Capitulaire et sous les arcades de la superbe cour Mably (3 rue Mably) de 10h à 19h.

Ce Salon, dont l’entrée est libre, regroupera une trentaine de libraires professionnels venus de toute la France qui présenteront des livres anciens et contemporains, des gravures, des photographies, des autographes et des vieux papiers. La gamme des livres présentés est large livres anciens et contemporains, illustrés, ouvrages documentaires, bandes dessinées, belles reliures, etc.), elle s’adresse à un large éventail de bibliophiles et de curieux, et va du livre à quelques euros aux ouvrages rares de haute bibliophilie.

Le salon est organisé par le Syndicat National des Bouquinistes et Brocanteurs (SNBB) et par l’association Les Amis du Livre Ancien et Moderne (ALAM) avec l’aide de la Ville de Bordeaux.

 

 

Décembre 2017

 

 

Vente de la bibliothèque cynégétique d’un "European Gentleman" chez Sotheby ‘s, à Londres

Le 2 novembre dernier, la maison de vente aux enchères Sotheby’s vendait à Londres une grande bibliothèque cynégétique : "The Library of a European Gentleman : Hunting, Incunabula, Natural History and Atlases". Toutes les grandes bibliothèques de chasse ont possédé des ouvrages pyrénéens, ce fut le cas de la Bibliotheca Tiliana de Kurt Lindner, de la Bibliothèque Schwerdt, de la Bibliothèque de Marcel Jeanson, de la Bibliothèque Du Verne, sans oublier celle de Mouchon. Bien avant l’époque d’Internet, l’expert Bernard Hauvette avait signalé tout l’intérêt des bibliographies sur la chasse pour les amateurs pyrénéens, en effet on y trouve bon nombre d’ouvrages pyrénéens, souvent rares.

     

Le catalogue de Sotheby’s ne levait pas l’anonymat de l’"European Gentleman" cité au titre, mais la totalité des ouvrages portait l’ex-libris de Hans Dedi. Johannes Hans Dedi (1918-2016), fut un grand bibliophile qui avait réuni une très importante bibliothèque cynégétique. Cet homme d’affaires et marchand allemand, avait épousé Louise Shickedanz, fille de Gustav Shickedansz en 1952, il avait a dirigé le groupe de son beau-père de 1977 à 1988, ce fut un personnage important, vice-président du Présidium de l’Association de commerce extérieur et du commerce de détail allemand, grand croix du Mérite de la République fédérale d’Allemagne. Chasseur passionné il avait rejoint la société de chasse BJV Kreisgruppe Fürth en 1958.

         

Il avait fait relier ses bibliographies sur la chasse en plein ou en demi-maroquin havane, en faisant mettre son monogramme "H D "en queue de reliure. Seules, eurent droit à des reliures en plein maroquin les bibliographies de Thiebaud et de Karl Lindner, les autres étant des demi-maroquins à coins. A signaler aussi dans cette vente, la belle édition de livre sur la chasse de Gaston Phébus réalisée à Grafz (Aurtriche) en 1976, cette édition était complète du très rare troisième volume de présentation, toujours de format in-f°, relié pleine peau de daim, comprenant une partie des miniatures en couleurs de l’ouvrage et d’un Livre de parrainage, en grande partie vierge, débutant par 6 pp. reproduisant les Parrains célèbres : Société de Vénerie, Présidents de chasse, etc…

 

 

Novembre 2017

 

 

Le monogramme des livres de la Bibliothèque de Maître Bernard Chwartz (Toulouse)

Les bibliophiles pyrénéens sont toujours soucieux d’identifier les origines des ouvrages de leur bibliothèque, grâce aux différentes marques, aux ex-libris ou aux monogrammes apposés sur les reliures. Le 27 octobre 2017, l’Etude de Rémy Fournié, vendait à Toulouse des ouvrages provenant de la "Bibliothèque de Maître Bernard Chwartz et à divers, livres anciens et modernes". La liste de vente comportait 284 lots.

      

Le bibliophile Maître Bernard Chwartz possédait une très importante étude de notaire au 50 de l’allée Jean-Jaurès à Toulouse. Bibliophile passionné, il s’était spécialisé dans la gastronomie et le vin, domaines dans lesquels il avait réuni une très importante bibliothèque. Une partie de sa bibliothèque œnologique fut dispersée par la maison de vente aux enchères Alde, salle Rossini, à Paris, les 11 et 12 avril 2011. Il possédait aussi une importante collection de monnaies Mérovingiennes et Carolingiennes conjointement à une bibliothèque de numismatique qui furent dispersées par la maison  Alde, le 18 juin 2009.

            

Bernard Chwartz s’intéressait également au régionalisme pyrénéen, plus particulièrement à l’Ariège et à la Haute-Garonne, ce sont des ouvrages sur ce thème qui viennent d’être vendus à Toulouse. Sur les livres qu’il faisait relier, il faisait apposer son monogramme doré "C. B." soit sur un plat, soit en queue de dos ; nous en donnons ici quelques exemples photographiques. Nous reproduisons également la très curieuse reliure en pleine basane, qui habille les deux volumes de l’ouvrage de Léon Dutil : "La Haute-Garonne et sa région" publié par Privat en 1928.

 

 

Octobre 2017

 

 

21 et 22 octobre : XXIe Salon du Livre ancien et moderne de Bordeaux (33)

Les samedi 21 et dimanche 22 octobre 2017, le 21e Salon du Livre ancien et moderne de Bordeaux, se tiendra sous les voûtes de la superbe Halle des Chartrons, place du Marché des Chartrons, de 10 h à 19 h ; il regroupera une trentaine de Libraires et de professionnels du Livre venus de toute la France ; l’entrée est libre.

Ce rendez-vous est l’une des manifestations les plus importantes concernant le livre ancien dans le Sud-Ouest de la France, les amateurs pourront y trouver des ouvrages rares et curieux dans tous les genres : livres anciens, illustrés, ouvrages documentaires, bandes dessinées, belles reliures, aussi bien que des gravures, des photographies ou des vieux papiers.

Le Salon est organisé par l’Association ALAM (Les Amis du Livre Ancien et Moderne) en partenariat avec et la Fête de la Brocante et du Vin nouveau de la rue Notre-Dame, qui se tient aux memes dates à quelques dizaine de mètres de la Halle des Chartrons.

 

 

17 octobre : Présentation de l’Atlas Historique de Pau à l’Usine des Tramways

Le 17 octobre l’"Atlas historique de Pau", fruit du travail d’une quinzaine de chercheurs, était présenté à l’Usine des Tramways de la Médiathèque de Pau-Pyrénées. Cet ouvrage en deux tomes est le deuxième d’une série de cinq à paraître en Nouvelle Aquitaine, il s’inscrit dans la collection "Atlas historique des villes de France" qui compte 51 volumes. Il est coordonné par le Laboratoire de recherche Ausonius de l’Université Bordeaux Montaigne.

    

Ce travail collectif a été réalisé sous la direction de Dominique Bidot-Germa (Université de Pau et des Pays de l’Adour), Cécile Devos (Inventaire du patrimoine, Ville de Pau) et Christine Juliat (Archives communautaires, Communauté d’Agglomération de Pau-Béarn-Pyrénées). Les deux volumes permettent de  comprendre le développement de la ville de Pau. La démarche scientifique, l’iconographie exceptionnelle et la cartographie basée sur une lecture du cadastre napoléonien montrent Pau et le Béarn sous un jour résolument nouveau. L’Atlas retrace en effet la formation de l’espace urbain des origines protohistoriques à nos jours, grâce à un plan historique et à deux chapitres de commentaires, l’un consacré à la ville, l’autre à 55 monuments.

 

 

"Bruin ou les Chasseurs d’Ours", édition originale ayant appartenu à Anna de Noaille (1863)

Un bibliophile pyrénéen vient de faire l’acquisition d’un intéressant ouvrage sur la chasse, en bonne partie pyrénéen. Il s’agit de "Bruin ou les Chasseurs d'Ours, par le Capitaine Mayne-Reid. Traduit de l'anglais, avec l’autorisation de l’auteur, par A. Letellier et illustré de 8 vignettes" [Paris, Librairie de L. Hachette et Cie, 1863]. Cet ouvrage écrit par Thomas-Mayne Reid, dit le Capitaine Mayne-Reid, est un recueil de récits de chasses dans lequel dix chapitres concernent les Pyrénées, plus exactement les Hautes-Pyrénées : "La Palombière" [Ch. XVIII, pp. 132-139] ; "Les Pyrénées" [Ch. XIX, pp. 140-146] ; "Une singulière avalanche" [Ch. XX, pp. 147-154] ; "Une rencontre avec des muletiers" [Ch. XXI, pp. 155-161] ; "Les ours des Pyrénées" [Ch. XXII, pp. 162-167] ; "Le chasseur d'isards" [Ch. XXIII, pp. 168-173] ; "L'embuscade" [Ch. XXIV, pp. 174-178] ; "Un ours dans un nid" [Ch. XXV, pp. 179-185] ; "Les aigles" [Ch. XXVI, pp. 186-191, 1 ill. à pleine p.] ; "Le feu au nid" [Ch. XXVII, pp. 192-197].

       

Cette traduction, publiée dans la “Bibliothèque Rose” eut de très nombreuses éditions françaises chez Hachette : 1863, 1865, 1867, 1872, 1876, 1880, 1882, 1894, 1895, 1898, 1901, 1905, 1912, 1922, 1926. L'exemplaire en question,  dans une bonne reliure en demi-chagrin rouge d’époque à dos très orné, est doublement intéressant, d’abord par sa date de publication qui est 1863, car Thiébaud, qui le répertorie dans sa “Bibliographie des Ouvrages français sur la Chasse" (colonne 645) annonce “1865” pour l’édition originale, ce qui est inexact, l’originale de cette traduction est celle de 1863 qui est présentée ici. Son autre intérêt est qu’il a appartenu à Anna de Noailles dont il porte le monogramme “A. de  N.” en queue et son ex-libris au premier contreplat.

         

Anna Elisabeth de Noailles (1876-1933), née Bibesco Bassaraba de Brancovan, était une poétesse et romancière française d’origine roumaine, en 1897 elle avait épousé le comte Mathieu de Noailles, quatrième fils du septième duc de Noailles. Son ex-libris dessiné par Raymond Prévost (1891-1974) ) a été gravé sur bois en 1927 à Orléans. Raymond Prévost, dessinateur et peintre d’Orléans, dessina les ex-libris de nombreuses personnalités de l’époque : Georges Bataille, Paul Bourget, Aristide Bruant, Félicien Champsaur, Henri Duvernois, Alain Gerbault le navigateur solitaire, Victor Marguerite, Raymond Poincaré, Georges de Porto-Riche, Colette Willy puis Madame Colette, etc...

 

 

Septembre 2017

 

 

"Minuit et Aurore au sommet du Grand Vignemale", l’exemplaire de l’abbé Hèche, curé de Gèdre.

Le 21 août dernier un intéressant exemplaire du rare ouvrage du baron de Lassus, tiré à 50 exemplaires numérotés à la presse, "Minuit et aurore au sommet du Grand Vignemale" [Saint-Gaudens, Abadie, 1892] s’est vendu sur un site d’enchères internet. Il s’agissait de l’exemplaire N° 16, broché, avec quelques défauts à la couverture, portant la dédicace suivante : "A Monsieur l’abbé Hèche, curé de Gèdre. Respectueux hommage de l’auteur et affectueux souvenir de vingt-quatre heures passées ensemble sur le grand Vignemale et d’une messe inoubliable célébrée au sommet du pic (3298m). Bon Bertrand de Lassus".

Bertrand de Lassus, rappelle dans son ouvrage que trois jours avant cette ascensions, à l’occasion de l’inauguration de la grotte du Paradis, il avait fait célébrer deux messes au sommet du Grand Vignemale, par le R. P. Pascal Carrère, chapelain de Héas et par l'abbé Hèche, curé de Gèdre et dédicataire de cet exemplaire. Un précieux exemplaire donc, bien typé, dont le dédicataire est cité dans le texte à propos de ce pic.

 

 

Août 2017

 

 

En marge de la bibliophilie : le presse-papier d’Henri Beraldi

Nous donnons ce mois-ci les premières photographies du presse-papier d’Henri Beraldi. Cet objet qui a longtemps figuré sur son bureau de la rue de Messine, fut offert par la famille Beraldi à un bibliophile pyrénéen ami qui indiqua sa provenance sur une étiquette collée sur la face inférieure, il se transmit ensuite, de bibliophile à bibliophile jusqu’au bureau sur lequel il est de nos jours.

         

Ce presse papier est constitué d’un socle rectangulaire de marbre rouge de 18 mm d’épaisseur, 72 mm de large et 120 mm de long. La face supérieure est ornée d’une plaque de bronze à décor d’arabesques et d’une poignée de bronze très ornée de 75 mm. Il est en parfait état de conservation ; au cours de plus d’un siècle d’exitence seuls quelques angles du bloc de marbre ont été écornés.

 

 

Juillet 2017

 

 

Faget de Baure, "Essais historiques sur le Béarn" (1818) : l’exemplaire d’Hélène Standish.

Un des plus beaux ouvrages de la bibliothèque Caillau-Lamicq, qui se vendit aux enchères à l’Hôtel Drouot, le 2004 fut les "Essais historiques sur le Béarn" (1818), ouvrage posthume de Faget de Baure : un exemplaire relié en plein maroquin vert par Lefebvre, élève de Bozérian, ayant appartenu à Hélène Standish, née Pérusse des Cars (1847-1933).

       

Cet exemplaire fut vendu à Pierre Caillau-Lamicq par André Wahl, propriétaire de la Librairie des Alpes à Paris, dont il porte la petite étiquette bleue. Lors de la vente aux enchères à l'Hôtel Drouot, il n’aboutit pas dans un bibliothèque pyrénéenne ; il vient de réapparaitre sur le marché du livre et vient d’être acquis par une riche bibliothèque béarnaise, constituée avec beaucoup de goût, il figure également dans l’Exposition Trésors des Bibliothèques Pyrénéennes.

           

Hélène Standish impressionna fortement Marcel Proust qui la rencontra vers 1907, avec plusieurs autres personnalités comme Laure de Chevigné, la comtesse Jean de Castellane, le comtesse Greffulhe, elle servit de modèle pour bâtir le personnage littéraire de la comtesse de Guermantes. La célèbre scène lors d'une soirée à l’Opéra de Paris, montrant la duchesse et la princesse de Guermantes côte à côte et "s'admirant mutuellement", aurait été inspirée par la vision de Mme Standish en 1912 auprès de la comtesse Greffulhe, dans la loge où Marcel Proust était invité pour la représentation de "Sumurum".

 

 

Juin 2017

 

 

L’Exposition Virtuelle Trésors des Bibliothèques Pyrénéennes, est mise en ligne

L’Exposition Virtuelle Trésors des Bibliothèques Pyrénéennes est mise en ligne. Sur plus de 1 300 exemplaires proposés initialement par les bibliophiles et les institutions, 350 Trésors ont été sélectionnés, ce fut un long processus. Les fiches et photographies de ces Trésors seront mises en place progressivement afin de permettre aux bibliophiles d’avoir le loisir de les examiner au rythme de leur mise en ligne. Pour ceux qui regardent régulièrement notre site, la page d'annonce de l'Exposition permet de consulter directement les 20 derniers exemplaires mise en ligne. La comparaison des exemplaires retenus avec ceux qui peuvent exister dans différentes collections fera peut-être émerger de nouveaux Trésors.

Ces jours ci, diverses fonctionnalités ont été ajoutées au site des Amis du Livre Pyrénéen :

(i) Dans les fiches de la "Bourse aux livres", un petit globe bleu a été ajouté lorsque une numérisation de l’ouvrage est disponible en ligne, un clic sur ce globe permet d’accéder à la version numérisée.

ii) Dans l’Exposition Virtuelle Henry Russell, un moteur de recherche à été ajouté. Il permet une consultation plus souple de cette exposition, qui est à ce jour la plus importante réunion de documents sur Henry Russell jamais réalisée.

(iii) Dans la "Bibliothèque numérique" (Espace Club), qui comprend actuellement 706 titres et qui est augmentée régulièrement, un moteur de recherche à été ajouté. Il donne un accès facile aux exemplaires numérisés.

(iv) Dans le chapitre "Bibliophilie", une nouvelle rubrique a été rajoutée, elle est intitulée les Bibliothèques de référence. Cette rubrique est divisée en deux parties : la première concerne les Bibliothèques et bases de données internationales, la seconde présente, avec l’accord de leurs responsables qui en ont rédigé les présentations, les principales ressources bibliographiques institutionnelles des Pyrénées françaises et espagnoles (médiathèques, archives, musées, etc..). Cette seconde partie est en cours d’installation.

 

 

Mai 2017

 

 

Deux rares plaquettes sur l’Aneto et le Vignemale

Lors de la dernière vente aux enchères, le 26 avril à Toulouse, un petit lot de quatre documents a atteint un prix élevé, ce qui fit dire au Commissaire priseur qu’il devait y avoir quelque chose de rare. En effet, il y avait notamment deux petites plaquettes de toute rareté.

       

L’une était un tiré à part "Bulletin de la Société de Géographie de Rochefort" (Année 1884-1885) : "Une ascension au Vignemale", par M. Gustave Regeslsperger, avec un envoi autographe de l’auteur : "A mon ami Dubreuille, souvenirs affectueux, Gve Regelsperger", et un timbre monogramme "E. F." sur la couverture muette. Il s’agit d’une ascension au Vignemale, faite les 6 et 7 août 1884 avec les guides de Cauterets Auguste Pouydehau dit La Jeunesse, Pierre Castagné et Jean Dulmo. Dans cette plaquette de 20 pages, il est abondamment question d’Henry Russell et de ses grottes. Le texte est terminé par une abondante Bibliographie et par une note concernant les pierres foudroyées dans les Alpes.

       

L’autre était un tiré à part de la Revue de Comminges (1913) intitulé "Ascension de l’Anéto par l’Est". Ce rare récit de la quatrième ascension de l’Aneto par l’Est, réalisée le 21 septembre 1909, est signée par les cinq ascensionnistes, à savoir Jean Taillefer, Maurice, Jean et Marcel Roederer et Bertrand Couget. Un possesseur ancien a porté l’indication manuscrite "B. Couget", sur la page de titre.

 

 

Vente aux enchères de livres (Pyrénées – Pays basque) le 13 mai à Saint-Jean-de-Luz

Le 13 mai 2017 à 14 heures, à l’Hôtel des Ventes Côte Basque-Enchères (8, rue Dominique Larréa, St-Jean-de-Luz), les Commissaires Priseurs Maitres Arnaud Lelièvre et Florence Cabarrouy-Lelièvre, proposeront un ensemble d’ouvrages concernant les Pyrénées et surtout le Pays basque, avec notamment de nombreux albums de lithographies et aussi des photographies anciennes.

L’expert de la vente est Jean-François Bétis. Le montant des frais en sus des enchères sera de 21,5 % TTC.Vous pouvez télécharger le catalogue en cliquant ici.

 

 

Vente aux enchères de livres (Pyrénées) le 12 mai à Pau

Le 12 mai 2017 à 14 heures, à l’Hôtel des Ventes Gestas-Carrère (3, allées Catherine de Bourbon, Pau), seront vendus des manuscrits et livres anciens et modernes. La première partie de la vente renferme plusieurs ouvrages anciens classiques sur les Pyrénées. La seconde partie [numéros 352 à 429] concerne la vente de la bibliothèque pyrénéiste de M. Silvio Trévisan.

L’expert de la vente est Mme Cécile Perrin. Le montant des frais en sus des enchères sera de 24,5 % TTC pour les livres et 20 % pour les manuscrits. Vous pouvez télécharger le catalogue en cliquant ici

 

 

Avril 2017

 

 

Le 26 avril à Toulouse : vente aux enchères de livres pyrénéens

Le mercredi 26 avril à partir de 14h30 une vente aux enchères dans laquelle figurent des ouvrages pyrénéens aura lieu à Toulouse, Place Saint-Aubin, 3 boulevard Michelet.

Les ouvrages concernant le Sud de la France et les Pyrénées sont les lots N° 192 à 262, il y a de nombreux classiques de la littérature pyrénéenne et nombre d’entre eux concernent le Comminges. La liste des ouvrages en vente est consultable sur internet.

 

 

Un ouvrage offert par Dralet au Baron Barrairon, Directeur général de l'Enregistrement et des Domaines

De 1801 à 1833 Étienne-François Dralet (1760-1844) fut Conservateur des Eaux et Forêts à Toulouse, après avoir été successivement Administrateur du Directoire du district d’Auch, Chef de bataillon de la garde nationale, juge au tribunal civil du Gers. On lui doit les deux importants volumes de la "Description des Pyrénées" (Paris, 1813) ; outre cet ouvrage, son œuvre publiée, copieuse, comprend notamment "L’art du taupier", (Paris, An VI), "Plan détaillé de topographie suivi de la topographie du département du Gers" (Paris, An IX), "Traité des délits, des peines et des procédures en matière d’eaux et forêts" (Paris, 180), "Traité de l'aménagement des bois et forêts" (Toulouse, 1807), "Traité du régime forestier" (Paris, 1812), "Traité des forêts d’arbres résineux" (Toulouse, 1820), "Traité du hêtre" (Paris, 1824).

     

Les Pyrénées sont souvent présentes dans la plupart de ces ouvrages, c’est notamment le cas pour le "Traité des forêts d'arbres résineux, et des terrains adjacens, sur les montagnes de la France" dont un exemplaire d’hommage vient de passer en vente, il y est longuement question des Pyrénées, de leurs essences forestières et de leur déboisement pour fabriquer des mâts de navires. Cet exemplaire fut offert par Dralet au Baron Barrairon (1746-1820), Directeur général de l'Enregistrement et des Domaines de 1815 à 1820, c'est à dire qu'il dirigeait le service dont dépendait Dralet, car de 1817 à 1820 les Eaux et Forêts furent rattachées au Service des Domaines.

       

L’ouvrage est relié en plein maroquin vert sapin à grain long d’époque, avec un encadrement d’un filet et d’un pointillé autour d’une guirlande de motifs floraux sur les plats, avec des fleurs de lys aux angles, dos lisse orné de doubles filets dorés en place des nerfs, deux caissons ornés à la grotesque d'un grillage de filets ondulés, compartiment central orné de guirlandes et d’un grand fleuron représentant une fontaine ( ?), guirlande en queue, titre doré, coupes et coiffes ornées de filets sinueux, tranches dorées, frise dorée intérieure.

Dralet offrit son exemplaire dans le courant de l’année 1820, le Baron Barrairon n’en profita pas longtemps car il décédait le 5 décembre de la même année et, comme l’indique une note sous la dédicace, en avril 1821, il fut racheté par Mr Marone ( ?). On connait au moins un autre exemplaire, relié dans le même cuir avec de nombreux attributs ornementaux communs avec cet exemplaire du Baron Barrairon, ce qui laisse présager que ces reliures furent commandées par Dralet lui-même pour offrir ces exemplaires en hommage.

 

 

Mars 2017

 

 

25 mars 2017 : vente aux enchères de livres pyrénéistes à Tarbes (Hautes-Pyrénées)

Le 25 mars 2017, une vente aux enchères de livres de régionalisme pyrénéen et alpin aura lieu à l’Hôtel des Ventes Henri Adams, 22, rue du docteur Roux à Tarbes : à 14 h 30. Les ouvrages présentés concernent essentiellement le pyrénéisme, en fin de catalogue, une trentaine d’ouvrage a trait aux Alpes et aux Vosges.

Dans ce catalogue de 197 numéros figurent quatre des "Vingt Livres Pyrénéistes les plus rares" : l’édition originale du "Voyage à la Maladetta" de Franqueville, "Eaux-Bonnes et Eaux-Chaudes. Bains et Courses, Itinéraire de Pau à ces Etablissements par un Touriste" de Moreau (1841), l’édition de 1878 des "Souvenirs d’un Montagnard" de Russell dans une belle reliure d’époque de Semet et Plumelle, les "Etudes Géographiques et Excursions dans le Massif du Mont Perdu" de Schrader avec un envoi au pasteur Frossard. Le "Guide to the Pyrenees de Packe", qui est présenté  abusivement comme étant l’un des "Vingt livres pyrénéistes les plus rares", n’est pas, comme pourrait le laisser croire cette attribution, l’édition originale de 1862 mais l’édition « intermédaire » de 1864, ce qui d’ailleurs n’enlève (et n’ajoute) rien à sa rareté.

A noter aussi quelques ouvrages sur la Catalogne de Charles Ducup de Saint-Paul dont un bel ensemble fut vendu il y a quelques années à la salle des ventes de Pau, le 26 juin 1999 [consulter à ce sujet le beau catalogue rédigé par B. Hauvette : Succession de Monsieur Ducup de Saint Paul de Carsalade et Bibliothèque pyrénéenne de M. X...]. Les frais et taxes en sus des enchères seront de 21 % TTC.

 

 

H. Castillon d’Aspet (1874) : un rare ouvrage sur la chasse en Navarre

Un exemplaire de "Los paramientos de la caza par Don Sancho le Sage, roi de Navarre, publiés en l'année 1180" [Paris, Goin, 1874], que son auteur dédia au baron Marc de Lassus, vient d’être acquis en Suisse. Dans sa "Bibliographie sur la chasse," Thiébaud, qui est avare du qualificatif, qualifie l’ouvrage de rare ; effectivement c’est le second exemplaire a être connu en mains privées, le Catalogue Collectif de France répertorie seulement 2 exemplaires : l’un à la BnF, l’autre à la BU de Lettres de Pessac ; à l’étranger, un exemplaire est localisé à la Bibliothèque de la Real Academia Española (Madrid) et un autre à la Yale University Library (New Haven, USA).

   

Cet ouvrage, présenté par H. Castillon d'Aspet comme la première publication d'un manuscrit conservé aux Archives de Pampelune, serait le plus ancien traité occidental sur la chasse. Les premiers doutes sur l’authenticité du texte furent soulevés dès 1877 par José Gutiérez de La Vega ["Alfonso XI, Libro de la Monteria", Madrid 1877, T. II, pp. VIII et suiv.] qui ne retrouva pas le texte original et ne put jamais obtenir de Castillon d’Aspet l’original de la copie qu’il en disait avoir faite en 1836 à Pampelune. Quelques années après, A. Brutails émit les mêmes doutes dans la "Nouvelle revue historique de droit français et étranger" [1884, Vol. 8, pp. 567-571]. Il a été amplement démontré depuis que cet ouvrage est une supercherie littéraire que Castillon d’Aspet a montée en réunissant notamment des fragments des "Fueros" de Navarre, du "Livre de la Chasse de Gaston Phébus", etc.., mêlant des éléments et des personnages des XIIe et XIVe siècles (!!) ; sans la moindre vergogne, il n'hésita pas à dédier cette supercherie au Baron Marc de Lassus. Ce texte illustre bien le crédit plus que relatif qu'il faut accorder aux ouvrages de cet auteur.

     

L’exemplaire qui vient de passer en vente a des origines prestigieuses, il avait été offert par le Baron Marc de Lassus au Baron Dunoyer de Noirmont (1816-1896), auteur de la plus importante histoire de la chasse en France : "Histoire de la Chasse en France, depuis les temps les plus reculés jusqu’à la Révolution" [3 vol., 1867-1868]. L’ouvrage passa ensuite dans la Bibliothèque du comte Greffulhe, en effet la reliure à la du Seuil en plein maroquin vert avec des têtes de cerf en écoinçons est caractéristique des reliures que Petit successeur de Simier réalisait pour les ouvrages cynégétiques du comte Henry Greffulhe (1848-1932), lequel, rappelons le, servit de modèle à Marcel Proust pour le personnage du duc de Guermantes dans la Recherche du Temps Perdu. Le Baron Greffulhe pratiquait la chasse à courre et à la chasse à tir dans son château de Bois-Bourdan près de Melun, il réunit une importante bibliothèque, dont beaucoup d’ouvrages cynégétique, qui fut vendue partiellement le 9/12/1937 à la Galerie Charpentier par Maitre Etienne Ader.

 

 

Février 2017

 

 

Les "Fragmens d'un voyage Sentimental et Pittoresque dans les Pyrénées" (1789) au monogramme de Saint-Amans

Un précieux exemplaire des "Fragmens d'un voyage Sentimental et Pittoresque dans les Pyrénées" (Metz, 1789) vient d’entrer dans la déjà riche bibliothèque d’un érudit bibliophile pyrénéen. Ce volume, comprend outre les "Fragmens d'un voyage Sentimental et Pittoresque" avec les corrections de l’auteur, la "Lettre de M. de Saint-Amans, à M. Malte-Brun… sur l'origine des Boiens" [Paris, 1812], le "Voyage agricole, botanique et pittoresque, dans une partie des Landes de Lot et Garonne, et de celles de la Gironde" [Paris 1812] et un extrait de revue de 1818 contenant la "Suite du Voyage agricole, botanique et pittoresque, dans une partie des Landes." Bref, un regroupement de ses œuvres que Florimond Boudon de Saint-Amans avait l’habitude de réaliser.

      

Ce bel ensemble est dans une reliure pleine basane époque exécutée vers 1820, à dos très orné de motifs dorés avec une pièce de titre de cuir rouge, un large encadrement sur les plats avec fleurons d’angles et au centre des plats le monogramme "SA" caractéristique des ouvrages de la Bibliothèque de l’auteur. Malgré des ors en partie effacés sur les plats, un exemplaire séduisant avec une provenance remarquable. Signalons que l’on connaît un autre exemplaire au chiffre de Saint-Amans, relié avec d’autres plaquettes du même auteur, avec toujours des corrections autographes, et, dans ce cas, son monogramme répété au dos de l’ouvrage, cet exemplaire ayant été relié plus précocement vers 1790 [Voir sa photographie à la rubrique de Janvier 2014].

         

Les  photographies ci-dessus permettent de comparer les corrections manuscrites de la page 51, la photographie de de la page complète est celle de l’exemplaire qui vient de passer en vente, à sa droite sont les notes manuscrites des deux exempalires cités. Il ne s’en était pas vendu d’exemplaire complet des IV pages d’"Avertissement" depuis vingt ans (septembre 1996), en effet, les deux exemplaires vendus depuis cette date (2010 et 2011) étaient incomplets des IV pp. A noter également, que cet exemplaire n’était pas connu lors de la réalisation de l’enquête sur "les Vingt Livres Pyrénéistes les plus rares", ce n’est qu’aujourd’hui qu’il refait surface après avoir été dispersé avec la bibliothèque de Saint-Amans

 

 

Le permis de chasse (1882) du pyrénéiste Roger de Monts (1850-1914)

Le permis de chasse de Roger de Monts pour l’année 1882 vient d’être retrouvé. Ce pyrénéiste gersois habitait le château de Bellegarde près de Masseube dans le Gers, il a réalisé de nombreuses premières ascensions hivernales dans les Pyrénées (Néthou, Pic de Valibierna, Posets, Munia, Néouvielle, etc.). Son exploit le plus célèbre étant la première ascension du couloir de Gaube en compagnie de son compatriote Bazillac, de Brulle et des guides Célestin Passet et Bernat-Salles (7 août 1889).

     

Ce permis de chasse, un document de dimensions importantes (41,5 cm de haut et 33,7 cm de large), donne les caractéristiques physiques de R. de Monts à l’âge de 32 ans : 1, 70 m, cheveux : noirs, front : découvert, sourcils: noirs, yeux : châtains, nez : long, bouche : moyenne, barbe : noire, menton : rond, visage : ovale, teint : brun. Il faut comparer cette description administrative avec le portrait que nous reproduisons ici, provenant de l’article de Gabriel Laplagne Barris intitulé "Deux gersois pyrénéistes : Roger de Monts et Jean Bazillac", publié dans la "Revue de Comminges" en 1974, dont nous donnons aussi un extrait concernant le devenir du château de Bellegarde après le décès de Mme de Monts.

   

G. Laplagne-Barris y regrette qu’après la mort de sa femme en 1936 "tous les souvenirs du château de Bellegarde, ceux du général de Monts, les carnets de courses du comte Roger… tous cela a été la proie des brocanteurs, tout a été vendu, dispersé et tout a disparu". Quelques documents ressurgissent depuis deux ou trois ans dont, aujourd’hui ce permis de chasse. Reste posée la question du devenir des collections, pyrénéistes ou pas, après le décès de leur propriétaire, question qui s’est souvent posé lors de notre recension des "Trésors des Bibliothèques Pyrénéennes", et montre clairement qu'il n'existe pas de "meulleure solution", lorsqu'ils sont acquis par des bibliophiles les documents sont très souvent, mais pas toujours, protégés et même restaurés ; lorsqu'ils aboutissent dans des institutions  il en va souvent de même, mais là aussi leur degré de sécurisation et de conservation, dépend grandement du sérieux et des compétences des lignées de responsables successifs.

 

 

Janvier 2017

 

21-22 janvier 2017 : Salon du Livre Ancien de Bordeaux

Les samedi 21 et dimanche 22 janvier 2017, le 12e Salon du Livre Ancien se tiendra dans la Salle Capitulaire et sous les arcades de la superbe cour Mably (rue Mably) de 10h à 19h. Ce Salon, dont l’entrée est libre, regroupera une trentaine de libraires professionnels venus de toute la France qui présenteront des livres anciens et contemporains, des gravures, des photographies, des autographes et des vieux papiers.

La gamme des livres présentés est large, elle s’adresse à un large éventail de bibliophiles et de curieux, et va du livre à quelques euros aux ouvrages rares de haute bibliophilie. Ce salon est organisé par le Syndicat National des Bouquinistes et Brocanteurs et par l’association Les Amis du Livre Ancien et Moderne avec l’aide de la Ville de Bordeaux.

Décembre 2016

 

Le rare "Reise in den Pyrenäen" de Parrot (1823) : exemplaire d’un Archiduc d’Autriche puis de l’Ordre Teutonique

Un bibliophile vient de découvrir chez un libraire de Munich un exemplaire du "Reise in den Pyrenäen" de Parrot (1823) avec une provenance exceptionnelle dont il a su déchiffrer les marques d’appartenance avec une grande dextérité.

Cet exemplaire en parfait état, relié en demi-basane blond époque, porte au dos le monogramme A. V., l’ex-libris de la Bibliothèque d’Eulenberg au premier contreplat et, sur la page de titre, le timbre humide de cette même bibliothèque. L’ex-libris, postérieur à la reliure, est signé E. Krahl le héraldiste Ernst August Krahl (1858-1926), lequel fut chargé de dessiner et peindre les blasons de la cour impériale à partir de 1891 ; l’ex-libris représente le château d’Eulenberg et porte au coin inférieur droit les armes de Grand-maître de l’Ordre Teutonique. L’Ordre Teutonique ou Ordre des Chevaliers Teutoniques est un ordre militaire fondé au XIIe siècle.

      

La forteresse d’Eulenberg se situe en Moravie, en République Tchèque, son nom tchèque est Sovinec, au début du XVIIe siècle, elle fut donnée à l’Ordre Teutonique par l’Archiduc Charles d’Autriche Grand-maître de l’ordre de 1619 à 1624 et devint résidence officielle des grands-maîtres, son importante bibliothèque contenait environ 20 000 volumes. Le timbre humide orné de la croix de l’Ordre Teutonique, porte la mention d’appartenance à un Grand-maître et Grand-commandeur allemand de l’Ordre Teutonique "Hoch – Und Deutschmeisterische Bibliothek Eulenburg".

       

Ces éléments joints au monogramme "A.V.", montrent que l’exemplaire a d’abord appartenu à l’Archiduc d’Autriche Antoine Victor de Habsbourg-Lorraine (1779–1835), 8ème fils de l’Empereur du Saint-Empire Léopold II et de Marie-Louise de Bourbon, infante d’Espagne. Il fut élu archevêque de Cologne et prince-évêque de Münster, il fut vice-roi du royaume de Lombardie-Venise de 1816 à 1818. Donnée importante pour ce qui est de la transmission de cet exemplaire, Antoine Victor fut Grand-maître de l’Ordre Teutonique de 1804 à 1835 ; cet exemplaire du Parrot se transmit ensuite aux autres Grands-maîtres dans la Bibliothèque du Château d’Eulenberg, l’ex-libris a probablement été réalisé lorsque Eugène Ferdinand, Archiduc d'Autriche (1863-1954) en fut le Grand-maître civil de 1894 à1923.

Cet ouvrage qui est des "Vingt Livres Pyrénéistes les plus rares" est l’un des quatre exemplaires connus détenus en mains privées, c’est dire en peu de mots, la remarquable opportunité de cet achat.

 

 

Un manuscrit du Voyage dans les Hautes-Pyrénées par le comte de Marcellus

Le 29 octobre dernier, un intéressant manuscrit Auguste Demartin du Tyrac, comte de Marcellus a été vendu à l’Hôtel Drouot par la maison des ventes aux enchères Ader. Il était constitué de 3 cahiers cousus in-8° et d’un cahier cousu petit-in-4° avec quelques feuillets intercalaires et quelques feuillets blancs.

Ces petits cahiers ont pour titres respectifs : "Œuvres de Marie-Louis-Auguste Demartin Marcellus. Tome troisième. Idylles" (89 pp.) ; "Œuvres de Marie-Louis-Auguste Demartin Marcellus. Tome quatrième. Voyage aux Pyrénées en 1804" (72 pp.) ; "Essai sur un voyage fait de Cauterèts au Lac de Gaube dans les Pyrénées le 12 août 1805. Voyage au Lac de Gaube" (11 pp.), et enfin : "Idylles", 1811 (94 pp.).

De nombreuses pièces de vers pyrénéennes sont dispersées dans les Idylles (Bagnères, Argelès, etc…) et deux cahiers sont constitués de textes très spécifiquement pyrénéens. Il faut noter que le texte en prose et en vers du "Voyage aux Pyrénées" est très sensiblement différent de l’ouvrage que Marcellus publiera en 1826 sous le titre de "Voyage dans les Hautes-Pyrénées" ; le manuscrit vendu à Drouot comprend 13 chapitres : Pau, Tarbes, Bagnères et ses environs, Médoux, Campan et sa marbrière, le Liéris, Ourdinsède, Lourdes, Argelès, Cauterêts, Luz, Saint-Sauveur, Gavarnie, Barèges, le Tourmalet, Trames-Aïgues, Bagnères de Luchon, etc. Bref, un intéressant et important ensemble pour une belle bibliothèque pyrénéiste

 

 

Novembre 2016

 

 

24 novembre : vente de la Bibliothèque Du Pré de Saint-Maur à Paris

Le 24 novembre 2016, à 14h30, la maison de vente aux enchères Piasa dispersait la belle bibliothèque de Du Pré de Saint-Maur, consacrée aux voyages ; le catalogue était intitulé "Images et paysages d’Europe et d’Orient" ; la vente avait lieu 118, rue du Faubourg Saint-Honoré à Paris.

           

Cette Bibliothèque comprenait de fort beaux livres à planches consacrés à divers pays d’Europe et à l’Orient, parmi lesquels une large quinzaine de plus ou moins rares albums sur les Pyrénées ; tous leurs  prix sont indiqués dans la "Bourse aux Livres" dans les rubriques "Actualités" de ce même site.

Les prix de la majorité des ouvrages, quels que soient leurs thèmes, furent très souvent inférieurs à l’estimation basse de l’expert ; dans beaucoup de cas ils n’atteignirent que 70 à 80 % de cette estimation basse ; seuls quelques uns la dépassèrent. Pour les Pyrénées signalons qu'un fort bel exemplaire de luxe de "Scenery of the Pyrenees" d’Oliver, remarquablement aquarellé fut adjugé 8 500 €, le "Languedoc" des "Voyages pittoresques et romantiques dans l’ancienne France" de Taylor et Nodier, relié en quatre volumes  en demi maroquin rouge à long grains de l'époque atteignit péniblement 2 000 € ; un exemplaire complet des deux parties des "Souvenirs des Pyrénées" de Jacottet  se vendit 1 400 € alors que la première partie seule, en beau coloris d’époque, se vendit 3 400 €.

 

 

Octobre 2016

 

 

Des ouvrages pyrénéens sur la chasse vendus chez Sotheby’s (Paris)

Le 5 octobre la Bibliothèque Cynégétique du Verne, était vendue chez Sotheby’s, rue du Faubourg Saint-Honoré, pour prix total qui avoisina les deux millions d’euros. Cette célèbre bibliothèque fut constituée, sur plus de 150 ans, par trois générations de bibliophiles chasseurs : Joseph du Verne, officier à la Belle Epoque ; son fils Pierre du Verne, polytechnicien, industriel, maître d’équipage du Rallye-Pique-Avant Nivernais, beau-frère du marquis de Roualle, l’un des plus grands fusils de son époque ; ensuite Nicolle du Verne-Bernis, qui pratiqua la chasse et la reliure, elle compléta la bibliothèque avec son mari le comte Charles de Pierre de Bernis, grand fusil, membre de la Société des Bibliophiles François et son secrétaire pendant 15 ans. Les exemplaires provenaient souvent des plus grandes collections : baron Pichon, Schwerdt, Auguste Veinant, baron de Lassus, Grandjean d'Alteville, etc.

Parmi les merveilles concernant la région pyrénéenne nous remarquerons l’édition originale du "Livre de la Chasse" de Gaston Phébus [Paris, Vérard, 1507], dans une superbe reliure de Chambolle-Duru, en plein maroquin rouge, dos à nerfs, avec doublure de maroquin vert encadrée d’une dentelle dorée, gardes de papier ancien à la colle, deux filets sur les coupes, tranches dorées, cet exemplaire avait figuré dans la Bibliothèque de Hyacinthe-Théodore Baron (1707-1787) puis au "Bulletin Morgand" en 1895. Le prix de vente atteint la somme de 542 875 € avec les frais.

La troisième édition du même ouvrage [Paris, Philippe Le Noir, 1525], toujours relié par Chanbolle-Duru, en plein maroquin rouge janséniste, dos à nerfs, dentelle intérieure, deux filets sur les coupes, tranches dorées, provenant de la célèbre Bibliothèque Cynégétique Schwerdt, fut vendu 50 500 € avec les frais.

 

Pour en venir à des prix plus abordables, signalons un très bel exemplaire de "La Chasse aux Palombes, par Messire Henry d'Andichon, curé archiprêtre de Lembeye" [Pau, 1875], finement relié en plein veau blond glacé, dos à nerfs, compartiments ornés de fleurons, pièces d’armes de Schwerdt en pied, pièces de titre et d’auteur de maroquin vert, trois filets encadrant les plats, dentelle intérieure, couverture conservée, non rogné, tête dorée, avec un envoi de Pascal Lamazou : "A Madame le Comtesse Aldebert de Chambrun. Hommage respectueux du ténor béarnais Pascal Lamazou, Paris 1er Janvier 1876", et, autre précieuse provenance, l'ex-libris armorié de Schwerdt au premier contreplat. Fort intéressant exemplaire, car le ténor Pascal Lamazou édita des recueils de Noëls béarnais, tout comme d’Andichon et des chansons basques et béarnaises ; dans son recueil de "Chants pyrénéens" [1869], il avait déjà dédié une chanson : "Air basque de Garat recueilli par Pascal Lamazou", intitulé "Irulia" [La Fileuse], "A Madame la Comtesse Aldebert de Chambrun". La dédicataire de cet exemplaire est Marie Jeanne Godard-Desmarest (1827-1891), épouse de Joseph Adelbert Pineton Comte de Chambrun, député de la Lozère pendant quatre législatures de 1853 à 1876. Marie Jeanne Godard-Desmarest était née à Baccarat en Meurthe et Moselle, elle était la fille d’Emile Aristide Godard Desmarest, administrateur honoraire des Cristalleries de Baccarat et de Anne-Clarisse Labourdette. L’exemplaire a atteint la somme de 1 600 € adjugés (2 020 € avec les frais).

A signaler enfin une rare plaquette imprimée à Toulouse en 1600, inconnue des bibliographes de la Chasse, dont on connaît un seul autre exemplaire conservé à la Bibliothèque Municipale de Lyon : "Edict du Roy, contenant le règlement que sa Majesté veut estre gardé pour le faict de la Chasse. Avec révocation du pouvoir que Sa Majesté a cy devant accordé à certains de porter armes à feu". L’exemplaire passé en vente chez Sotheby’s est relié par Gruel en plein maroquin bleu-nuit, dos à nerfs, compartiments de filets à froid, trois filets à froid encadrant les plats, bordure intérieure dorée rehaussée de fleurons et rinceaux, deux filets dorés sur les coupes, tranches dorées, il provenait originellement de la vente de la Bibliothèque de Lassus [catalogue 1955, N° 105], avec l’ex-libris armorié du Baron Marc de Lassus, son prix : 600 euros adjugés, soit 757 euros avec les frais. Rappelons que beaucoup d’ouvrages de la Bibliothèque de Marc de Lassus étaient relies par Gruel.

 

 

22 et 23 octobre : XXe Salon du Livre ancien et moderne de Bordeaux (33)

Les samedi 22 et dimanche 23 octobre 2016, le 20e Salon du Livre ancien et moderne de Bordeaux, se tiendra sous les voûtes de la superbe Halle des Chartrons, place du Marché des Chartrons, de 10 h à 19 h ; il regroupera une trentaine de Libraires venus de toute la France ; l’entrée est libre.

                                              

Ce rendez-vous est l’une des manifestations les plus importantes concernant le livre ancien dans le Sud-Ouest de la France, les amateurs pourront y trouver des ouvrages rares et curieux dans tous les genres : livres anciens, illustrés, ouvrages documentaires, bandes dessinées, belles reliures, aussi bien que des gravures, des photographies ou des vieux papiers. L’édition 2016 du Salon rendra hommage à Léo Drouyn (1816-1896), architecte, archéologue, peintre, dessinateur, graveur dont l”oeuvre est principalement consacrée à la Guyenne.

Ce Salon est organisé par l’Association ALAM (Les Amis du Livre Ancien et Moderne) en partenariat avec l’Association Bordeaux Quinconces et la Fête de la Brocante et du Vin nouveau de la rue Notre-Dame.

 

 

12 octobre : vente d’une partie de la Bibliothèque A. Bourneton à Toulouse

Le mercredi 12 octobre à 14h30 une partie de la Bibliothèque A. Bourneton sera dispersée par la Maison de Ventes aux Enchères Primadeco, 14, rue du Rempart Saint-Etienne, à Toulouse. Le catalogue, dressé par l’expert Roger Roques, comprend 246 numéros consacrés aux ouvrages pyrénéens : pyrénéisme, histoire, géologie, littérature, thermalisme.

A noter deux des "Vingt Livres Pyrénéistes les plus rares" : l’édition originale des "Souvenirs d’un Montagnard" (1878), avec un envoi autographe d’Henry Russell (nom du dédicataire coupé) dans un demi-maroquin rouge à coins de Gauché et l’édition originale du Moreau : "Eaux-Bonnes et Eaux-Chaudes" [1841] dans une bonne reliure postérieure. Pour la partie historique, signalons la très rare plaquette intitulée "La victime de l’amour conjugal ou Histoire récente d’une jeune femme trouvée entièrement nue sur les hautes montagnes du canton de Vicdessos" [Toulouse, 1841]. Les frais en sus des enchères, payables par les acheteurs, sont de 23,5 % TTC.

 

 

Septembre 2016

 

 

Rare récit de voyage d’un écossais dans les Pyrénées (Edinburgh, 1907)

Un bibliophile très au fait de la littérature pyrénéiste, dont les recherches sont aussi passionnées que fructueuses, vient de découvrir un très rare récit de voyage dans les Pyrénées écrit par un écossais : Robert Wilfrid Stevenson. Ce petit in-8° de 82 pages imprimé sur vergé, est apparemment une édition privée dont le page de titre porte : "A Holiday in the Pyrenees in 1906. Edinburgh, Printed for Private Circulation, 1907" ; il est imprimé par "T. and A. Constable, printers to His Majesty at the Edinburgh University Press". L’exemplaire qui vient d’être acquis, relié pleine percaline ivoire avec titre doré sur le plat supérieur et sur le dos, est numéroté à la main par l’auteur: c’est l’exemplaire N° 3 avec un envoi à un J. L. Stevenson [un de ses parents ?].

     

Ce récit est bien dans la tradition britannique, nous écrit son découvreur, c'est-à-dire avec le guide Baedecker en main. Son itinéraire avec son ami Keith est des plus classiques: Biarritz avec excursion à Fuenterrabia, Lourdes, Cauterets, puis Luchon via Barèges, Campan, Bagnère-de-Bigorre (en voiture), Tarbes et Montréjeau (en train). Il faut citer les ascensions du Col de la Héougade et du Vignemale avec Dominique Bordenave neveu; puis du Mont Perdu avec Jean Trescazes et enfin de l'Aneto avec Bertrand Courrège et Bernard Salle ; l’ascension du Cabaliros étant faite sans guide. A noter une étonnante partie de golf à Gavarnie, et la rencontre, à la Brèche de Roland, de Féodor de Tchihatchef le fils du vainqueur de l'Aneto qui s'en allait chasser avec ses quatre guides.

Aucun exemplaire de cet ouvrage n’est référencé au "Catalogue Collectif de France" ; au niveau mondial, le "WorldCat" n’en répertorie que trois exemplaires : à la British Library (London), à la National Library of Scotland (Edinburg) et à la University of Strathclyde Library (Andersonian Library, Glasgow). Aucune référence directe ou indirecte à cet ouvrage, n’apparaît dans la littérature pyrénéiste. Bref, une nouveauté dans le domaine pyrénéiste et une rareté.

 

 

Août 2016

 

 

Une Bibliographie (hors-commerce) des Picos de Europa

Il est rare que dans ces Actualités nous traitions de livres neufs ; nous ferons une exception pour un ouvrage qui vient de paraître, intitulé "Bibliografia de los Picos de Europa". Il s’agit d’une Bibliographie fort complète sur cette région qui prolonge la chaine pyrénéenne ; elle représente un travail considérable et original, précédé d’une Préface dans lequel l’auteur fait un point de la Bibliographie du domaine pyrénéen. Cette Bibliographie recense tous les textes, livres ou articles, parus sur les Picos (montagne, faune, flore, tourisme, histoire,…) depuis les origines à nos jours, soient 220 pages d’un texte serré et sans fioritures.

     

Bref, une mine de renseignements précieux à consulter absolument. Son auteur, Luis Aurelio Gonzalez Prieto, docteur de l’Université d’Oviedo, est le meilleur spécialiste actuel des Picos de Europa. On lui doit un ensemble conséquent d'ouvrages sur cette région ; à côté des titres historiques ou politiques, nous distinguerons plus particulièrement son "Historia del montañismo en los Picos de Europa", et de nombreux guides de montagne ou de haute randonnée dans les Picos, les Cordillères espagnoles, l’Aragon, le Mont-Blanc, etc..

Une autre caractéristique de cette excellente "Bibliografia de los Picos de Europa" est qu’elle n’a été tirée qu’à 28 exemplaires, tous hors-commerce, signés et numérotés par l’auteur, destinés à être offerts aux amis de l’auteur : "La Bibliografia de los Picos de Europa se trata de un libro no vénal...", annonce la première page. Que les passionnés des Picos de Europa se rassurent, ils pourront consulter cette Bibliographie actualisée en permanence sur Internet en cliquant ici, ou même la télécharger en cliquant ici.

 

 

Camille Braylens : Croquis Pyrénéens, Cauterets [La Réole, 1867]

Un de nos membres nous envoie les photos d’un petit ouvrage sur Cauterets dont il vient de faire l’acquisition. Il s’agit de "Croquis pyrénéens, Cauterets", publié en 1867 à La Réole (Gironde), par le banquier Camille Braylens, qui fut aussi Conseiller Général de ce canton de 1871 à 1874.

Ce petit ouvrage de 80 pages, peu commun, relate des souvenirs très vivants d’un séjour à Cauterets et des promenades aux alentours. Il est également question de Luz, Saint-Sauveur, Lourdes et Bagnères-de-Bigorre. A noter un fort intéressant chapitre sur l’arrivée et le séjour des fils d’Abd-el-Kader à Cauterets [Chapitre V]. Cet exemplaire est dans une reliure pleine percaline ardoise éditeur avec des plats ornés à froid, un titre doré au dos et sur le plat supérieur ; cet état est rare car la plupart des exemplaires connus sont brochés.

        

Trois exemplaires seulement sont répertoriés au Catalogue Collectif de France, on pourra les consulter aux Archives Départementales des Hautes-Pyrénées (Tarbes), ou encore dans les Bibliothèques Municipales de Toulouse (rue du Périgord) et de Bagnères-de-Bigorre (Fonds Edouard Privat).

On doit aussi à Camille Braylens, un ouvrage plus conséquent : "Un pied en Espagne. Guipuzcoa" [In-8°, 103 pp.], publié en 1865 chez Feret à Bordeaux ; il y est question de Fuenterabia, Irun, San Sebastian, Hernani, Tolosa, Saint-Jean-de-Luz, Bayonne et Arcachon. L’année suivante, il publia toujours à Bordeaux : "A propos d’Un Pied en Espagne. Lettre à un ami" ; texte de dix pages adressé à Monsieur Henry Maret, rédacteur du Charivary.

 

 

Juillet 2016

 

 

Charles de Salverte : la chasse à Pau à la fin du XIXe siècle

Les grands classiques de la chasse pratiquée par les anglais à Pau à la fin du XIXe siècle, sont dus à Charles de Salverte, ou plus exactement Charles Marie Joseph de Baconnière de Salverte (1859-1927) qui signait du pseudonyme Thya Hillaud ; il s’agit de "Leicestershire in France, or the Field at Pau" [Paris 1907] et de "Notes brèves sur la Chasse du Cerf d'escape à Pau" [Paris, 1907] que nous avons signalé dans la chronique précédente.

Le frontispice de ce dernier, fort intéressant, reproduit un tableau d’Allen Seal, au dessous duquel sont dessinés les personnages stylisés avec leur localisation dans le tableau et un numéro qui renvoie à leur identification. Un superbe exemplaire de cet ouvrage, vendu aux enchères à Drouot il y a quelques temps, portait, sur le mors supérieur, un spectaculaire superlibris représentant un cavalier antique avec cape et arc sur un cheval cabré, légendé : Ed io anche cantava l'Amore ; le fer étant signé G. Ripart. Ce même super-libris, non identifié figura aussi sur deux autres ouvrages vendus aux enchères ces dernières années : "La Cynégétique d'Arrien, dit Xénophon le Jeune. Traduit et commenté par Tya Hillaud" [Compiègne, 1909] et sur l’exemplaire unique tiré sur grand vélin De La Rue de "La main enchantée de Gérard de Nerval", illustré par Daragnès [Pichon, 1920]. Les experts des ventes étaient muets sur sa provenance.

            

C’est le bibliophile d'Eure et Loir, expert en ex-libris, Jacques Laget, qui nous en a indiqué l’origine, il s’agit du super-libris gravé pour Charles de Salverte ; les "Notes brèves sur la Chasse du Cerf d'escape à Pau" que nous reproduisons ici était donc l’exemplaire que fit relier son auteur. A noter que Charles de Salverte possédait aussi deux ex-libris papier, l’un [75 x 52 mm] gravé par Georges Alfred Ripart (1971-1935), l’autre [ 90 x 54 mm] par Gardella. On peut s’interroger sur l’origine de ce super-libris : on en retrouve l’épigraphe italienne au début de la dédicace au comte René de Songeons, imprimée dans "Essai sur la Chasse du Daim par Thya-Hillaud" : "Ed io anche cantava l’amore… Et moi aussi, je chanterai mes amours, c’est-à-dire la chasse, et en particulier la chasse au Daim, que nous pratiquons ensemble depuis déjà pas mal d’années en forêt de Compiègne […]. Ton vieux compagnon de vénerie, Thya Hilaud". Cette épigraphe, semble être depuis longtemps dans la famille car elle figure comme telle sur la page de titre d'un ouvrage publié par un des arrière grand-oncles de Charles de Salverte, Anne Joseph Eusèbe Baconnière de Salverte : "Romances et Poésies érotiques" [Paris, Honnert, Morin, An VII], titre et thème auxquels la formule semble mieux adaptée.

            

D’autre part, le même cheval cabré sert de lettrine dans un ouvrage de dessins publié par G. Ripart en 1909 [La "Chapeau de la femme à la chasse", Paris, 1909], dont la Préface est signée Thya Hillaud, la seule différence avec le super-libris est que le cavalier de la lettrine, toujours assis sur une peau de bête, brandit son arc à bout de bras. Quand à la signification du pseudonyme adopté par Charles de Salverte pour signer ses ouvrages cynégétiques, l’auteur lui-même précise que "Thya hillaud" est un vieux mot français, à l’origine de "Tayaut" et "Tally ho".

 

 

Les livres pyrénéens dans les grandes bibliothèques cynégétiques

Les livres anciens de chasses pyrénéennes ne sont pas très nombreux et généralement rares car ils intéressent un double public : les pyrénéens et les très actifs chasseurs bibliophiles. Parmi les bibliothèques cynégétiques prestigieuses, on peut citer celles de Huzard, de Mottin de La Balme, d’Offemont et Gallice, la "Bibliotheca Tiliana" qui était celle de Max Linder, les bibliothèques Mouchon, Philippe Clément, Marcel Jeanson, superbe bibliothèque dont les derniers ouvrages se vendirent en 2005.

Au cours de notre exploration des bibliothèques dans le cadre de la préparation de l’exposition "Trésors des Bibliothèques Pyrénéennes", nous avons retrouvé quelques ouvrages de chasse sur les Pyrénées, qui après avoir figuré dans de grandes bibliothèques cynégétiques, sont revenus dans les régions pyrénéennes. Il s'agit surtout  de la "Chasse à l'Izard. Glaciers du Balaïtous. Souvenirs et Impressions" [1902] de J. et J. Peyrafitte, de "Cauterets, Hautes-pyrénées, Chasses, Excursions" [1897] par A. Meillon et des "Notes brèves sur la Chasse du Cerf d'escape à Pau" [1907] de Charles De Salverte. Pour l’instant, seuls cinq type de marques de bibliothèques cynégétiques ont été retrouvés sur ces ouvrages.

Le plus ancien ex-libris est celui d’Aimé Mottin de La Balme (1865-1935), dessiné par P. Malher, gravé sur eau-forte par Antoine Monnier, cette vignette de 50 x 56 mm représente un chien tenant dans sa gueule une bécasse. Louis-Aimé Mottin de La Balme, était issu d'une famille bourgeoise du Charolais et de Bretagne, ancien élève de l'Ecole des Chartres, bibliophile, châtelain de Alunay-Guen, Saint-Verguet et Correc, il épousa à Marie Adèle "Jeanne" Lague de Salis (1872-1962) ; il fut fait comte romain par un bref du pape Pie XI de 1922 ; par décret du 25 février 1930 il devint légalement Mottin de La Balme et fit alors ajouter ses armes [trois molettes d’éperon d’or accompagnées en cœur d’une coquille d’argent] surmontées d’une couronne de comte au dos de ses reliures. Sa bibliothèque (vénerie, noblesse, chasse) a été vendue en 1964. Il possédait plusieurs types d’ex-libris, celui que nous reproduisons ici étant réservé à sa bibliothèque cynégétique, les autres étant des ex-libris armoriés.

           

Une autre bibliothèque cynégétique célèbre est la "Bibliotheca Tiliana", qui appartenait à l’allemand Kurt Lindner, lequel est notamment l'auteur de la "Bibliographie der deutschen und der nierderländischen Jagdliteratur von 1840 bis 1850" [1976, in-4°, XXII pp., 838 col., 220 ill.]. Sur sa bibliothèque cynégétique on peut lire : "Bibliotheca Tiliana, Alte Jagdbücher aus aller Welt. Ausstellung aus der Bibliothek Kurt Lindner in der Herzog August Bibliothek Wolfenbüttel" [1977] ; et le catalogue richement illustré de sa bibliothèque vendue du 5 au 23 Mai 2003 : "Bibliotheca Tiliana, Jagd Bibliothek Kurt Lindner," consacré aux ouvrages cynégétiques en allemand et étrangers. Ses ouvrages portaitent l’ex-libris doré collé au premier contreplat, plus le timbre humide "Bibliotheca Tiliana", apposé à la fois au dos du titre et à la denière page des ouvrages.

           

A noter que l’on connaît un exemplaire de "Chasse à l'Izard. Glaciers du Balaïtous. Souvenirs et Impressions" [1902] de J. et J. Peyrafitte, possédant un superbe pedigree puisqu'il a appartenu successivement à la bibliothèque Mottin de la Balme, qui le fit relier, puis à la "Bibliotheca Tiliana" de Kurt Lindner. L’ex-libris et les armes du premier figurent aussi sur un ouvrage de sciences naturelles pyrénéennes : "Le Desman des Pyrénées" [1891] d’Eugène Trutat.

  

L’ex-libris de Philippe Clément (1922-2002), dessiné par le célèbre peintre animalier Georges Frédéric Rötig figure sur un rare exemplaire de "Notes brèves sur la Chasse du Cerf d'escape à Pau" [1907] de Ch. de Salverte, superbement relié en demi-maroquin à cois, tête dorée. Philippe Clément, chasseur et bibliophile, a multiplié les présidences dans diverses structures concernant les Travaux publics, leur liste occupe une demi-page du "Who’s Who", il était membre du très select "Cercle du Bois de Boulogne" et Président d'honneur du non moins sélect "Automobile Club de France".

       

L’ex-libris de la bibliothèque cynégétique de Pierre Mouchon, le continuateur de Thiébaud avec son "Supplément à la Bibliographie des ouvrages Français sur la Chasse de J. Thiébaud" [1953], représente des armoiries avec au dessous le motto "Cave Muscam Pungit" [traduction : "Méfiez vous des piqûres de mouche"]. A titre plus anecdotique, signalons le curieux ex-libris en couleurs de Josep Monés i Roberdeau (1918-1994) joailler catalan, bibliophile et chasseur, réalisé en mémoire de son chien Chorni, un basset à poil court "vaillant et grand chasseur".

 

 

Juin 2016

 

 

24 juin 2016 : vente aux enchères de dessins, livres, photographies à Tarbes (Hautes-Pyrénées)

Le 24 juin 2016, une vente aux enchères de photographies, dessins et livres de régionalisme pyrénéen, aura lieu à l’Hôtel des Ventes Henri Adams, 22, rue du docteur Roux à Tarbes : à 11 h puis 14 h 30.

Les dessins présentés sont essentiellement de Charles Zacharie Landelle (1821-1908). Figurent aussi au catalogue de nombreux lots de photographies anciennes et une abondance d’albums photographiques d’Emile Rayssé provenant de la bibliothèque de G. Laplagne Barris. Toujours en provenance de cette Bibliothèque, il faut noter une quinzaine d’albums de dessins de Maurice Gourdon, qui sont probablement les derniers  d’un ensemble volumineux ; ils font suite aux albums de dessins et texte qui furent dispersés lors des ventes aux enchères à d’Auch en 2010 et à ceux qui figurèrent aux vitrines des Libraires d’Ancien.

Dans les ouvrages, dont beaucoup sont présentés en lots, il faut signaler plus particulièrement l’édition originale du guide d’Adolphe Moreau : "Eaux-Bonnes et Eaux-Chaudes" [Pau, Vignancour, 1841] qui est l’un des "Vingt Livres Pyrénéistes les plus rares". A noter également également de nombreux lots de revues pyrénéennes.

Les frais et taxes en sus des enchères seront de 21 % TTC.

 

 

Mai 2016

 

 

Au retour du Salon International du Livre Rare, Grand Palais (Paris)

Plusieurs bibliophiles pyrénéens sont allés au 28e Salon International du Livre Rare et de l’Autographe, tenu dans la Grande Nef du Grand Palais au mois d’avril dernier ; ils en ont ramené quelques beaux ouvrages pyrénéens et nous en signalent d’autres, vus dans les stands. En premier lieu, l’édition originale du guide publié par Adolphe Moreau en 1841 : "Eaux-Bonnes et Eaux-Chaudes. Bains et Courses. Itinéraire de Pau à ces établissements. Par un Touriste", qui est l’un des "Vingt Livres Pyrénéistes les plus rares" [N° XII], il s’agit de l’un des onze exemplaires recensés en mains privées, relié en demi-basane époque, dos orné : 2 300 euros. A signaler aussi un très bel exemplaire de l’"Essai sur la minéralogie des Monts-Pyrénées" [2e éd., Paris, Didot, 1784] dans une parfaite reliure en plein veau d’époque, à 2 800 euros ; l’édition anglaise de la carte de Roussel et La Blottière : "A map of the Pyrenees and adjacent provinces, With additions from Tofino and Lopez" [London, 1809] à 3 800 euros ; il s’agissait là de prix soutenus mais justifiés par la rareté et l’état des exemplaires.

    

Nos bibliophiles ont vu avec quelque étonnement l’édition originale d’une petite plaquette de Chambéraud : "Guide spécial de la vallée de Luz, Saint-Sauveur, Barèges, Gavarnie, Héas" [1896], quelques rousseurs et mouillures, en reliure moderne de demi-maroquin havane à dos lisse muet, dont le prix affiché en était 1 200 euros, ce qui était très élevé, d’autant plus élevé que l’édition intéressante est, non pas l’originale, mais la seconde édition publiée en 1911,  laquelle est modifiée et augmentée de la reproduction du "Voyage du bourg des bains de Barèges à Gavernie"... de Noguès ; a titre de comparaison, rappelons que cette même édition originale de 1896 s’était vendue 230 euros à l’Hôtel des Ventes de Tarbes en octobre 2011.

     

En marge du pyrénéisme, à signaler un ouvrage remarquable, le beau catalogue in-4° de vente de la Bibliothèque du béarnais Louis Barthou, publié en 1835-36 par la Librairie Auguste Blaizot : quatre volumes de Catalogue, plus le volume d’"Index et tables alphabétiques … suivis des Prix d'adjudication et d'une Table Générale". L’ensemble était relié en cinq volumes demi-maroquin rouge à coins, têtes dorées, non rognés, couvertures conservées, ce qui est déjà une condition rare, car lorsque le 5e volume est présent, il est généralement relié avec le 4e volume qui lui aussi est de faible épaisseur. Cet état est déjà fort intéressant mais ce n’est pas tout. On sait que les 4 premiers volumes correspondant au Catalogue proprement dit ont été tirés à 2 000 exemplaires environ et le 5e volume d’"Index et Tables" à 250 exemplaires seulement ; pour ces 5 volumes, il a été tiré en outre quelques rares exemplaires numérotés sur papier de Chine, probablement une dizaine : l’exemplaire vendu au Grand Palais était l’exemplaire N° 1 tiré sur papier de Chine, il était accompagné de la rare gravure en couleurs que François-Louis Schmied exécuta en hommage à son ami Louis Barthou, gravure que l’on trouve parfois reliée avec le catalogue ; dans cet exemplaire du Catalogue la gravure était en deux états. Bref un exemplaire parfait, auquel avait été ajouté l’ex-libris de Louis Barthou, représentant "La Vérité sortant du Puits".

         

On trouve quelques ouvrages pyrénéens dans le Catalogue Barthou : les bonnes éditions du "Voyage aux Pyrénées" de Taine, les "Trophées" de J. M. de Heredia [parmi lesquels figurent les Sonnets épigraphiques écrits à Luchon], le "Discours" de réception à l’Académie Française du Bigourdan Foch, de nombreux ouvrages de Tristan Derême, des œuvres de Francis Jammes, etc…. le tout dans des états exceptionnels : reliure, manuscrits, courriers et dessins rajoutés. Bref, un ensemble de merveilles que ce catalogue permet d’imaginer.

Pour terminer, signalons trois ouvrages sans rapport avec les Pyrénées, mais reliés par Pagnant aux armes de Gaston de Galard de Brassac de Béarn [voir à ce sujet la chronique de Décembre 2015], chaque volume était vendu 3 800 euros...

 

 

Avril 2016

 

 

Dans la Vallée de Batsurgères : "Six mois de la vie d’un jeune homme" par Viollet Le Duc

Au cours de la recension des "Trésors des Bibliothèques Pyrénéennes", un exemplaire exceptionnel d’un ouvrage peu commun, intitulé "Six mois de la vie d'un jeune homme (1797)", a été mis au jour. Ce récit auto-biographique fut écrit en 1809 par le littérateur Emmanuel Louis Nicolas Viollet Le Duc (1781-1857), père d’Eugène Emmanuel Viollet le Duc (1814-1879), le célèbre architecte avec lequel les bibliophiles novices le confondent parfois ; il relate un séjour de jeunesse fait dans les Pyrénées en 1787.

Ce récit romancé relate les péripéties d’un long voyage qui va du Val d’Aran à Héas et aux environs de Lourdes dans la Vallée de Batsurguère, il est doublement intéressant en raison des lieux pyrénéens visités et d’une attitude anti-montagnarde caractéristique de l’époque. Le volume a été publié en 1853 dans la "Bibliothèque Elzévirienne" qui regroupait des titres choisis avec soin par le libraire P. Jamet. En haut de chaque page, le titre courant porte "MDCCXCVII". Lorsqu’il est imprimé sur papier ordinaire, cet ouvrage est l'un des moins communs de la "Bibliothèque Elzévirienne", car il fut, semble-t-il, le seul à avoir été tiré à petit nombre : dans le "Catalogue de la Bibliothèque Elzévirienne," daté de 1855, il est indiqué page 19 que ce volume a été "Tiré à petit nombre pour la collection. Prix des exemplaires sur papier ordinaire, 2 fr."

          

Si ces exemplaires sur papier ordinaire sont peu communs, les exemplaires imprimés sur papier fort, un vergé filigrammé, sont, eux, réellement rares : dans son édition de Janvier 1857, le même "Catalogue de la Bibliothèque Elzévirienne "indique page 2 : qu’"il a été tiré de chaque volume quelques exemplaires sur papier fort, qui se vendent le double du prix des exemplaires ordinaires". C’est un de ces exemplaires qui a été recensé, il est toujours dans sa reliure d’origine en percaline rouge de la "Bibliothèque Elzévirienne", et possède l’ex-libris armorié d’un célèbre bibliophile : le baron James de Rothschild (1844-1881) dont le catalogue en cinq volumes, publié de 1884 à 1920, fut organisé par E. Picot. L’exemplaire passa plus tard dans la Collection du Chanoine Doazan. En bref, de bonnes caractéristiques : un texte important, dans la condition rare d'un tirage très limité sur papier fort et provenant d’une bibliothèque prestigieuse.

  

Parmi les autres exemplaires exceptionnels de cet ouvrage, signalons qu’un autre bibliophile célèbre, le duc d’Aumale en possédait un, probablement sur papier de Chine, relié par Capé au chiffre du duc d’Aumale, avec "Le roman bourgeois" de Furetière ; il est maintenant conservé dans la bibliothèque du Château de Chantilly.

 

 

Salon International du Livre Rare, de l’Autographe, de l’Estampe et du Dessin, au Grand Palais (Paris) du 22 au 24 Avril

La 28e édition du "Salon International du Livre Rare, de l’Autographe, de l’Estampe et du Dessin", se tiendra dans la Grande Nef du Grand Palais, à Paris, du 22 au 24 avril 2016 (Métro : Champs Elysées) ; il est organisé par le Syndicat national de la Librairie Ancienne et Moderne. Les portes seront ouvertes au public, tous les jours de 11 h à 21 heures et le dimanche de 11 à 20 heures.

C'est actuellement la plus belle manifestation du genre en France et l'une des plus importantes au niveau international, avec 150 exposants venus du monde entier, tous affiliés à la Ligue Internationale de la Librairie Ancienne et 50 galeristes d'estampe et de dessin, tous membres de la Chambre Syndicale de l'Estampe, du Dessin et du Tableau. Le visiteur pourra y découvrir les rayons d’une immense "librairie", riche de milliers de documents d’une infinie variété : toutes les époques, tous les styles, tous les supports.

L'invité d'honneur de cette édition 2016 sera le Fonds Patrimonial de la "Bibliothèque Heure Joyeuse" qui fut la première bibliothèque consacrée à la jeunesse en France. Elle a constitué, au fil des décennies, un très riche ensemble de livres pour enfants du 16e siècle à nos jours. Vous pouvez consulter le site officiel du Salon en cliquant ICI.

 

 

Mars 2016

 

 

Un rare album avec texte et lithographies sur les environs de Biarritz

Lors de la recension d’ouvrages pour l’Exposition virtuelle "Trésors de Bibliothèques Pyrénéennes", nous avons retrouvé un album sur Biarritz, dont aucun exemplaire n’est répertorié au Catalogue Collectif de France. Il s’agit d’un in-4° oblong intitulé : "Album Offert par la Ville de Biarritz à Sa Très Gracieuse Majesté la Reine Victoria", imprimé à "Biarritz, Imprimerie et Lithographie A. Lamaignère, Rue du Château, 1", en 1889. L’ouvrage était vendu au prix de 3 francs, il comprend 36 pages, une illustration collée in-texte [Cascarotes] et 16 lithographies hors-texte.

   

Ce très rare album est un recueil de 19 itinéraires d’excursions dans et autour de Biarritz : Biarritz, La Rhune, Le Mont Haya, Sordes, Saint-Pé-sur-Nivelle, La Nive, Pas de Roland, Fontarabie. La page de présentation de l’ouvrage est signée Marquis de Folin qui publia deux autres ouvrages sur la région chez le même éditeur : Atlantes et Basques et Pèches et Chasses Zoologiques, recueil d’observations recueillies au Pays Basque et dans les Landes.

   

Pour ce qui est de l"’Album Offert par la Ville de Biarritz", il n'a été répertorié que dans deux bibliothèques privées : celles de Raymond Ritter, Président-Fondateur des Amis du Livre Pyrénéen et d’Hubert Dupont. L’exemplaire recensé pour l’Exposition Virtuelle est l’un de ces ceux-la, il s’agit de l’exemplaire de la Bibliothèque Hibert Dupont, identifiable grâce aux commentaires écrits au crayon par son ancien propriétaire. Il porte aussi les ex-libris de deux possesseurs antérieurs.

 

 

Février 2016

 

 

Une histoire du béarnais Henri IV qui (re)traverse l’Atlantique

Ces deux derniers siècles, nombre de beaux livres, plus particulièrement des ouvrages reliés aux armes royales de France, ont été acquis par des bibliophiles des Etats Unis ; il arrive parfois que quelques uns retraversent l’Atlantique pour revenir vers leur lieu d’origine. C’est de cas de l’édition originale de l’"Histoire du Roi Henry le Grand, composée Par Messire Hardouin de Péréfixe, Evêsque de Rodez, cy-devant Percepteur du Roy", un bel in-4° publiée en 1661 à Paris par Edme Martin. Cette célèbre "Histoire" de Henri IV rédigée à l’intention du jeune Louis XIV eut de très nombreuses éditions et a été traduite en plusieurs langues ; les éditions les plus recherchées sont cette originale qui est rare, et les trois éditions elzéviriennes, de petit format, publiées en 1661, 1662 et 1664, que l’on trouve souvent dans de belles reliures signées du XIXe siècle. Nombre de bibliophiles béarnais en possèdent de beaux exemplaires.

         

L'édition originale dont il est question ici a été acquise chez un Libraire de New-York. Elle est relié en beau maroquin rouge époque, avec les armes de Louis XIV sur chaque plat, les tranches sont dorées, les coupes guillochées ; c’est à dire qu'elle présente toutes les caractéristiques d’un exemplaire de présent.

      

Cet exemplaire possède un ex-libris héraldique ancien non identifié pour l’instant et l’ex-libris en couleurs du célèbre bibliophile américain Lucius Wilmerding (1906-1949), lequel avait réuni une importante bibliothèque comprenant notamment une belle collection de reliures à décor ; ce curieux ex-libris présnte une composition en blanc et bleu sur fond noir avec un beau paysage de montagnes au second plan. Cette Bibliothèque fut vendue au enchères à New-York en 1950-1951 en trois vacations : les 27, 28 et 29 Novembre 1950 , les 5 et 6 Mars 1951 et enfin les 29, 30 et 31 Octobre 1951, le catalogue comprend trois volumes.

 

 

L’ex-libris "Casenavii Equitis"

Au fil des explorations de Bibliothèques à la recherche d’ouvrages pouvant figurer à l’Exposition Virtuelle "Trésors des Bibliothèques Pyrénéennes", nous avons fréquemment rencontré des livres portant l’ex-libris armorié avec l’inscription "Ex libris Casenavii equitis". Comme bien souvent, il n’est jamais facile d’identifier le possesseur d’un ex-libris, surtout pour les familles dans lesquelles la bibliophilie est  de tradition.

La consultation du catalogue d’exposition "Trésors des Bibliothèques Béarnaises" organisée en 1975 par la Bibliothèque Municipale de Pau, attribuait  cet ex-libris à Antoine de Casenave (1763-1818), né à Lembeye, député à la Convention en 1792, sénateur de l’Empire. Cependant, le style de l’ex-libris est loin de correspondre à cette époque, il est bien plus représentatif de ceux que l’on a dessinés à la fin du XIXe siècle ou même au tout début du XXe siècle, et d'autre part, il se rencontre fréquemment sur des plaquettes reliées en demie toile bleue à la bradel vers 1910-1920. Cependant,  les armes héréditaires portées par cet ex-libris [D'azur, à une barre de gueules chargée du signe des chevaliers légionnaires, accompagnée en chef d'une branche de chêne d'argent et en pointe d'une vache d'or], sont bien celles que Napoléon Ier avait attribuées à Antoine Casenave par lettres patentes du 15 juin 1812, ce qui indique que le possesseur de l’ex-libris est un descendant direct d’Antoine Casenave, dit le Chevalier de Casenave. Quel était donc le possesseur moderne de cet ex-libris ?

Un petit ouvrage intitulé "Antoine Casenave, Député des Basses-Pyrénées à la Convention Nationale", écrit par Maurice Casenave arrière petit-fils d’Antoine de Casenave, fut bien utile pour l’identifier. Plusieurs autres éléments participent à cette identification, (i) vers 1895, l’abbé Dubarat rapporte qu’un bibliophile, le Chevalier de Casenave, lui a donné de précieux renseignements sur des ouvrages anciens concernant le Béarn, (ii) d’autre part l’ex-libris « Casenavii equitis » se retrouve sur des ouvrages ayant appartenu à G. de Lailhaçar, bibliophile basco béarnais (et aussi brésilien), décédé en 1912 ; on peut supposer que ces ouvrages entrèrent dans la bibliothèque Casenave après le décès de G. de Lailhaçar, enfin (iii) rappelons qu’il est fréquent de voir cet ex-libris "Casenavii" au contreplat d’ouvrages reliés vers 1910-1920 : l’ensemble de ces données situe l’activité de ce bibliophile qui a le droit de porter les armes héréditaires d’Antoine de Casenave, entre la fin du XIXe siècle et les premières décades du XXe siècle.

Reportons nous donc à l’arbre généalogique simplifié de cette branche de la famille Casenave, inspiré de l’ouvrage "Antoine Casenave, Député des Basses-Pyrénées à la Convention Nationale". L’examen de la descendance d’Antoine Casenave, premier attributaire des armes, montre que le seul membre de la famille qui corresponde aux critères énoncés plus haut, est son arrière petit-fils Maurice Casenave (1860-1935), diplomate de carrière qui fit de longs séjours en Chine et au Japon.

                                              

Pour revenir au Conventionnel Antoine de Casenave, celui-ci a bien possédé un ex-libris typographique, tout à fait dans le style de la fin du XVIIIe siècle, avant que le "chevalier" ne recoive ses armes de Napoléon Ier ; nous en donnons la reproduction ci-dessus. L'angle supérieur gauche a été partiellement arraché mais l'ex-libris est cependant bien lisible

 

 

Janvier 2016

 

 

23-24 janvier 2016 : Salon du Livre Ancien de Bordeaux

Les samedi 23, et dimanche 24 janvier 2016, le 11e Salon du Livre Ancien se tiendra dans la Salle Capitulaire et sous les arcades de la superbe cour Mably (rue Mably) de 10h à 19h. Ce Salon, dont l’entrée est libre, regroupera une trentaine de libraires professionnels venus de toute la France qui présenteront des livres anciens, des gravures, des photographies, des autographes et des vieux papiers.

     

La gamme des livres présentés dans ce salon annuel est large, elle s’adresse à un large éventail de bibliophiles et de curieux, et va du livre à quelques euros aux ouvrages rares de haute bibliophilie. Ce salon est organisé par le Syndicat National des Bouquinistes et Brocanteurs et par l’association ALAM, avec l’aide de la Ville de Bordeaux.

 

 

Décembre 2015

 

 

En préparation, l’Exposition Virtuelle "Trésors des Bibliothèques Pyrénéennes"

Après l’Exposition Virtuelle "Henry Russell" qui eut un fort succès et est toujours très consultée, les "Amis du Livre Pyrénéen" préparent une nouvelle Exposition intitulée : "Trésors des Bibliothèques Pyrénéennes". Cette exposition présentera environ 300 ouvrages (livres, albums, manuscrits), conservés dans des collections publiques ou privées, sélectionnnés dans la meilleure condition connue. Sont concernés, les différents aspects des écrits Pyrénéens : histoire, pyrénéisme, thermalisme, sciences, littérature, etc. Les exemplaires seront retenus selon trois critères qui pourront avoir des degrès variables : (i) l’importance du texte, (ii) ET/OU la rareté de l’ouvrage, (iii) ET/OU une reliure ou provenance(s) exceptionnelles.

Insistons sur le fait qu’il n’est pas nécessaire que ces trois critères soient remplis. A titre d’exemple, nous prendrons deux cas extrêmes. L’un est un texte important mais très commun : Notre Dame de Lourdes d’Henri Lasserre, ce qui en fait l’intérêt principal est que l’exemplaire est habillé d’une somptueuse reliure de Pagnant en plein maroquin, aux armes du Prince de Béarn. L’autre exemple concerne est un texte important et rare, l’édition originale Bellezas del Alto Aragon tel que paru dans son humble brochage d’époque, avec une couverture présentant quelques défauts d’usure, ce qui en fait l’intérêt est l’importance du texte pour la découverte de l’Aragon jointe à la rareté de l’édition. Donc, à des titres variés, voilà deux exemplaires qui méritent d’être retenus.

              

Cette exposition sera transfrontalière ; ont déjà donné leur accord, des Bibliothèques, Musées et Archives des deux versants des Pyrénées : depuis les Pyrénées Atlantiques jusqu’aux Pyrénées Orientales pour le versant Nord et des autonomies espagnoles frontalières pour le versant Sud. Pour les Bibliothèques Privées, sont éligibles toutes les Bibliothèques à thème pyrénéen ; il faut insister sur le fait que l’expérience montre qu’il est toujours possible de trouver un (ou des) trésor(s) quelle que soit la taille de la Bibliothèque, soyez donc vigilants en examinant vos exemplaires.

Pour présenter des ouvrages à cette exposition virtuelle vous pouvez demander un formulaire type de présentation d’ouvrage en envoyant un mail à amis-du-livre-pyreneen@orange.fr, ou bien envoyer une description libre du livre, album ou manuscrit que vous souhaitez proposer, en joignant, si possible, une photographie ou un scan.

Nous espérons que cette nouvelle exposition virtuelle sur le thème des "Trésors des Bibliothèques Pyrénéennes" permettra de faire connaître et de mettre en valeur les richesses du patrimoine bibliophilique des deux versants des Pyrénées. Il n’est pas exclu qu’elle fasse l’objet d’un catalogue papier.

 

 

Un nouvel ouvrage aux armes de Gaston de Galard de Brassac de Béarn

En juillet de cette année, nous présentions dans cette rubrique plusieurs ouvrages pyrénéens reliés aux armes de la famille de Galard de Brassac de Béarn.

Ce mois-ci vient d’être découvert un nouvel exemple de reliure réalisée par Pagnant pour  Laure Henri dit Gaston de Galard de Brassac de Béarn (1840-1893), Prince et Béarn et de Viana. Cette reliure en plein maroquin vert foncé, dos à nerfs orné de filets et de fleurs de lys, avec des plats richement décorés d'un encadrement de filets dorés, avec un semis des meubles des armes et de fleurs de lys, possède les armes de Béarn au centre, une dentelle intérieure dorée et des tranches dorées. Elle habille un ouvrage de législation du XVIe siècle fort célèbre : "Les six livres de la Republique de J. Bodin, Angevin, dédié Monseigneur de Faur, Seigneur de Pibrac, Conseiller du Roy en son privé Conseil".

     

Cet ouvrage n'est pas pyrénéen ; il s’agit de la deuxième édition des "Six livres de la Republique" donnée en 1577 par le libraire Claude Juge à Genève, un an après l’édition originale de Paris, parue en 1576 chez Jacques Du Puys. Cette nouvelle édition comprend de nombreuses modifications imposées par le Conseil de Genève,  rédigées par Simon Goulart. Après la Saint-Barthélemy (1572), face à l'effondrement du royaume de France, Bodin propose sa recomposition dans cet ouvrage publié en langue vulgaire ; cette œuvre magistrale, dans laquelle il élabore la première théorie complète et raisonnée du pouvoir politique moderne, sert encore de référence aujourd’hui aux juristes et philosophes de la politique.

 

Novembre 2015

 

 

Procession à Roncevaux: autour d’une carte postale adressée à Maurice Russell (1907)

Depuis une vingtaine d’années, plusieurs collectionneurs ont fait l’acquisition en divers endroits, de cartes postales adressées à la famille Russell : Frank Russell, Comtesse Frank Russell, Edith Russell, Maurice Russell ; la plupart sont adressées au Château de Fondelin près de Condom, quelques unes, plus rares, à la Villa Christine à Biarritz, à l’Hôtel de Paris à Saint-Sauveur, ou bien au 10 rue Marca à Pau.

La carte postale que nous présentons ci-dessous, adressée au "Comte M. Russell-Killough, Château de Fondelin, Condom, Gers", postée le 7 juin 1907 à Burguete en Navarre, a été acquise à Murcie (Espagne) par un bibliophile aussi avisé que connaisseur ; elle porte les cachet de Burguete, de Valcarlos, de Saint-Jean-Pied-de-Port et de Condom. Elle fut adressée à Maurice Russell par Marie de Cugnac, épouse de son père Frank, laquelle était tout à la fois sa belle-mère et sa belle-sœur, puisque le père Frank et le fils Maurice avaient épousé deux sœurs (!) : Marie et Blanche de Cugnac.

 

La carte postale est d’une série sur la "Procession de Ronceveaux (Espagne)". Cette curieuse et antique procession dite des croix a lieu depuis des temps immémoriaux chaque mercredi précédant la Pentecôte. Les pénitents, venant de Roncevaux et des villages environnants, couverts d’une tunique et d’une cagoule noires, ceints d’une corde serrée à la hanche, portent une lourde croix de bois qu’ils maintiennent à bout de bras au dessus de leur tête ; disposés sur deux files ils se rendent au Monastère de Roncevaux pour y recevoir la bénédiction. Pierre Loti décrivait ainsi celle de 1898 : "...ce sont des croix comme celles du Calvaire, que des pénitents portent sur le dos et dont ils maintiennent les branches en étendant les bras dans des poses de suppliciés. On commence d’entendre une plainte intermittente, qui s’exhale en lamentation rythmée de cette foule en marche […] pieds nus dans la boue, ils cheminent vite, contrairement à la coutume des lentes processions. Ils sont environ cinq cents, rangés en double file : Ora pro nobis ! Ora pro nobis !... crient-ils tous sur un ton de lugubre appel".

 

On trouve plusieurs variantes de cette carte postale, la plupart portent "Photo Erguy" ou C"liché Erguy à St-Jean-Pied-de-Port", cependant une variante porte "Photo de A. Bergeret et Cie (Nancy) "et une autre : "J. Olivier, Editeur, Saint-Jean-Pied-de-Port (B.-P.)" sans indication de photographe. L’éditeur fut très probablement Albert Bergeret (1859-1932), qui en 1898, s'installa à son compte pour développer son entreprise de cartes postales : les Imprimeries A. Bergeret & Cie.

Les collections bien pensées se caractérisent par le regroupement de documents autour un même thème, l’éminent collectionneur qui a fait cette acquisition possédait le cliché original de cette carte postale, de même qu’une autre vue de la même procession, qui sont reproduites ci-dessus.

 

 

Un séduisant exemplaire du Voyage dans les Hautes Pyrénées de Marcellus (1826)

Un vigilant bibliophile béarnais vient d’acquérir dans l’une des plus grandes librairies parisiennes, un précieux exemplaire du "Voyage dans les Hautes Pyrénées", publié en 1826 chez Firmin Didot par Marie Louis Auguste de Martin du Tirac, comte de Marcellus, Pair de France. Cet in-16 de IV + 166 pages est "un petit [pour le format] livre de pyrénéisme, royaliste, chrétien et solennel" selon Beraldi, il est écrit en prose et en vers. Les acquéreurs d’un exemplaire doivent vérifier qu’il est bien complet des IV pages préliminaires contenant la "Table alphabétique des lieux décrits ou mentionnés dans cet ouvrage".

     

L’exemplaire est dans une fine reliure de veau citron, plats avec filets dorés en encadrement et roulette et fleurons d’angle à froid, dos à nerfs très orné de filets, pièce de titre maroquin rouge, coupes et  bordures  décorées, toutes  tranches dorées. Cette parfaite reliure dans un style très “Charles X” écrit le libraire, imite le bois de citronnier et les incrustations d’amarante, elle est signée de Purgold, successeur de Bozérian. Purgols fut l’un des plus grands relieurs de son temps. Bref, un petit trésor pour une déjà très riche bibliothèque.

 

 

Octobre 2015

 

 

17 et 18 octobre : XIXe Salon du Livre ancien et moderne de Bordeaux (33)

Les samedi 17 et dimanche 18 octobre 2015 le 19e Salon du Livre ancien et moderne de Bordeaux, se tiendra sous les voûtes de la superbe Halle des Chartrons, place du Marché des Chartrons, de 10 h à 19 h ; il regroupera une quarantaine de Libraires venus de toute la France.

Ce rendez-vous est l’une des manifestations les plus importantes concernant le livre ancien dans le Sud-Ouest de la France, les amateurs pourront y trouver des ouvrages rares et curieux dans tous les genres : livres anciens, illustrés, ouvrages documentaires, bandes dessinées, belles reliures, aussi bien que des gravures, des photographies ou des vieux papiers. Le Salon est organisé par l’association ALAM (Les Amis du Livre Ancien et Moderne), avec le soutien de la Ville de Bordeaux.

 

 

Septembre 2015

 

 

20 septembre : Foire aux Bouquinistes et Vide-grenier à Bazas (33)

Le dimanche 20  septembre, la Foire aux Bouquinistes annuelle de Bazas se tiendra sous les arcades de la Mairie, place de la cathédrale. Organisée par l'association du livre ancien "L'entrecôte littéraire bazadaise", cette foire réunit une trentaine d’exposants. Place de la Cathédrale, en face de la foire aux bouquinistes, des voitures anciennes seront exposées.

Le même jour, le vide-grenier annuel organisé par le Club de football de Bazas, se tiendra dans le Hall polyvalent à partir de 9 heures, Voie Communale Auzone : il est prévu 360 mètres d’exposition, avec la possibilité de trouver des livres.

 

 

12-13 septembre : 17e Salon du Livre Ancien et Moderne à Cahors (46)

Le samedi 12 et dimanche 13 septembre, le 17e Salon du Livre Ancien et Moderne de Cahors se tiendra à l’Espace Valentré, Allée des Soupirs, de 10 h à 19 h.

Le thème de ce 17e Salon sera : "La rivière Lot, la navigation et les métiers de la batellerie", il sera accompagné d’une exposition de documents anciens sur l’histoire des gabarres.

Sont attendus, 32 exposants (Libraires, éditeurs, associations, relieurs) venant surtout de Midi Pyrénées et d’Aquitaine. Le prospectus de présentation de ce Salon annonce qu’il y aura 30 000 livres et documents.

 

 

Août 2015

 

 

Un recueil de phototypies sur les environs de Bagnères-de-Bigorre (1911)

En 1911, Henry Dubosq, qui habitait rue d’Alsace-Lorraine à Bagnères-de-Bigorre, publiait une belle série de 12 phototypies concernant des sites pyrénéens peu connus du grand public. Ce recueil s’intitulait : "Hautes Régions des Pyrénées, n° 1. Environs de Bagnères-de-Bigorre, n° 1. Recueil comprenant 12 phototypies des Massifs du : Montaigu, Léviste, Pic-du-Midi, Tourmalet, Col d'Aspin, Et la Région des Lacs".

             

Outre la page de titre, nous donnons la liste des  12 phototypies d’excellente qualité  : 1. Le Massif du Pic du Midi depuis le Lac du Montaigu. - 2. Montagnes des Lacs des Bassias, d'Ourrec et d'Izabit (2464 à 2601m). - 3. Cirque d'Izabit et Pic du Mail de la Sède (2498m). - 4. Cirque d'Izabit, L. Arrouy (2491m) et Léviste (2464m). - 5. Le Lac d'Izabit (1572m). - 6. Le Lac d'Ourrec (1681m). - 7. Le Lac glacé des Bassias (2100m). - 8. Le Massif du Néouvielle (3092m), du Lac glacé d'Oncet (2300m). - 9. Le Monné Rouge (1733m), Col d'Aspin. - 10. Le Pic du Midi (2877m) de Payole. - 11. La Route du Tourmalet l'hiver (1644m). - 12. Le Massif du Tourmalet. Pic de L'Espade (2461m).

Pour cette première série de phototypies, qui fut probablement la seule parue, il existe deux tirages : un tirage de grand luxe qui était vendu 5 francs, comprenant 10 exemplaires avant la lettre [N° 1 à 10] et 40 exemplaires avec la lettre [ N° 11 à 50], sous cartonnage brun spécial reproduit ci-dessus, et un tirage ordinaire qui était vendu 3 francs.

Henry Dubosq, comme il le précise sur la page de titre, avait pris ses vues avec les appareils Mackenstein qui étaient renommés pour leur qualité et leurs capacités à prendre des photographies dans des conditions climatiques extrêmes. Les établissements Henri Mackenstein furent fondés en 1872 et s’installèrent au 15 de la rue des Carmes à Paris, leurs appareils furent fabriqués jusqu’en 1914.

 

 

 

Un rare album de photogravures par Bruckmann : le château de Valmirande (Haute-Garonne)

Un rare album de vues du château de Valmirande, paru en 1905, vient de passer en vente ; il est composé de 15 photogravures de grande qualité, de dimensions 50 x 37 cm, conservées sous un portefeuille éditeur de demi-toile verte, fermé par trois lanières de tissu. La première photogravure porte un texte résumant l’historique de la construction du château et de sa chapelle : "Ce château de Valmirande / a été construit / par Bertrand Marie François baron de Lassus / qui en posa la première pierre le 16 octobre 1893 / Mr l’abbé Bedin alors aumônier du St nom de Jésus / de Montréjeau a béni cette première pierre / Le 3 novembre 1899 son Eminence le Cardinal Mathieu / archevêque de Toulouse / a procédé à la bénédiction générale du château habité / dès le mois d’avril de cette même année / Sa Grandeur Mgr Germain archevêque de Toulouse / a inauguré solennellement la Chapelle / et en a consacré l’Autel le 25 mars 1905 / Tous les travaux ont été exécutés sur les plans / et sous la direction de Mr Louis Garros / architecte de Bordeaux".

        

Les 14 autres photogravures portent en haut à gauche la mention : "Château de Valmirande", en bas à droite la mention : "Photogravure Bruckmann" et en bas au centre : la légende. Le château de Valmirande fut construit à Montréjeau, sur un terrain de 41 hectares, face aux Pyrénées, par le baron Bertrand de Lassus, pyrénéiste ami d’Henry Russell qu’il y reçut fréquemment. Le seul exemplaire de cet album répertorié dans une collection publique est conservé aux Archives Départementales des Hautes-Pyrénées, en raison de cette rareté, nous donnons ci-dessous les reproductions des quatorze vues (sur ces scans publiés ci-dessous, les marges des photogravures ont été réduites)  :

 

     

                                                         "Façade Nord" (2 planches) ; "Façade Sud"

 

 

      

                                                         "Façade Ouest" ; " Hall"

 

 

     

                                                         "Hall et Grand Escalier" (2 planches) ; "Hall premier étage"

 

 

 

     

                                                         "Salons" (2 planches) ; "Petit Salon"

 

 

     

                                                        "Salle à manger" ; "Jardin d’Hiver" ; "Chapelle".

 

Cet album, publié dès la fin de la construction de la chapelle, ne comporte pas de vues des dépendances (écuries notamment), ni du parc qui est l'œuvre des frères Denis et Eugène Bühler, lesquels conçurent aussi le "parc de la Tête d'Or" à Lyon et le "parc Borély" à Marseille. En 1912, le parc fut complété par deux jardins à la française établis par le paysagiste René-Edouard André

 

 

Juillet 2015

 

 

Une carte postale autographe, en espagnol, du Comte A. de Saint-Saud

Un bibliophile du Pays Basque Espagnol, chercheur assidu et chanceux – n’oublions pas qu’en matière de bibliophilie la chance est grandement aidée par le savoir et la persévérance-, vient de faire l’acquisition d’une carte postale autographe du Comte A. de Saint-Saud adressée à Don Salvador Ucelay de Zaragoza.

    

Cette carte, l’une des quelques cartes que Saint-Saud fit imprimer lui-même, rappelle la première ascension qu’il fit au Grand Pic de la Combe de l’Ours (2870 mètres), le 21 août 1902, en compagnie de son fils et filles, de Léon Maury et d’Armand de Gérard. Le récit de cette ascension parut dans le "Bulletin de la Section du Sud-Ouest du C.A.F." [N° 52, 1902, pp. 87 et suiv.]. Voilà le texte : "Esta tarjeta es particular a mi. Hecha con una fotografía mía representa une sierra que subí con mis hijo et hijas, 2 amigos por la 1a vez el mes de agosto pasado. Es un capricho haberla hecho imprentar. Este pico es cerca de la frontera aragonesa. Conozco bien el Aragón pirenaico, habiendo hecho trabajos topográficos en sus sierras durante 25 años. St Saud".

Et sa traduction française : "Cette carte postale est une de mes cartes privées. Faite avec une de mes photographies, elle représente une montagne que j’ai gravie, pour la première fois au mois d’août dernier, avec mon fils, mes filles et deux amis. C’est un caprice de l’avoir faite imprimer. Ce pic est proche de la frontière aragonaise. Je connais bien les Pyrénées Aragonaises ayant fait des travaux topographiques dans leurs montagnes pendant 25 ans. St Saud".

 

 

Plusieurs ouvrages pyrénéens reliés aux armes de la famille de Galard de Brassac de Béarn

Ces derniers mois, plusieurs ouvrages aux armes de plusieurs membres de la très nombreuse famille de Galard Béarn, sont passés en vente, soit chez des libraires, soit dans des ventes aux enchères à Auch ou à Saint-Jean de Luz. Nous ne résumerons que très sommairement l’histoire de cette famille, pour plus de détails il faut se reporter aux quelques 5000 pages des "Documents historiques sur la Maison de Galard" publiés de 1871 à 1876 par J. Noulens, ou à la "Notice héraldique sur les Maisons de Galard et de Béarn" de J. de Jaurgain (1886), ou encore aux très intéressants arbres généalogiques qui figurent sur le site "Geneanet".

     

La maison de Galard, l'une des plus illustre de la Gascogne tire son nom de la terre de Galard, première baronnie du Condomois. Les autres dénominations s’ajoutèrent au cours des générations successives : à la 10e génération, en 1278 Géraud de Galard épousa Eléonore d'Armagnac qui lui apporta la terre de Brassac en Quercy. A la 16e génération, le 12 novembre 1508, François de Galard, épousa Jeanne de Béarn, fille et héritière de Jean III de Béarn, vicomte de Foix et de Jeanne d'Antin. Cette union se fit à la condition que François et ses descendants, joindraient aux nom et armes des Galard, les nom et armes de Béarn. Nous commenterons les titres (récents) de Prince de Béarn et de Viana dans le chapitre concernant Laure Henri Gaston de Galard de Brassac de Béarn.

Aux XIXe et XXe siècles, plusieurs membres de cette famille, bibliophiles, firent relier des nombreux ouvrages à leurs armes, parmi lesquels bon nombre d’ouvrages pyrénéens. Dans les cinq notices suivantes nous donnerons les marques, fers et ex-libris des bibliothèques des bibliophiles suivants de cette famille (pour accéder à leurs arbres généalogiques cliquer sur les prénoms colorés en marron dans les rubriques ci-dessous) :

1. René Marie Hector (1862-1919), qui descend d’André Hector (1778-1806),

2. Louis Hector (1802-1871), qui descend d’Alexandre Léon (1771-1844) frère d’André Hector,

3. Laure Henri Gaston (1840-1893), fils de Louis Hector,

4. Louis Jean Sanche (1863-1939), autre fils de Louis Hector,

5. Henri Louis (1874-1947), fils de Laure Henri Gaston.

Ci-dessous est un arbre généalogique très simplifié dans lequel les prénoms des bibliophiles cités sont en écrits en lettres capitales.

                                      

 

 

Famille de Galard de Brassac de Béarn 1. La Bibliothèque du Comte René de Béarn (1862-1919)

Le bibliophile le plus célèbre de cette famille fut le Comte René de Béarn (René Marie Hector de Galard de Brassac de Béarn) dont la Bibliothèque vendue à Drouot de 1920 à 1923, fit l’objet d’un riche catalogue en quatre volumes in-4°.

Le Comte René de Béarn faisait relier ses livres par les plus grands relieurs parisiens, notamment Chambolle-Duru, souvent en plein maroquin rouge janséniste doublé de pécari ou de vélin, avec les armes (Olivier, pl. 2137), monogramme et devise ["In via nulla invia"] frappées à froid sur les contre-plats : "cette pratique l’a ruiné" écrit Christian Galantaris dans son "Manuel de Bibliophilie" ; au vu des somptueuses reliures provenant de cette Bibliothèque, on peut bien le croire.

     

Le 11 juin 2015, Maître Marcelle Puyol Commissaire-Priseur à Auch, vendait aux enchères divers ouvrages provenant de cette Bibliothèque, dont les deux superbes "Album vinicole ou vues des châteaux et propriétés produisant des vins des meilleurs crus du Médoc et autres lieux du département de la Gironde" publiés en 1835 à Bordeaux par Gustave de Galard, ils étaient reliés en par Chambolle-Duru en plein maroquin bleu-nuit, les contrepats étant doublés de peau de pécari avec, frappées à froid, les armes au centre et aux angles un monogramme portant sa devise. Dans cette vente figurait aussi un des cinq volumes "Documents historiques sur la Maison de Galard", relié en plein maroquin rouge aux armes des Galard sur les plats, les contreplats, en peau de vélin, étant ornés des armes, monogrammes et devise du comte René de Béarn.

        

Dans le domaine pyrénéen, on connait aujourd’hui plusieurs ouvrages de généalogie de familles béarnaises et de la maison de Béarn dans ce somptueux exemple de reliure, notamment : "Coup d’œil sur la Maison de Béarn" [Beauvais, 1872] ou "Extrait de la généalogie de la maison de Béarn" [Paris, 1862]. Le comte René de Béarn possédait aussi un ex-libris à ses armes dans lequel on retrouve les corneilles de Galard et les vaches de Béarn.

 

 

Famille de Galard de Brassac de Béarn 2. La Bibliothèque de Louis Hector de Galard de Brassac de Béarn (1802-1871)

Louis Hector, fils d’Alexandre Léon Luce de Galard de Brassac de Béarn, qui appartient à une autre branche de la famille, est à l’origine de deux autres générations de bibliophiles. Il habillait ses ouvrages de reliures de qualité, mais leur qualité était loin d’égaler celles que fera exécuter plus tard son fils Laure Henri Gaston. Il ornait les deux plats de ses ouvrages du blason de Béarn surmonté d’une couronne royale, souvent, les initiales "G. B." (pour Galard et Brassac) étaient frappées à froid au bas du premier plat.

   

Dans les ouvrages pyrénéens, on connaît de sa bibliothèque les cinq volumes de l’"Histoire des peuples et des états pyrénéens" de Cénac-Moncaut, reliés par Lesort en plein maroquin rouge aux armes du Béarn.  Plusieurs ouvrages de sa Bibliothèque, reliés aux armes du Béarn, se retrouvèrent dans une partie de la succession de la Duchesse de Gramont, Vicomtesse de Béarn, vendue aux enchères à Arcachon, en mars 2014.

 

 

Famille de Galard de Brassac de Béarn 3. La Bibliothèque de Laure Henri Gaston de Galard de Brassac de Béarn (1840-1893)

Le plus grand bibliophile de cette branche, fut Laure Henri dit Gaston de Galard de Brassac de Béarn de la 27e génération de Galard, décédé à Pau et enterré à Lourdes. Il prit les titres de Prince et Béarn et de Viana et orna son blason des armes de Béarn et de Navarre surmontées d’une couronne royale.

Ces titres princiers sont d’origine espagnole car ils ont été donnés par la reine Isabelle II d’Espagne dans une lettre du 9 juillet 1868, écrite peu avant son abdication ; pour faire bonne mesure, elle y ajouta ceux de duc de Cantabrie et de marquis d’Excideuil. Ci-dessous, nous reproduisons ces grandes armes telles que données par Jean de Jaurgain.

L’on peut s’interroger sur la validité de ces titres, notamment celui de Prince de Viana, qui fut créé en 1423 par Charles III de Navarre pour les héritiers au trône du royaume de Navarre, le premier étant son petit-fils Charles. Le site de la Municipalité de Viana, qui relate la visite de Laure Henri Gaston, affirme qu’il s’était auto-intitulé Prince de Viana. Quoi qu’il en soit, Isabelle II semblait avoir une affection toute particulière pour Gaston de Galard de Brassac de Béarn, qu’elle recommanda, sans succès, au pape Pie IX quelques années plus tard, le 27 novembre 1873 ; le 25 décembre, Pie IX répondit qu’il avait bien reçu le Prince de Béarn, mais qu’il n’avait pas jugé opportun de donner suite au projet présenté par son visiteur.

Gaston de Béarn faisait généralement relier ses ouvrages en plein maroquin aux armes par Edouard Pagnant (1852-1916), élève de Chambolle-Duru. Dans cette condition, on connaît un assez grand nombre d’ouvrages béarnais ou pyrénéens dans ce type de reliure :

- Les deux volumes de la "Descritpion des Pyrénées", par E.-F. Dralet,

- "Le Béarn Histoire et Promenades archéologiques", par Ch.-C. Le Cœur, relié en 2 volumes,

- Les cinq volumes de "Documents historiques sur la Maison de Galard", par J. Noulens,

- "Les sorcières dans le Béarn", par V. Lespy,

- "La sorcellerie en Béarn et dans le Pays Basque",  par Hilarion Barthety

     

- "L'Hôpital et la Maladrerie de Lescar", toujours par Hilarion Barthéty,

- "Notre-Dame de Lourdes" d’Henri Lasserre,

-"Le Trésor de Pau", par G. B. de Lagrèze.

  

Il y a quelques années un fer à dorer en bronze, portant armes de Gaston de Galard de Brassac de Béarn fut retrouvé chez un antiquaire du centre de la France. D’une grande qualité, ce fer est signé de Delisle ; un éminent bibliophile béarnais habitant l’ancienne capitale du Béarn, l’a fait revivre en l’apposant sur des pleines reliures d’ouvrages béarnais qu’il fit exécuter par le relieur bayonnais Durand.

  

Elément très curieux, dans ce fer à dorer, qui a exactement le même dessin et les mêmes dimensions que le fer utilisé par le relieur Pagnant pour les Reliures de Gaston de Béarn, les armes de Béarn et de Navarre sont inversées : dans ce cas les vaches de Béarn sont "parties en premier" (à gauche) et celles de Navarre "au second" (à droite), alors que c’est l’inverse pour les reliures signées de Pagnant. Autre point à souligner, dans tous les cas, les armes de Navarre de Gaston de Béarn devaient être brisées d’une cotice d’argent brochant, indiquant ainsi qu’il s’agit d’une branche cadette : la cotice – que l’on trouve bien sur les armes reproduites par Jean de Jaurgain-, a été "oubliée" sur le fer à dorer.

 

 

Famille de Galard de Brassac de Béarn 4. La Bibliothèque de Louis Jean Sanche Arsieu de Galard de Brassac de Béarn (1863-1939)

Un frère puiné de Laure Henri Gaston : Louis Jean Sanche Arsieu (1863-1939), possédait lui aussi des marques pour les livres de sa Bibliothèque : ex-libris et super-libris. Nous ne connaissons pas, à ce jour, d’ouvrage pyrénéen provenant de cette Bibliothèque, mais la publication de ces lignes en fera peut être surgir. L’ex-libris est sobre, typographique, il porte la mention "Ce livre appartient au Comte Sanche de Béarn".

Sanche de Béarn faisait généralement apposer son monogramme couronné en queue de reliure ; le fer à dorer correspondant a figuré au Catalogue des fers à dorer du relieur Simier, il est reproduit ci-dessous, sur un ouvrage et dans un groupe de fers à dorer (le fer est à peu près au centre de l’image).

          

Des reliures portant en queue une vache de Béarn couronnée pourraient provenir de cette même Bibliothèque, en effet, des ensembles importants d’ouvrages portant soit le monogramme couronné, soit une vache couronnée, furent vendus aux enchères à Evreux le 26 Novembre 2000.

 

 

Famille de Galard de Brassac de Béarn 5. La Bibliothèque de Henri Louis de Galard de Brassac de Béarn (1874-1947)

Un fils de Gaston : Henri Louis de Galard de Béarn comte de Brassac, prince de Béarn et de Viana et de Chalais (ce dernier titre étant hérité de sa mère), semblait utiliser le même fer de reliure armorié que son père Gaston et possédait un ex-libris circulaire, armorié portant la devise "Dei gratia, sum quod sum" ("grâce à Dieu, je suis ce que je suis"). Le 23 Mai 2015, sous le marteau de Maître Arnaud Lelièvre, la maison des ventes Côte Basque Enchères avait mis aux enchères les deux volumes de la "Statistique générale des Basses-Pyrénées", par Ch. de Picamilh [Pau, 1858], reliés deux somptueux volumes en plein maroquin marron, armes des Princes de Béarn au centre de chaque plat, dos à nerfs, double filet doré de coupes, dentelle intérieure, tranches dorées, et portant l’ex-libris du Prince de Béarn, avec un étui bordé pour chaque volume.

      

Si ces reliures sont de qualité, et très semblables –quoique plus sobres- à celles exécutées Edouard Pagnant pour la Bibliothèque de son père, elles ne sont cependant pas signées.

  

Le Catalogue de vente des fers à dorer provenant de l’atelier du relieur Simier, indique, sous le N° 168, un fer aux armes attribuable à Henri Louis de Galard. Pour l’instant, nous n’avons pas retrouvé d’ouvrage pyrénéen portant ce fer, espérons qu’un des lecteurs de cette chronique pourra en signaler l’existence.

 

 

Juin 2015

 

 

Une carte postale de Pau adjugée pour 166 000 euros en Allemagne !!

Le 20 juin, avait lieu la 31e vente aux enchères de la Maison Auktionshaus Christoph Gärtner GmbH & Co à Bietigheim-Bissingen près de Stuttgart. Le lot passé en vente sous le numéro 27 000 était une carte postale de Labouche frères, N° 938 de la série Basses-Pyrénées : "Pau. Vue sur la Ville, prise du Clocher Saint-Martin" ; elle fut adjugée à un "acheteur outre-Atlantique" pour la somme de 166 000 euros à laquelle il fallait ajouter 22 % de frais, soit un prix final de 202 520 euros (sans compter diverses autres taxes mineures…).

La carte était mise en vente par un français : une "personnalité du monde de l’entreprise". S’il s’agissait bien d’une carte postale, ce qui fut vendu en réalité était une œuvre de Pablo Picasso. En effet, le dos de cette carte postale présentait un intérêt majeur, il portait un dessin cubiste intitulé Sainte Apollinaire [le 12 septembre étant la fête de Sainte Apollinaire], signé de Pablo Picasso, Picasso avait écrit l’adresse suivante : "Don Guillermo Apollinaire, 292 Bd St Germain, Paris". Le cachet daté du 5 – 9 – 1918 était celui du train postal de Bedous à Pau. En raison de l’intitulé fantaisiste, et plus probablement de l'absence de timbre, la carte ne fut pas distribuée, mais mise au rebut comme l’indique le tampon "Rebut" appliqué par les postes.

   

Rappelons que, le 12 juillet 1918, Guillaume Apollinaire fut le témoin du mariage de Pablo Picasso avec Olga Kokhlova, première ballerine des Ballets Russes. Il décéda quelques mois après, victime de la grippe espagnole. Le dessin qui figure au dos de la carte postale est très voisin de la peinture "Huile et sable" que l’on peut voir au Guggenheim Museum de New-York. Si la carte postale fut postée des Pyrénées, c’est qu’en cet été 1918, après leur mariage, Picasso et sa femme Olga s’en furent en voyage de noces à Biarritz où ils séjournèrent chez Mme Eugenia Errazuriz dans sa villa "La Mimoseraie". Durant ce séjour, Picasso peignit notamment le tableau célèbre intitulé "Les Baigneuses".

 

 

Delille, "Les trois règnes de la nature" : l’exemplaire de Napoléon Ier à Sainte-Hélène

En Juillet 2014, nous signalions le passage en vente de l’exemplaire aux armes de Michel Marie de Claparède, de l’édition de 1821 des T"rois règnes de la nature" de Jacques Delille, poème en huit chant qui fut un ouvrage phare de la poésie classique de l’Empire. A cet occasion, nous avions rappelé que l’ouvrage avait été retenu par Henri Beraldi en tant qu’ouvrage pyrénéiste, en raison de ses allusions aux eaux thermales des Pyrénées.

Ce 10 juin, un précieux exemplaire de l’édition originale des "Trois règnes de la nature" (2 tomes in-8° publiés en 1808 et illustrés de deux beaux frontispices dessinés par David Sylvestre Mirys) a été adjugé à Paris, Salle Rossini par la Maison de vente Alde, sous le marteau du Commissaire-priseur Jérôme Delcamp. Il s’agissait de l’exemplaire provenant de la bibliothèque de Napoléon à Sainte-Hélène, relié en deux volumes plein veau raciné glacé, roulette dorée autour des plats, dos lisses ornés, tranches mouchetées.

Ces volumes, un peu fatigués, étaient préservés dans une boîte de maroquin vert signée Sangorski & Sutcliffe, à Londres ; ils portaient le rare timbre humide de la bibliothèque de Longwood à Sainte-Hélène, timbre comme toujours difficilement lisible, répété sur les titres des volumes. Il n'est pas utile de préciser la rareté des ouvrages de cette bibliothèque napoléonienne de Sainte-Hélène, le prix d’adjudication fut à la hauteur de la provenance aussi rare que prestigieuse  : les deux volumes ont été adjugés pour 11 500 euros, soit 14 375 euros avec les frais.

 

 

Somptueux exemplaire familial de "Les Pyrénées et le Midi de la France" (A. Thiers, 1833)

Le 29 mai dernier, un somptueux exemplaire de "Les Pyrénées et le Midi de la France" Par A. Thiers, [Paris, Edme et Alexandre Picard, 1833] a été vendu aux enchères à Drouot, par l’Etude Binoche et Giquello. Il s’agissait de l’exemplaire ayant appartenu au Général Antoine [dit : Charles] Charlemagne, relié par Chambolle-Duru en plein maroquin rouge, triple filet doré d’encadrement sur les plats avec le chiffre doré de Charlemagne aux angles, dos à nerfs très orné, dentelle intérieure, double filet doré sur les coupes, tranches dorées sur marbrure.

         

Outre la qualité de sa reliure, cet exemplaire présentait un intérêt notable car il avait appartenu au général de division Antoine Charlemagne, né vers 1820, qui était le neveu de Mme Adolphe Thiers, née Eulalie Elise Dosne. Le général Charlemagne conduisit le deuil d’Adolphe Thiers le 8 septembre 1877 avec quatre autres personnes : François Mignet un ami proche d’A. Thiers et trois autres membres de la famille : le baron Roger, Eugène Roger et Manuel de Garmedo. Trois jours avant, le 5 septembre, il avait assisté à la mise en bière avec François Mignet.

Certaines sources donnent Antoine [dit : Charles] Charlemagne comme étant, non pas un neveu mais un cousin de Mme Thiers. Le Général Charlemagne (1819-1896) fit une grande partie de sa carrière en Algérie, où il commandera le 8e Hussards, il fut promu Général de Brigade lors de la guerre de 1870 et terminera sa carrière comme Inspecteur Général de Cavalerie.

  

On connaît d’autres ouvrages de Thiers dans des reliures similaires avec le chiffre doré du Général Charlemagne aux angles, toujours signées Chambolle-Duru, en maroquin rouge ou bleu : "Collection d'objets d'art de M. Thiers léguée au Musée du Louvre" [Jouaust et Sigaux, 1884, in-f°], ou encore : "Discours parlementaires de M. Thiers" [Paris, Calmann Lévy, 1879-1889, 16 volumes in-8°].

 

 

Mai 2015

 

 

Une lettre d’André Beraldi à propos de son père, de Ramond et de l’Affaire du Collier

Les cinq vacations de la vente de la Bibliothèque d’Henri Beraldi, en 1934-1935, furent l’objet de nombreux comptes-rendus dans les journaux de l’époque. Maurice Feuillet, notamment, publia de longs articles très circonstanciés dans plusieurs numéros de "Toute l’Edition, hebdomadaire technique paraissant le samedi", consacré à la Librairie, l’Edition, la Presse, le Papier et la Papeterie. André Beraldi remercia chaleureusement Maurice Feuillet dans une lettre qui vient d’être retrouvée ; Madame Beraldi lui offrit les deux volumes du "Passé du Pyrénéisme" consacrés à l’affaire du Collier.

       

Dans son courrier, André Beraldi explique comment l’étude de la vie de Ramond de Carbonnières fit passer Henri Beraldi du Pyrénéisme à l’Affaire du Collier et fit entrer ce procès célèbre dans les marges du Pyrénéisme : "Ma Mère vous a remis, je crois, les volumes sur le Procès du Collier, dont je vous avais parlé ; vous ne vous étonnerez pas d’y trouver par moments des sujets purement « montagnards » ; comme je vous l’ai expliqué, le point de départ de ces volumes est l’étude de la littérature de montagne ; chemin faisant, mon Père ayant, par l’intermédiaire de Ramond, rencontré le cardinal de Rohan, Cagliostro etc., s’est amusé à cette digression sur le Collier…"

  

Cette lettre est rédigée sur le papier à en-tête de la Société Générale dont André Beraldi était alors Secrétaire du Conseil d’Administration. Nous donnons aussi le portrait d'Henri Beraldi dans sa Bibliothèque vers la fin de sa vie et un dessin de sa Bibliothèque par Jouas, telle qu'elle était à cette époque là.

 

Avril 2015

 

 

Salon International du Livre Rare et de l’Autographe au Grand Palais (Paris) du 24 au 26 Avril

La 27e édition du "Salon International du Livre Rare et de l’Autographe", se tiendra dans la Grande Nef du Grand Palais, à Paris, du 24 au 26 avril 2015 (Métro : Champs Elysées). Les portes seront ouvertes au public, tous les jours de 11 h à 21 heures et le dimanche de 11 à 20 heures.

Il s'agit dei la plus belle manifestation du genre en France et l'une des plus importantes au niveau international, avec 150 exposants venus du monde entier, tous affiliés à la Ligue Internationale de la Librairie Ancienne et 50 galeristes d'estampe et de dessin, tous membres de la Chambre Syndicale de l'Estampe, du Dessin et du Tableau.

Après les Archives du ministère des Affaires étrangères en 2014, l'invité d'honneur de cette édition 2015 sera le Service de la Mémoire et des Affaires Culturelles de la Préfecture de Police qui exposera un ensemble de pièces exceptionnelles. A noter également la présence du Département des Estampes et de la Photographie de la Bibliothèque nationale de France, des expositions thématiques, un espace "Découverte du livre ancien", ainsi que des visites guidées quotidiennes pour découvrir la richesse et la diversité des ouvrages présentés par les exposants.

 

 

 

Autographes et plaquettes "Ascensions" d’Henry Russell à l’Hôtel Drouot

Le mercredi 1er Avril 2015, dans la vente Tissandier, salle N° 2 à L’Hôtel Drouot, sous le N° 180 du catalogue : "A la Conquête de l’air, Les frères Gaston et Albert Tissandier Aéronautes et Artistes", figurait un rare ensemble de documents concernant Henry Russell.

Ce lot se composait de 17 lettres et cartes de visite autographes de Russell adressées à Albert Tissandier entre 1880 et 1899 ; d’une lettre autographe d’Albert Tissandier à son frère Gaston datée de "Toulouse 1886" : en chemin pour Gavarnie, il parle de ses aquarelles d’assiettes au ballon, de ses recherches chez les antiquaires pour leurs collections, et de la photographie originale du Projet de statue de Russell à Gavarnie avec un envoi d’Ernest Gabard sur le carton d'encadrement: "Souvenir sympathique à Monsieur Tissandier, E. Gabard, 1910".

Etaient ajoutées à cet ensemble trois plaquettes d’Henry Russell sur ses ascensions au Vignemale, dédicacées à Tissandier : "Ascensions" [Pau, Imprimerie Vignancour. - F. Lalheugue, Imprimeur, 1883], "Histoire et vicissitude de mes grottes du Vignemale" [Pau, Imprimerie Vignancour, Dufau, Imprimeur, 1895], "Ma 30me ascension du Vignemale" [Pau, Imprimerie Vignancour, H. Maurin, Imprimeur, 1898] ainsi que trois numéros du "Bulletin de la Section du Sud-Ouest du Club Alpin Français" portant le timbre humide de la collection Lourde Rocheblave.

Les enchères furent nombreuses, avec beaucoup de demandes par téléphone, l’ensemble fut finalement adjugé pour la somme de 6 000 euros, soit 7 728 euros avec les frais. L’on peut constater encore une fois que les ouvrages ou ensembles de documents pyrénéistes de qualité atteignent toujours des prix très élevés.

 

 

Le fonds Tissandier en vente à Drouot le 1er avril

En 2006, le Libraire-Expert Bernard Hauvette publiait un superbe ouvrage au format in-folio consacré à l’œuvre pyrénéenne d’Albert Tissandier : "En Excursion aux Pyrénées et dans les montagnes d'Europe". Ce livre tiré à 230 exemplaires, reproduisait dans une qualité technique rarement égalée, les articles sur les Pyrénées publiés par Albert Tissandier dans la revue  "La Nature", augmentés d’un riche ensemble de documents inédits : dessins d'A. Tissandier, photographies d'époque, lettres d'Henri Beraldi, d'Henri Russell, etc…., provenant de la collection familiale des Tissandier.

Cet ouvrage, dont on ne soulignera jamais assez la qualité, fit réellement découvrir l’œuvre pyrénéenne des frères Tissandier ; il s’agissait là d’une œuvre de précurseur dont le remarquable intérêt ne fut perçu que par une faible minorité de bibliophiles pyrénéens, aussi la partie non souscrite du stock fut-elle détruite, ce qui en fait aujourd’hui un ouvrage assez rare.

       

Une partie des documents mis au jour par Bernard Hauvette sera dispersée Salle N° 2 à l’Hôtel Drouot, le mercredi 1er Avril 2015 lors d’une vente aux enchères dont le catalogue est intitulé "A la Conquête de l’air, Les frères Gaston et Albert Tissandier Aéronautes et Artistes". L’expert de cette vente organisée par la SVV Pierre Bergé et Associés est Bernard Clavreuil, de la Librairie Thomas Sheller. Dans le catalogue comprenant 286 lots, plusieurs ouvrages intéressent les pyrénéens : des ouvrages d’Henri Beraldi, fort bien reliés avec des envois à Gaston Tissandier : "Bibliothèque d’un Bibliophile" (1885), "Estampes et Livres" (1892) exemplaire truffé dans une reliure de Marius Michel, les sept volumes des "Cent Ans aux Pyrénées" avec un envoi à Paul Tissandier enrichi de courriers et de diverses autres pièces d’Henri Beraldi dans des reliures de S. David puis de Germaux.

                       

Signalons aussi les "Souvenirs des Pyrénées" d’Eugène Cicéri et surtout un remarquable ensemble de 17 lettres et cartes d’Henry Russell adressées à Albert Tissandier entre 1880 et 1899, qui est vendu notamment avec trois brochures "Ascensions", la photographie du Projet de statue de Russell par Gabard, avec un envoi à Tissandier daté 1910. Les Bibliophiles pourront consulter bon nombre de ces documents dans l’Exposition Virtuelle Henry Russell.

 

 

Mars 2015

 

 

Un somptueux exemplaire de dédicace de "La Coutume de Barège" [Noguès, 1760] vendu aux enchères à Paris

Le vendredi 20 février, à 14 heures, la Maison de ventes aux enchères Alde, dispersait en ensemble de livres anciens et du XIXe siècle, dans la salle Rossini tout près de l’Hôtel Drouot. Dans le catalogue de 319 numéros, figurait un chapitre "Pyrénées" comportant une quinzaine d’ouvrages. Sous le numéro 289 était vendu un exemplaire de  "La coutume de Barège" de Nogues, dans une somptueuse reliure de plein maroquin rouge d’époque, avec une large dentelle rocaille de fleurs et de grenades sur les plats, des armoiries au centre des plats, un dos très orné, des coupes ornées de motifs dorés, une roulette intérieure et les trois tranches dorées. Cet exemplaire était à toutes marges, avec des dimensions assez peu usuelles de 11,4 cm  de large x 18,1 cm de haut.

                    

Rappelons que cet ouvrage fut dédié duc de Richelieu dont les armes figurent dans le bandeau ornant le haut de la première page de dédicace. Ce blason comporte les armes de Gènes, qui sont d'argent à la croix de gueules et celles des du Plessis de Richelieu : d'argent à trois chevrons de gueules. Ce sont les mêmes armes dorées que l’on retrouve au centre de chaque plat de cet exemplaire. Louis-François-Armand de Vignerot du Plessis, duc de Fronsac puis 3e duc de Richelieu  (1715), prince de Mortagne, marquis du Pont-Courlay, comte de Cosnac, baron de Barbezieux, baron de Cozes et baron de Saujon, maréchal et pair de France, est né à Paris le 13 mars 1696 et mort le 8 août 1788. Il était l’arrière petit-neveu du Cardinal de Richelieu et filleul de Louis XIV et de la duchesse de Bourgogne. Plus tard, cet exemplaire a appartenu à la bibliothèque du chevalier de Casenave [Maurice Casenave (1860-1935) et non pas Antoine de Casenave (1763-1818)], dont on retrouve l’ex-libris au revers du premier plat.

      

Pour cette "Coutume de Barège, conférée avec les usages, ou Coutume non écrite du Pays de Lavedan, de la Ville de Lourde, de la Baronnie des Angles, Marquisat de Benac, Et autres Endroits dépendants de la Province de Bigorre" [A Toulouse, De l'Imprimerie de Me J. Fr. Desclassan] on connaît deux pages de titre, l’une, sans date qui porte le nom complet de l’auteur :  "Me M. G. Noguès, Avocat en Parlement", et une autre datée de 1760, portant seulement les initiales de l’auteur : "Me M.G.N.***, Avocat en Parlement". L’exemplaire de dédicace possédant un titre avec le nom complet de l’auteur, on peut raisonnablement supposer qu’il s’agit là du premier titre imprimé.

      

Le prix d’adjudication de ce superbe exemplaire atteint un prix conséquent : 4 000 € (4 880 € avec les frais), alors que les autres ouvrages figurant dans cette liste "Pyrénées", dans des états plus que moyens et souvent incomplets, ne furent adjugés qu’à des prix très bas ou même furent invendus. Ce qui confirme une tendance très nette de la bibliophilie universelle en général et de la bibliophilie pyrénéenne en particulier, a savoir que les ouvrages en parfait état ou dans des conditions exceptionnelles atteignent des prix très élevés, tandis que ceux qui présentent des défauts, ou tout simplement un manque de qualité trouvent difficilement preneurs ou partent à des prix souvent dérisoires.

 

 

Février 2015

 

 

26 février 2015 : vente aux enchères de livres pyrénéens, cartes postales, photographies, documents à Tarbes (Hautes-Pyrénées)

Le 26 février 2015, une vente aux enchères de cartes postales, photographies, gravures, affiches et livres de régionalisme pyrénéen, aura lieu à l’Hôtel des Ventes Henri Adams, 22, rue du docteur Roux à Tarbes : à 10 h puis 14 h.

Pour ce qui est du régionalisme pyrénéen, le catalogue, rédigé par l’expert Michel Convert, comprend 24 lots de cartes postales, 57 lots de photographies, 32 lots de documents et affiches, et 92 lots de livres pyrénéens. Les frais et taxes en sus des enchères sont de 18,47 % TTC pour les livres et de 21 % TTC pour les photographies et documents

 

 

Il y a plus d’un siècle, le pyrénéiste Georges Ledormeur inventait un nouveau frein pour skis

Un de nos correspondants vient de découvrir un document précieux pour l’histoire des débuts du ski aux Pyrénées : le croquis original d’un nouveau frein pour ski, conçu par Georges Ledormeur en 1911. La finalité de ce frein, que Ledormeur a expérimenté pendant l’hiver 1910-1911, était permettre aux skieurs de se déplacer non seulement sur des surfaces glacées, mais de gravir des pentes de neige molle ou de franchir des espaces déneigés sans déchausser les skis.

     

Georges Ledormeur a publié son invention dans le N° 1, de janvier 1912 de la revue "La Montagne" [pages 41-44]. Il y en décrit la conception avec un grand luxe de détails et en publié le croquis. Il détaille aussi ses méthodes d’utilisation sur tous types de terrains.

                        

Le dessin original, est similaire, avec quelques minimes différences, au croquis publié à la page 43 de la revue "La Montagne". Ce dessin original est exécuté au crayon sur une feuille de papier beige de 18,5 cm de large sur 29,5cm de hauteur ; la plupart des légendes sont écrites à l’encre noire, il est signé "G. Ledormeur" au crayon en bas à droite.

G. Ledormeur commente : "C’est ainsi que j’ai pu effectuer des ascensions sur de fortes pentes telles que celles du Lac Bleu au Col d’Aoube, de Barèges au Lac d’Oncet (Pic du Midi) et à la Hourquette dAubert (Néouvielle), à la Hount Blanco, etc., alors que mes compagnons étaient obligés de décrire de nombreux lacets, je gravissais les pentes directement et sans effort, et je coupais au flanc des talus de 40° et 45° […] tandis que les autres skieurs devaient les franchir à pied, les skis sur l’épaule".

 

 

Janvier 2015

 

 

23-24 janvier 2015 : Salon du Livre Ancien de Bordeaux

Les vendredi 23 et samedi 24 janvier 2015, le 10e Salon du Livre Ancien de Bordeaux se tiendra dans la Salle Capitulaire et sous les Arcades de la superbe cour Mably (rue Mably) de 10h à 19h.

                               

Ce Salon regroupera une trentaine de libraires professionnels venus de toute la France qui présenteront des livres anciens, des gravures, des photographies et des vieux papiers. Il est organisé par le Syndicat National des Bouquinistes et Brocanteurs et par l’association ALAM avec l’aide de la Ville de Bordeaux.

 

 

Pour accéder aux informations antérieures à 2015,
consulter les Archives 2008-2014